Review

En 2014, les amateurs de speedrun et de plateforme en vue à la première personne avaient eu l’occasion d’épuiser leurs nerfs et leurs réflexes sur Deadcore, alors uniquement  sorti sur PC. Pour sa sortie sur consoles trois ans plus tard, on reprend exactement le même et on recommence, cette fois pad en mains.

C’est parti pour une tour

« Lors des premiers niveaux, le fun est bien présent »

Une chute. Des bribes de souvenir abstraites. Et une gigantesque tour à escalader. C’est tout le contexte dont vous disposerez en démarrant DeadCore. Et si des documents détaillant le scénario seront à débloquer, autant dire que la trame ne risque pas d’intéresser grand monde, d’autant plus que le soft est intégralement en anglais. Pour un jeu développé par un studio français, 5 Bits Games, et qui disposait dans sa version PC de textes dans la langue de Molière, ça la fout mal.

Mais peu importe la raison, vous aurez fort à faire pour gravir un à un les échelons. Au départ simplement équipé d’un pistolet servant à activer des mécanismes et paralyser temporairement des robots ennemis, vous rentrerez bien vite en possession d’un dash permettant de fendre les airs à grande vitesse, capacité mettant en exergue la philosophie « speedrun » du jeu. De l’adrénaline, des sensations grisantes et une envie incontrôlable de toujours faire mieux dans le classement, voilà le programme. Enfin, en théorie…

Tu es rapide, bien, mais es-tu résistant ?

« La vue à la première personne se montre parfois handicapante »

Bondir de plateforme en plateforme, sauter sur un bumper avant d’en désactiver un autre mal placé en plein vol pour éviter une mauvaise chute tout en plombant un robot un peu trop collant,… C’est certain, les moments de grâce ne manquent pas au sein de DeadCore. Après l’obtention du dash, vous  vous prendrez d’autant plus au jeu et aurez envie de parcourir les niveaux à toute vitesse, ce que vous aurez l’occasion de faire…durant les deux ou trois premiers stages. Après ça, le soft accumule très maladroitement des phases demandant énormément de précision, de patience et, surtout, de calme, là où tout semblait jusqu’alors prétexte à une succession de niveaux frénétiques et sans temps mort, les respawns étant instantanés en cas de chute ou d’une simple pression de bouton. Si le combo clavier/souris est reconnu à l’unanimité comme le compagnon idéal des joueurs de FPS (ou, ici, de First Person Platformer, si on veut être tatillon), le pad a tendance à être systématiquement décrié, et ce n’est pas cette version console de DeadCore qui fera avancer le débat. Le personnage a beau être maniable, l’impossibilité d’estimer correctement la largeur de son avatar (et de visualiser ses pieds), déjà décriée à l’époque de sa sortie sur PC, mêlée aux aléas propres à la jouabilité au pad transforme vite DeadCore en un exercice de patience rarement fun.

Vendu comme une ode à la chasse au meilleur temps, le soft semble peu à peu se détourner de son objectif initial et enquille les phases frustrantes (mention spéciale aux zones inversant la gravité). Il y a un public pour ce qu’a à offrir DeadCore, c’est certain, mais pas forcément celui que le jeu semblait pourtant viser. Celui-là aura fort à faire tout au long des quatre à cinq heures nécessaires à l’ascension de la tour, sans compter le mode Speedrun, les améliorations à récolter et les itinéraires alternatifs à explorer.

Néant néon

« Les environnements souffrent d’une trop grande répétitivité »

Ce n’est pas la découverte des environnements, tous très similaires, qui poussera les moins patients à s’accrocher. Graphiquement correct, Deadcore affiche un univers futuriste très vide et tout de néons vêtus assez proche de Tron, le charme en moins. La redondance des zones traversées n’aide pas à s’investir dans ce gameplay très exigeant.

Une utilisation intelligente de la bande originale aurait pu compenser ce manque de stimulation visuelle, mais là aussi, le constat est mitigé. Si les compositions sont de qualité, elles ne viennent que trop rarement tenir le joueur en éveil, préférant le laisser errer dans un quasi-silence entrecoupé de nombreux bruitages (certes travaillés), accentuant l’ennui prévalant pour les plus réfractaires à l’univers et au gameplay du soft.

Pour compenser les trois ans qui séparent cette version console de sa sortie initiale, l’éditeur Grip Digital a eu le bon goût de proposer DeadCore à un prix très attractif (moins de 10 euros), l’occasion de tenter l’expérience malgré toutes les réserves émises ici. Qui sait, peut-être tomberez-vous sous son charme plutôt que dans le vide ?

La bande-annonce

Réalisation: 14/20

Forcément un peu datée, la réalisation n’est pas moins honorable, malgré un univers très vide composé d’environnements très répétitifs.

Gameplay/Scénario: 13/20

Perdant forcément en précision au pad, le jeu souffre d’un manque de clarté quant à la largeur de son avatar résultant en de nombreuses chutes injustes et une réelle frustration lors de trop nombreux passages. Le scénario, discret et se dévoilant au travers de textes non traduits en français, ne captivera pas grand monde.

Bande-Son: 14/20

Pour les plus persévérants, les quatre à cinq heures nécessaires pour atteindre le sommet de la tour pourront être complétées par la chasse aux meilleurs temps, aux améliorations et aux routes alternatives. Le tout étant proposé à un prix très doux, le rapport quantité/prix est indiscutable.

Durée de vie: 14/20

Les compositions de qualité ne s’imposent malheureusement que trop rarement, la majorité du jeu étant plongée dans une pluie de bruitages certes de qualité, mais peu stimulante.

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

Les fans de First Person Platformers trouveront sans doute de quoi se rassasier en s’attaquant à ce DeadCore, mais on recommandera aux gamers adeptes de plateforme et de vitesse à la première personne  de se diriger vers Valley et/ou Cluster Truck, passés relativement inaperçus mais nettement plus à même d’épancher leur soif du genre.



About the Author

Guib
Guib

Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !