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Incarner le prince des enfers, ça vous botte ? Si vous êtes en train de vous imaginer aux commandes d’un gros balèze déchiquetant ses victimes en beuglant chacune de ses répliques (Kratos, si tu nous lis…), arrêtez-vous tout de suite. Pour le héros de Hell Yeah !, la cruauté est bien au rendez-vous mais les muscles saillants ont laissé la place à des oreilles pointues. Partez à la rencontre d’Ash, le lapin crétin/démoniaque/psychopathe (barrer la mention inutile).

Quand canard rime avec cauchemar

Ash, le prince des ténèbres, a un goût très prononcé pour le gore et…les canards en plastique!

Peu importe notre métier, chacun de nous mérite une petite pause pleine de douceur de temps à autres. Pour le lapin mort Ash, prince des ténèbres de son état, ces séances prennent la forme de contact corporel avec Ducktator, son canard en plastique chéri. C’était sans compter sur un ignoble paparazzi prenant le monarque sur le fait, et qui a tôt fait de publier les clichés compromettant sur l’Hellternet. Clairement remonté, notre lapin est bien décidé à se débarrasser du responsable de cette infamie ainsi que des 100 monstres ayant eu la désobligeance de poser les yeux sur ces images. En Enfer, tout le monde va les entendre crier.

Hell Yeah ! La Fureur du Lapin Mort (c’est pas un titre qui claque, ça ?) est le dernier né du studio français Arkedo, connu pour l’instant pour ses excellents jeux DS Nervous Brickdown et Big Bang Mini, ainsi que les Arkedo Series pour Xbox Indie Games. C’est donc leur premier gros jeu sur plateformes de téléchargement, grâce à un partenariat avec Sega qui a pris le risque d’éditer un titre bien barré n’appartenant à aucune licence connue. Alors, Hell Yeah!, un jeu du feu de Dieu…pardon, du Diable ?

C’était un lapin qui avait un fusil

Les Fatalités sont hilarantes et bien sanguinolentes

Cette vengeance se présente sous la forme d’un jeu de plateformes-action bourré d’énergie et de monstres à zigouiller en faisant parler un arsenal plutôt classique (fusil à pompe, mitraillette,…) mais aussi et surtout, en usant de la foreuse circulaire d’Ash, servant à la fois d’arme tranchante et de moyen de transport. Armé de son jet-pack de la mort, notre lapin va devoir traverser une dizaine d’environnements différents tout en massacrant un certain nombre de voyeurs requis pour ouvrir des portes menant à d’autres zones ou à des boss. De temps en temps, il devra faire machine arrière et retourner dans des niveaux déjà visités pour tester de nouveaux talents appris en route et atteindre des recoins autrefois inexplorables, à la façon d’un « Metroidvania » (à l’exploration limitée néanmoins, la carte indiquant toujours clairement là où il faut se rendre).

Tuer les gêneurs, c’est bien. Mais le faire avec style, c’est mieux. A chaque fois que le niveau de santé d’un des ennemis principaux est à zéro, un mini-jeu à la Wario Ware se déclenche et le joueur doit donc réagir très vite afin d’exécuter ses cibles dans une mise en scène gore, et la plupart du temps jouissive. Un monstre écrasé par un camion, un autre massacré par un requin-fusée,… Les gens de chez Arkedo s’en sont donnés à cœur joie. Idem pour le ton du jeu, qui carbure à l’humour noir et aux références en tout genre, autant cinématographiques que purement crétines (« Allez viens ! Regarde tout ce qu’on peut faire ! », scande une fausse pub). 

Un look d’enfer

Certaines phases de jeu varient un peu le gameplay

Le tout est habillé par une 2D magnifique, donnant lieu à des décors gorgés de détails et à des monstres au design parfois bien tordu. C’est d’autant plus admirable que certains d’entre eux n’apparaissent pas plus de 15 secondes à l’écran avant d’être bousillés par notre anti-héros, même si une espèce de Pokédex permet de les reluquer et de lire une courte biographie, bien débile comme il se doit.

Le jeu se paie en plus le luxe de rester fluide à tout instant, même quand les ennemis pullulent à l’écran. La jouabilité n’est pas en reste, Ash répondant au doit et à l’œil, même si certains pourront pester contre une certaine inertie, vite domptée cependant. Un plaisir pour les yeux, les mains mais également pour les oreilles, la bande-son n’étant pas en reste, que ça soit au niveau des musiques, passant de riffs Metal à des mélodies enjouées, ou des bruitages accentuant le côté hyper-violent du jeu.

Civet ou civet pas ?

Certains niveaux sortent de l'ordinaire, mais la qualité de la 2D est toujours au top!

Alors, tout serait parfait au royaume des enfers ? Hélas non. Malgré son ambiance délicieusement crétine et sa direction artistique irréprochable, Hell Yeah ! souffre d’une certaine répétitivité. Même s’il propose quelques phases sortant un peu de la routine, comme des séances de shoot en vaisseau spatial, le jeu s’engouffre dans une certaine routine et peut finir par lasser rapidement ceux qui ne seront pas conquis par son humour et son atmosphère. Il faut noter aussi que si les mini-jeux/exécutions décrits plus haut sont funs dans l’ensemble, la plupart finissent par se répéter inlassablement une fois passé un certain point, le titre n’en comprenant qu’une trentaine au final.  Notons également la présence de l’Ile, un espace où le joueur peut faire travailler les monstres abattus afin de lui apporter des bonus. Rigolo, mais terriblement dispensable et sous-exploité.

Mais ces quelques reproches n’entament en rien l’enthousiasme que l’on éprouve à l’égard de cette lettre d’amour au grand n’importe quoi. Si vous êtes fans de jeux de plate-forme/action et que le synopsis vous a fait marrer, vous savez de toutes façon depuis un moment que ce Hell Yeah! La Fureur du Lapin Mort est fait pour vous. Pour les sceptiques, n’hésitez pas à essayer la démo, vous verrez vite si ce lapin est à votre goût.

Le Video-Test

Réalisation: 16/20

Avec une 2D splendide et fluide à tout instant, le jeu est un plaisir pour les yeux. Le design des décors et des personnages, par moments très inspiré, y est pour beaucoup, et les mises à morts sont un régal visuel et humoristique. Enfin, la profusion de détails finit de clore en beauté ce tableau décidément très aguicheur.

Gameplay/Scénario: 15/20

Doté d’un gameplay typé plate-forme assez classique enrichi de mini-jeux et de quelques phases « à part », le soft se laisse bien prendre en main, malgré un petit problème d’inertie. Ce gameplay efficace est accompagné d’un humour fendard et d’un univers comico-gore des plus jouissifs. Malheureusement, une certaine répétitivité dans l’action se fait sentir passée la moitié du jeu.

Bande-Son: 14/20

Variée et accompagnant efficacement nos pérégrinations, la bande-son est une vraie réussite, aussi bien au niveau des thèmes musicaux que des bruitages. Il faut noter que le jeu ne comporte pas de dialogues parlés, ce qui n’enlève absolument rien à son charme.

Durée de vie: 14/20

Long d’environ une petite dizaine d’heures, le soft ne possède pas vraiment de potentiel de rejouabilité, qui aurait pu se présenter sous la forme d’un mode New Game +. Néanmoins, compte tenu du prix plus que raisonnable (environ 15 euros), le contenu du titre est tout à fait acceptable.

Note Globale N-Gamz.com: 15/20

Fort d’une ambiance rafraîchissante et d’un gameplay soigné, bien qu’un peu trop répétitif, Hell Yeah ! est une bonne pioche et une nouvelle preuve que chaque projet des frenchies d’Arkedo mérite d’être suivi de très près par tous ceux pour qui le jeu vidéo se doit avant tout d’être concocté avec passion. Maintenant que leur savoureux lapin est digéré, on a hâte de passer au plat suivant. Vite, les gars, retournez aux fourneaux !

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About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !