Review

Candidat malheureux au financement participatif, la récolte entamée sur Indiegogo pour financer la localisation du jeu en occident ayant engrangé à peine 1000 dollars sur les 30 000 visés, AeternoBlade voit enfin le jour sur nos 3DS grâce à l’acharnement de son développeur, le studio thaïlandais Corecell. Cette attente en valait-elle la peine ? 

Et c’est le temps qui court

Le character design est générique au possible

Pas de bol pour la guerrière Freyja : à peine la partie démarrée que la voilà terrassée par le grand méchant Beladim, odieux maître des ténèbres ayant réduit son village en cendres. Heureusement pour elle et pour le joueur, elle est sauvée par le pouvoir de l’AeternoBlade, étrange épée lui permettant de revenir sept jours avant son décès afin d’échapper à sa funeste destinée.

Ramassis de clichés, le scénario d’AeternoBlade ne tiendra personne en haleine, la faute à des personnages dénués de toute once de charisme, d’un univers générique, de dialogues écrits avec les pieds (et uniquement en anglais) et d’une mise en scène faiblarde. Seules les cinématiques sortent du lot, pas vraiment pour leur maîtrise technique mais plutôt pour  leur look évoquant les RPG de l’époque Playstation 1, de quoi arracher un sourire aux nostalgiques pas trop à cheval sur l’aspect visuel pur.

Metroidvania, rappelle-toi que je ne suis rien sans toi…

Certains boss sont resservis jusqu’à la nausée

AeternoBlade est un jeu d’action/plates-formes adoptant une structure typique de Metroidvania : l’héroïne évolue sur un plan en 2D et gagne des pouvoirs à mesure de sa progression permettant d’atteindre des zones auparavant inaccessibles. L’exploration, bien que présente, n’est pas un élément primordial du jeu, une grande partie des niveaux pouvant se parcourir en ligne droite. L’action est mise au premier plan, des hordes d’ennemis pullulant un peu partout et devant la plupart du temps être tous exterminés pour passer à l’écran suivant. L’occasion pour Freyja de mettre à profit ses techniques de combat déblocables en dépensant des orbes jaunes récoltées sur les carcasses, qui servent également à améliorer ses différentes statistiques à la manière d’un RPG, cette composante étant complétée par la possibilité d’équiper des items jouant là encore sur les statistiques de Freyja. Très basique au départ, la palette de mouvements s’étoffe donc de manière très agréable tout au long du jeu et les combats sont dynamiques et plutôt fun… du moins jusqu’à un certain point.

Les ennemis manquent cruellement de variété et, comble de la paresse, les développeurs réutilisent certains boss jusqu’à plus soif sous la forme de mini boss qu’il faudra dézinguer à de nombreuses reprises, réduisant en morceaux le plaisir de jeu ressenti durant les premières heures. Finalement, la seule touche d’originalité et de fraîcheur viendra de la fameuse AeternoBlade elle-même, dont les capacités de manipulation du temps donneront lieu à quelques puzzles et situations bien sentis.  En plus de pouvoir remonter le temps de quelques secondes en cas de défaite (merci Prince of Persia : Les Sables du Temps), Freyja disposera de la faculté de ralentir tout ce qui l’entoure tout en gardant sa vitesse normale, et pourra également utiliser des sphères de téléportation. Si la plupart des énigmes sont basiques et évidentes, certaines demandent tout de même de réfléchir un minimum et permettent de compenser quelque peu la lassitude ressentie lors des bourre-pifs.

AeternoBug

Les combats ont beau être dynamiques et le jeu pas désagréable à regarder, certains choix esthétiques laissent à désirer

Visuellement, AeternoBlade fait dans la modélisation en 3D pas vraiment détaillée, assurant le minimum syndical sans faire office de désastre complet, certains décors valant le coup d’œil. La qualité du level design est plus discutable, vu qu’on aura régulièrement l’impression de parcourir sans arrêt les mêmes salles. Des temps de chargement beaucoup trop fréquents viendront flinguer l’immersion, de même qu’une pelletée de bugs, signes d’un budget limité et d’un manque de finition.

On aurait pu pardonner les couacs techniques et esthétiques, mais c’était sans compter sur le foutage de gueule que constitue la fin du soft : en cas de défaite de Beladim sans avoir accompli une certaine condition au préalable, le jeu vous force à tout recommencer. Oui, vous avez bien lu! Mais ce n’est pas tout : la condition en question implique que vous accomplissiez une quête (pas si) secondaire, quête tout simplement infaisable étant donné qu’elle nécessite de se rendre dans un niveau d’où il est alors impossible de sortir après avoir sauvegardé, vous obligeant là encore à vous refarcir l’entièreté du soft, cette fois sans les améliorations acquises jusque-là. Il existe une solution pour contourner le problème, mais en l’absence actuelle de patch, difficile de recommander cet AeternoBlade compte tenu de cet intolérable manque de vigilance de la part du développeur, couplé à l’extrême répétitivité du jeu, qui aura déjà eu raison d’un bon nombre de joueurs avant d’atteindre cette étape fatale.

Un coup d’épée dans l’eau

Bâclé, ultra-répétitif et proposé à un prix plus élevé que la moyenne des jeux eShop de la 3DS, AeternoBlade est un Metroidvania générique qui pourra tout de même convenir aux fans anglophones les plus assoiffés du genre, à condition d’attendre une baisse de prix et un patch salvateur. Dans le cas contraire, il y a des chances que vous ragiez contre l’impossibilité de retourner dans le temps pour annuler votre achat…

La bande-annonce

Réalisation: 12/20

Avec ses cinématiques typées RPG de l’ère Playstation 1, son character design générique et sa réalisation en 2,5D sans fioritures, AeternoBlade n’est pas un monstre de beauté mais se laisse tout de même regarder sans grand déplaisir, grâce notamment à quelques décors sortant du lot. La 3D stérécoscopique est à peine perceptible, si ce n’est les points de dégât qui volent vers le joueur, quitte à le distraire de l’action. Rien d’éblouissant ni de franchement honteux, en somme.

Gameplay/Scénario: 12/20

Le scénario bateau (et uniquement en anglais) n’est prétexte qu’à enchaîner les niveaux à la façon d’un Metroidvania, en privilégiant toutefois les combats à la plate-forme et à l’exploration. Les affrontements sont dynamiques et renforcés par la montée en puissance de l’héroïne, ses statistiques étant améliorables et de nombreux combos pouvant être débloqués. Quel dommage que le tout soit si répétitif et que les développeurs se soient entêtés à nous balancer sans cesse les mêmes mini-boss une fois passé un certain point, rendant la progression très laborieuse.

Bande-Son: 14/20

Les différents thèmes sont classiques mais entraînants, et accompagnés de bruitages typiques de ce genre de softs. Rien à signaler de spécial à ce niveau-là.

Durée de vie: 11/20

La durée de vie de 5-6 heures n’est pas honteuse pour un jeu disponible pour une quinzaine d’euros. Ce qui l’est plus, c’est l’obligation de recommencer l’entièreté du jeu si une certaine condition n’est pas remplie une fois le dernier boss terrassé. Cet élément, couplé à un bug fatal forçant lui aussi le joueur à redémarrer sa partie, limitera l’accession à la vraie fin du jeu aux plus acharnés/masochistes, qui auront également l’occasion d’acheter un mode Arène en DLC.

Note Globale N-Gamz.com: 11/20

AeternoBlade ne fera pas date dans l’histoire des Metroidvania. Dénué d’une vraie personnalité, criblé de bugs, répétitif à en mourir et ne sortant à aucun moment de la masse, le soft est à réserver aux fans du genre, et à eux uniquement.



About the Author

Guib
Guib

Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !