Review

Avec son accroche intéressante et le grand récit d’aventure promis derrière, Orbitaria nous a de suite tapé dans l’œil au sein du catalogue Doki-Doki. Mettant en scène de jeunes diplômés prenant conscience que leur monde est loin d’être ce qu’ils ont toujours cru, les aventures d’Alba et de ses amis tournent rapidement au conflit armé entre nations « mouvantes ». En effet, dans l’univers de ce Shonen, les villes sont construites sur d’immenses robots condamnés à tourner en rond… ou à se battre ! Le souci, c’est que partir d’une excellente idée de départ ne fait pas forcément une grande saga…

Alba et ses amis découvrent l'horrible vérité de l'Orbitaria

Alba et ses amis découvrent l’horrible vérité de l’Orbitaria

Alba Azul et ses amis Gupta l’intello, Orfaldo le sportif et Chityak la musicienne émérite sont aux anges : ils viennent d’obtenir leur diplôme de la prestigieuse école de leur Cité, qu’ils n’ont jamais quittée. Mécano de génie, Alba est chargé par ses pairs de représenter l’établissement dans la vie active, à laquelle il pourra accéder en passant par un mystérieux sas l’emmenant au-delà du mur d’enceinte. Le souci, c’est qu’à peine entré, lui et ses compagnons suffoquent sous l’effet d’un gaz anesthésiant. A leur réveil, ils sont nus, sur ce qui ressemble à une chaîne de « vaccination » en masse contre les effets d’une brume mortelle. On leur apprend que leur école n’est destinée qu’à trier la future population pour les diviser en classes sociales au sein… de leur Orbitaria : un robot géant qui supporte toute la Cité !

Le premier volet est un peu brouillon, mais augure d'une belle saga

Le premier volet est un peu brouillon, mais augure d’une belle saga

S’insurgeant contre ce système injuste, Alba va parvenir à prendre le contrôle du golem grâce à une pierre fournie par Walfran, mystérieuse rebelle qu’il voit en rêve. Menant une vraie insurrection, notre héros à présent aux commandes de ce qui fut appelé « L’Ultime Pays Céleste, Porteur de la Grande Epée » va devoir se rendre à l’évidence: devenir le dirigeant d’une Cité-Etat mouvante à son jeune âge, alors qu’il ne connaît rien des autres Orbitaria, va le conduire à la catastrophe. Sans guide, notre pilote va mener tout droit les milliers d’habitants de son « chez lui » vers une mort certaine… à moins qu’il ne se montre digne de son nouveau statut et qu’il ne fasse des choix très difficiles.

Orbitaria démarre dans le flou le plus total sur le plan scénaristique. On se retrouve comme Alba, désorienté face à cette réalité que l’on n’a jamais envisagée, devant ce monde qui n’est pas celui que l’on croit. Le récit ne ménage ainsi jamais le lecteur, surtout dans son premier tome où l’on n’a pas la temps de souffler. Le souci, c’est que tout va trop vite et semble brouillon au possible. Entre les rêves du héros sur la mystérieuse Walfran, son statut d’unique pilote de l’Orbitaria, le fait qu’il parvienne à retourner tout un système avec seulement deux amis et les révélations sur l’Ultime Pays Céleste, qui a détruit 32 Orbitarias à lui seul pour atteindre la mythique Cité de la Sainte Epée Lagrange mais fut quasi anéanti peu avant d’avoir atteint son objectif… on s’y perd énormément.

Le combat qui s'amorce à la fin d'un second volume magistral nous laisse espérer une oeuvre culte!

Le combat qui s’amorce à la fin d’un second volume magistral nous laisse espérer une oeuvre culte!

Heureusement, le volume 2 prend le temps de nous laisser respirer, de nous expliquer un peu le système politique de ce monde où les Orbitarias tournent en rond dans les brumes empoisonnées, certains étant plus proches de la Cité de la Sainte Epée que d’autres, ce qui se traduit par moins de pas pour accomplir une révolution, donc moins d’énergie dépensée, mais tout autant de vivres ramassés (car plus on s’éloigne du Centre, moins les matières premières abondent). Bref, on sent que l’auteur a mis en place une géopolitique complexe, avec des Etats ayant chacun leurs règles dictatoriales ou parlementaires, leurs affinités, leurs alliances… et l’on a hâte d’en découvrir plus et de voir comment un jeune héros tel qu’Alba va pouvoir se forger une place dans tout ça. A ce niveau, le tome 2 est donc excellent car il ne nous parle que du Pays Nocturne, certes, mais en foisonnant littéralement de détails sur son coup d’état et ses enjeux politiques, avant de se conclure par l’amorce d’un combat d’anthologie sous une pluie battante ! Jouissif au possible !

Le volume 3 part dans tous les sens, oubliant totalement certaines histoires comme la romance entre Alba et Chytiak

Le final est expédié, oubliant totalement certaines histoires comme la romance entre Alba et Chityak

Et puis viennent les volumes 3 et 4, qui gâchent absolument tout. Le premier part ainsi dans tous les sens, faisant intervenir un Pays sans orbite dont le commandant semble atterrir comme un cheveu dans la soupe au sein du récit. Walfran fait également des siennes et tente de montrer à Alba qu’on lui ment depuis le début au sujet des brumes toxiques, sans parler du coup d’état qui se fomente contre notre héros lui-même, lequel manque de péter les plombs en anéantissant sans le vouloir des milliers de personnes vivant sur l’Orbitaria adverse ! Du coup, on attendait le tome 4 pour clarifier tout ça et repartir à la découverte de nouvelles Cités. Que nenni ! Le récit se coupe brusquement avec un gros retour sur le passé de Walfran et deux courtes histoires actuelles. Pire, on ose même vous présenter pas moins de cinq Orbitarias, à la géopolitique forcément complexe, en seulement 2 pages ! On ne voit même pas la Cité de la Sainte Epée Lagrange, on ne parle plus des pouvoirs d’Alba qui « ressent » son robot, ni de son histoire d’amour avec Chytiak… rien !

On sent que l'auteur avait de quoi abreuves une saga fleuve... notamment au travers des descriptions très techniques des Orbitarias

On sent que l’auteur avait de quoi abreuver une série fleuve… notamment au travers des descriptions très techniques des Orbitarias

On sent donc clairement que Ooi Masakazu, l’auteur dont c’est la première œuvre, avait le matériel nécessaire pour réaliser une saga fleuve, aux mécanismes passionnants, et a sûrement du clore sa série à la va-vite alors qu’elle aurait pu largement tenir sur une quinzaine de volumes, un par Orbitaria rencontré. Ou alors, et c’est pire, il ne savait pas du tout où il allait, mais on aurait du mal à le croire quand on regarde avec délectation les pages inter-chapitres, qui déversent un torrent d’information sur le fonctionnement des golems et leurs règles internes. Si on ajoute à cela un dessin certes très joli et bien détaillé, mais qui se voit extrêmement mal découpé lors des séquences d’action entre robots pour nous perdre totalement dans le mouvement… on ressort terriblement frustré, voire même choqué, de la lecture de ce shonen. C’est un immense sentiment de gâchis qui nous étreint lorsqu’on voit un potentiel aussi incroyable terminer de la sorte. Une seule solution : qu’Orbitaria connaisse une suite qui lui fasse vraiment honneur, car on pourrait tenir là une vraie pépite pour peu que l’auteur se donne les moyens de ses ambitions.

Note Globale N-Gamz: 2/5



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la quarantaine depuis peu, je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news et le vidéo-testeur de ce site (foncez sur la chaîne YouTube d'ailleurs). Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je voue un culte aux shonens/seinens tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite ou encore Asebi. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch, Inception et Tenet. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!