Review
En plein coeur d’un univers manga fantasy souvent saturé de clichés héroïques et de quêtes épiques convenues, les éditions Doki-Doki frappent un grand coup avec l’arrivée de Dungeon Elf (titre original : Dungeon ni Takarabako ga Aru no wa Atarimae desu ka), une série seinen signée River Slan ! Le premier tome de cette aventure, paru le 6 mai dernier, entend nous livrer une proposition narrative aussi fraîche qu’audacieuse : et si l’on suivait non pas l’aventurier, mais la personne qui peuple les donjons de… coffres au trésor ? Un concept bigrement original qui, dès ses premières pages, pourrait bien captiver par son mélange d’exploration contemplative, d’humour déjanté et d’un amour palpable pour les codes du RPG. Une petite pépite en devenir ? La réponse dans ma critique complète !
L’histoire de Dungeon Elf suit Snail, une elfe mystérieuse et solitaire qui arpente les profondeurs les plus périlleuses des donjons pour y déposer des coffres remplis de trésors à l’intention des aventuriers. Loin d’être une simple employée anonyme, elle incarne une figure à la fois badass et attachante : guerrière redoutable capable d’affronter des dragons anciens à mains nues, survivante ingénieuse qui cuisine les monstres qu’elle vainc, et voyageuse contemplative qui réfléchit au passage du temps et à l’évolution du monde.
Ce tome 1 nous entraîne dans une succession d’expéditions solitaires où chaque donjon devient prétexte à une tranche de vie immersive : cueillette d’ingrédients improbables, affrontements intenses et moments de quiétude poétique. Sans quête principale épique immédiate, le récit mise sur la découverte progressive de cet univers vivant et sur le charisme magnétique de son héroïne.
Sur le plan technique, River Slan déploie un trait d’une précision et d’une richesse de détails époustouflantes. Les backgrounds foisonnent de textures organiques – mousses luminescentes, ruines ancestrales, écailles de dragons – tandis que les monstres et environnements bénéficient d’un design inspiré directement des classiques du RPG.
L’encrage, à la fois ferme et nuancé, confère une profondeur saisissante aux planches, particulièrement dans les scènes d’action où la fluidité des mouvements et la clarté du découpage permettent de suivre chaque coup et chaque esquive sans confusion. Les flashbacks, intégrés avec subtilité via des variations chromatiques douces, enrichissent le lore sans jamais alourdir le rythme.
Cette maîtrise se double d’une mise en page dynamique qui alterne grands espaces contemplatifs et séquences explosives, renforçant le côté déjanté et rafraîchissant de l’ensemble. Si certains regretteront une certaine linéarité narrative dans ce premier volume, l’originalité du concept et l’accent alléchant porté sur la cuisine de monstres compensent largement. L’héroïne, à la fois sexy et badass, évite les écueils du fanservice gratuit pour incarner une figure forte et indépendante, tandis que les clins d’œil constants aux amoureux de RPG (mécaniques de donjons, bestiaire, trésors) ajoutent une couche de nostalgie jubilatoire sans jamais tomber dans le too much. J’adore !
Note N-Gamz : 5/5
En résumé, ce premier tome de Dungeon Elf chez Doki-Doki s’impose d’emblée comme une pépite rafraîchissante qui renouvelle le genre fantasy avec intelligence et une sacrée gourmandise visuelle. River Slan signe ici un premier volume prometteur, porté par une héroïne charismatique et un univers qui donne envie d’en explorer chaque recoin. Une lecture addictive qui laisse sur sa faim… dans le meilleur sens du terme ! Ne reste plus qu’à nous livrer un début de quête épique sur le long terme, avec de gros enjeux, et on sera comblé !

















