Review

A peine le temps de digérer l’aventure des Chaînes de Satinav que l’on vous présente la suite, Memoria, débarquée en août dernier.  C’est l’occasion de voir l’évolution du jeu, un an après la sortie de son prédécesseur, pour une épopée à la hauteur de Daedalic.

Pas de dépaysement possible

Géron tente de rendre forme humaine à la belle Nuri

Pour ceux qui se seront fait la main sur L’œil Noir : Les Chaînes de Satinav (en test juste ici), Memoria aura bien du mal à les perdre en route. En effet, on retrouve les mêmes graphismes, les mêmes sonorités et bien sur, nos deux héros Géron et Nuri que nous avions laissé à la fin du précédent jeu. Ce grand benêt de Géron tente de rendre forme humaine à sa compagne, la fée Nuri transformée en corbeau et en proie à la perte de ses souvenirs si elle ne reprend pas son aspect initial. Notre héros du dimanche devra alors résoudre une énigme, dicté par le mystérieux Fahi afin d’obtenir le pouvoir de rendre sa forme à son amie. Jusque là, tout va bien.

Là où l’aventure devient intéressante, c’est qu’en parallèle, le joueur est amené à suivre les aventures de la princesse maudite Sadja, une jeune femme en quête de gloire et de renom. Les deux histoires sont intimement liées et se répondent parfaitement. On ne passe pas plus de temps dans l’une ou l’autre des quêtes et avancer avec Sadja permet d’aider Géron et ses compagnons à résoudre l’énigme. C’est bien ficelé, dynamique et jamais sans coupure violente. Malgré tout, le fait de voyager régulièrement entre deux aventures différentes ne nous permet pas de s’attacher à l’un ou l’autre des protagonistes. De même pour ceux qui appréciaient le personnage ingénu de Nuri, cette dernière est complètement relayée au second plan et frôle parfois l’inutilité. Nos interactions avec elle sont moindres et c’est bien dommage car en sa forme de corbeau, de nombreuses possibilités pour l’intégrer de manière plus forte au jeu auraient pu être envisagées.

Une difficulté au rendez-vous

Deux personnages pour deux époques différentes

Souvenez-vous, Les Chaînes de Satinav nous avait donné du fil à retordre. Pas de repos pour les braves, Memoria met la barre bien plus haut que son comparse, pas forcément en termes de difficulté, mais plutôt en termes de complexité. Cette fois, comparé à son prédécesseur, aucun choix entre bénéficier d’aide ou non n’est offert. Concernant la résolution des énigmes et puzzles, le niveau reste le même que pour Les Chaînes de Satinav : vicieux, parfois fourbe et tordu, mais pas irréalisable non plus même pour les aventuriers du dimanche. Là où notre jeu s’attèle à devenir complexe, c’est qu’au lieu de n’avoir que deux sorts comme précédemment (la destruction de Géron et la réparation de Nuri), ce n’est pas moins de quatre sorts différents qu’il faudra savoir maîtriser et utiliser : la destruction/réparation, la dé/pétrification, l’implantation de vision, ainsi qu’un sort permettant de localiser les ondes magiques.

L’incantation la plus intéressante en termes de gameplay reste l’implantation de vision. En effet, elle donne lieu à des puzzles originaux. Le but de la manœuvre ? Faire plier la volonté d’un personnage en lui envoyant une vision grâce à l’addition de trois objets présents dans le tableau. Il faut alors choisir très scrupuleusement ces objets afin d’obtenir le résultat escompté. Pour le reste, les mécanismes sont entièrement les mêmes que pour le précédent jeu, à nouveau pas de dépaysement possible. On est en terrain connu. On note parfois quelques soucis de rythme dans le jeu, avec quelques lenteurs dans la réalisation des énigmes, mais la complexité et l’originalité de ces dernières nous font vite oublier ces petits moments de faiblesse. La fin, tout comme celle des Chaînes de Satinav nous laissera cruellement sur notre faim. Au nombre de deux, on vous conseille de sauvegarder sur plusieurs slots afin de pouvoir assister aux deux conclusions. Un bon gros « Tout ça pour ça ?? » en quelque sorte.

Une réelle amélioration et un niveau graphique excellent

Une synchro labiale affinée et des visuels splendides

Ce qui nous a marqué avec Les Chaînes de Satinav, c’est ce vrai manque de fluidité des animations ainsi que leur côté très bas de gamme. On attendait donc de Memoria de relever le niveau. Peut-on dire que le challenge est réussi ? En partie, oui. On constate une très nette amélioration au niveau des labiales et de la synchronisation des voix, de même pour les animations qui ont cette fois les pieds bien ancrés dans le décor même si cet aspect « vieux dessin animé » reste encore présent. Soit, on dira que ça fait le charme du jeu. Et ce n’est en rien gênant, même pour les plus tatillons.

Toujours à titre de comparaison, on avait été subjugué par la direction artistique du premier jeu… et Memoria ne passe absolument pas à côté de son héritage car les tableaux sont toujours aussi beaux, colorés et originaux. Le décor fourmille de détails, le travail de colorisation est impeccable et à nouveau, on se trouve dans des environnements parfaitement bien illustrés au niveau de l’ambiance sonore, encore plus présente qu’avant. Quant à la bande originale, elle se veut toujours aussi puissante et prenante, discrète quand il le faut et porteuse de l’aventure en temps voulu.

Conclusion

Une histoire complexe et intéressante, une réalisation graphique qui s’améliore, une ambiance sonore toujours aussi efficace et une bande-son parfaite, on a là tous les ingrédients pour réaliser un bon point’n click. Bien sur, on retrouve toujours quelques faiblesses autant dans la progression qu’au niveau de l’animation, mais Memoria montre le véritable effort de Daedalic à s’améliorer de titre en titre. On vous le recommande chaudement pour une bonne dizaine d’heures de prise de tête et de voyage en Aventuria. Attention cependant, le jeu est entièrement en anglais.

La bande-annonce

Réalisation: 15/20

On note une vraie amélioration comparée au précédent opus de Daedalic, mais ça n’en est pas pour autant parfait. L’animation reste encore perfectible mais la direction artistique générale demeure toujours aussi belle, notamment dans le travail des environnements.

Gameplay/Scénario: 16/20

Une histoire riche, menée de front par deux personnages à des époques différentes et se recoupant comme il le faut ? Il faut dire que ça marche et que ça encourage à continuer l’aventure. Le gameplay reste facile d’accès une fois que l’on a pris en main les différents sorts de nos héros.

Bande-Son: 20/20

Toujours aussi parfaite. Des compositions envoûtantes pour un voyage auditif inoubliable!

Durée de vie: 12/20

Comme son prédécesseur, on embarque ici pour une toute petite dizaine d’heures qui passent plutôt vite malgré les quelques faiblesses rencontrées au court de l’aventure dans le déroulement des énigmes. Cela reste correct cela dit, mais quelques heures de plus auraient permis de développer un peu plus la fin.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Malgré le fait que le jeu soit intégralement en anglais et conserve quelques défauts de son prédécesseur, Memoria est un tout grand point & click qui propose une histoire riche, une bande-son envoûtante, et une réalisation qui s’est améliorée depuis Les Chaînes de Satinav. Ne boudez pas votre plaisir et retournez de ce pas dans l’univers de l’Oeil noir grâce à Daedalic !


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About the Author

Delilah
Étudiante en journalisme, je conjugue ma passion avec mon parcours scolaire et professionnel. Vous pouvez aussi me retrouver, dans le cadre de ma formation, chez Jeuxvideo.fr comme rédactrice. J’ai commencé à tâter du pixel très tôt, mon père étant lui-même joueur ... Mais mon premier « vrai » jeu a été Pokemon avec qui je continue de vivre une idylle passionnée. J’ai pu m’essayer à plusieurs styles de jeu, mais pour moi, rien ne vaut le RPG, l’action-aventure et … si on sait me convaincre (car je fais un peu la princesse) le FPS. Ne me parlez pas de Survival-Horror, je suis incapable d'y jouer, je prie toujours pour avoir une option générique dès le premier écran car même le menu me fait peur (mon voisin a peu apprécié peu mes hurlements sur Amnesia : The Dark Descent). Mais j'essaye, je retente l'expérience à chaque fois, je persévère !! Mon jeu culte est et restera Red Dead Redemption au point d’avoir un tatouage dédié à John Marston (mais je ne vous dis pas où, muahah), j’ai même arrêté de compter le nombre de fois où je l’ai fini ! Oh et useless fact : j’ai une passion bizarre pour les serial-killers^^.