Review

Sorti il y a presque un an au Japon, Lost Dimension débarque enfin en Europe grâce à NIS America. Malheureusement pour le titre, l’archipel nippon avait carrément décidé de bouder le soft. Mais pourquoi ? RPG culte et incompris ou véritable déception ? Plus de réponses dans les lignes qui suivent.

S.E.A.L.E.D. et The End

The END menace le monde... et seul le S.E.A.L.E.D. peut l'arrêter!

The END menace le monde… et seul le S.E.A.L.E.D. peut l’arrêter!

Lost Dimension a été créé par Lancarse, qui a déjà travaillé sur plusieurs titres japonais comme Etrian Odyssey, El Shaddai et Shin Megami Tensei : STRANGE JOURNEY. Autant dire que le studio a donc participé à quelques softs plus qu’intéressants au Japon, mais reste un peu méconnu par chez nous.

Cette fois, les développeurs ont décidé de nous transporter dans une réalité alternative. Notre belle planète est en effet attaquée par un terroriste, The End, qui n’a rien trouvé de mieux que de faire sortir de terre une gigantesque tour, causant de nombreux et vastes dégâts à travers le monde.C’est dans ce contexte que vous allez incarner Sho Kasugai, un garçon de 18 ans membre du S.E.A.L.E.D., une organisation secrète formée de 11 personnes, toutes possédant des pouvoirs particuliers. Vous l’aurez compris, le groupe va devoir gravir un à un les étages de la tour pour vaincre The End et sauver le Monde.

Mais The End ne se laissera pas approcher facilement ! En effet, il a édicté dans son édifice une règle bien étrange : à chaque étage, vous devrez sacrifier un personnage de votre formation. Autre petit détail : il y a 3 traîtres dans votre groupe ! A vous de les identifier, et de les effacer ! En cas d’échec, lors de la bataille finale, qui sait ce qui pourrait vous arriver si les renégats sont encore de votre côté ?

Tactical RPG…

Le jeu prend la forme d'un tactical RPG au gameplay travaillé lors des phases de combat

Le jeu prend la forme d’un tactical RPG au gameplay travaillé lors des phases de combat

Lost Dimension est un RPG atypique qui allie deux éléments de gameplay totalement différents. D’un côté les combats, qui se passent au tour par tour. Vous devrez donc avancer prudemment, avec une équipe de six personnages que vous choisirez, et attaquer l’adversaire à travers une jouabilité proche de celle de Natural Doctrine (en test et vidéo-test juste ici). En clair : lorsque vous frappez un adversaire, vos alliés à proximités vous soutiendront dans votre attaque et vous permettront d’effectuer bien plus de dégâts. C’est pareil pour vos ennemis. Ceux-ci en profiteront allègrement afin de vous mettre K.O. le plus rapidement possible. Heureusement, le soft n’est pas très difficile (contrairement à Natural Doctrine !) et offre plusieurs solutions pour lutter efficacement contre les assaillants.

La première consiste à utiliser les pouvoirs surnaturels des membres de votre équipe. Appelés Gift, ils sont spécifiques à chacun d’eux et vous proposeront, par exemple, d’attaquer avec des flammes, de soigner, d’augmenter les stats, etc… Et pas question de MP dans Lost Dimension : tout se gère via une petite barre rose appelée SAN et qui représente la santé mentale de votre personnage. Une attaque adverse cause ainsi aussi bien des dégâts physiques que mentaux. De ce fait, une fois votre SAN réduite à zéro, votre héros passera en mode Berserker. Il deviendra alors incontrôlable, verra ses stats augmentées et surtout attaquera alliés comme ennemis. Prudence donc. La deuxième solution, elle, est un peu plus technique.

Vous aurez la possibilité d'offrir votre tour à un compagnon, une nouveauté bienvenue dans le genre

Vous aurez la possibilité d’offrir votre tour à un compagnon, une nouveauté bienvenue dans le genre

En effet, outre les gifts, vos alliés possèdent une commande « Defer » qui permet à celui qui l’invoque de passer le relai à un camarade, pour peu qu’il se trouve dans son champ d’action. Votre personnage infligeant le plus de dégâts n’a pas réussi à achever sa cible ? Pas de panique : prenez un allié un peu plus faible, approchez-le du héros qui a déjà utilisé son tour et faites « Defer » ! Pratique donc pour sauver un ami sur le point de se faire mettre KO ou tout simplement pour occire définitivement un monstre un peu trop collant. Une fois le combat terminé, un système de points attribués aux personnages permet de définir le rang final obtenu. Comment gagner ces points ? En utilisant toutes vos capacités pour terminer l’affrontement. Que ce soit un « gift » ou même la commande « Defer », chaque technique en rapporte. A l’inverse, la mort d’un membre de votre équipe vous en fera perdre.

… ou Visual Novel ?

Entre les rixes, le jeu opte pour un aspect un peu plus orienté Visual Novel. Vous aurez alors plusieurs actions à votre disposition, comme parler avec vos camarades du S.E.A.L.E.D., acheter de l’équipement, augmenter les aptitudes spéciales à travers un arbre de compétence propre à chaque protagoniste, mais surtout : utiliser la capacité de votre personnage principal pour détecter les traîtres !

Il faudra discuter avec vos camarades pour déceler le traître parmi vous et le tuer avant la confrontation finale

Il faudra discuter avec vos camarades pour déceler le traître parmi vous et le tuer avant la confrontation finale

Ainsi, Sho possède un pouvoir particulier appelé Vision et qui permet, en échange de points, de sonder l’esprit d’un des membres de l’équipe pour parvenir à démasquer ceux qui travaillent pour The End. Mais ce n’est pas tout ! Une fois le traître repéré, il faudra parvenir à convaincre vos alliés de l’éliminer lors du passage au niveau suivant. Dans Lost Dimension, il faut donc être prudent avec ses réponses et tout faire pour influencer vos amis à aller dans votre sens. Une fenêtre de progression dans le menu vision indique d’ailleurs les personnages ayant le plus de votes contre eux. Pratique pour savoir où on en est et tenter de changer la donne.

Lost Dimension offre donc plusieurs expériences de jeu : un côté très action/stratégie lors des batailles, et un autre orienté complètement Visual Novel et enquête, où la traque des traîtres sera votre priorité.

Une réalisation douteuse

Graphiquement, le titre accuse un énorme retard et se montre indigne d'une PlayStation 3

Graphiquement, le titre accuse un énorme retard et se montre indigne d’une PlayStation 3

Malheureusement, malgré un scénario assez sympathique et un système de jeu plaisant, le titre de Lancarse souffre d’une réalisation vraiment bancale. Visuellement, le soft est beaucoup trop simple et épuré. Les monstres se ressemblent trop, la modélisation 3D est proche de ce que l’on pourrait voir sur une PlayStation 2, sans parler des textures trop fades, voire même inexistantes. Un véritable carnage visuel, d’autant plus dommage quand on voit la qualité des artworks présentés durant les phases de dialogues. Heureusement, les séquences animées rattrapent le tout mais sont, hélas, trop rares.

Pour la bande-sonore, c’est un peu la même chose : les bruitages sont beaucoup trop simples et la musique n’est pas assez travaillée. On regrettera aussi l’absence du doublage japonais, et il faudra donc vous contenter des voix anglaises au ton relativement plat. On pensait pourtant que NIS avait compris depuis belle lurette à quel point les joueurs fans de ce type de softs très nippons souhaitent une V.O. à ce niveau. Dommage.

Un peu trop frileux malgré de bonne idées

Lost Dimension propose donc un scénario assez intéressant, quoiqu’un peu trop simple malgré le fait que les traîtres changent à chaque partie. En effet, il sera rarement difficile de les démasquer (on est loin d’un Danganronpa à ce niveau) mais le système de jeu mixant tactical/rpg et enquête façon Visual Novel est complet et plutôt agréable. Malheureusement, la réalisation est bien trop bancale, décevant même jusqu’aux fans du genre qui auront du mal à passer outre la modélisation 3D des combats. Bref, vous finirez principalement le soft pour son scénario… ce qui est regrettable au vu du postulat de départ plutôt prometteur.

La bande-annonce

Réalisation: 09/20

La 3D lors des combats est vraiment mal conçue et offre une gestion de la caméra plus que douteuse de même que des textures dignes d’un jeu PlayStation 2. On est loin, très loin de ce que peut proposer la PS3, même pour des softs génériques. Heureusement, les cinématiques sont plaisantes et les artworks plutôt réussis.

Gameplay/Scénario: 14/20

Un scénario simple mais accrocheur bénéficiant d’un gameplay assez recherché. Le jeu s’avère complet, entre les phases de combat bien pensées et les dialogues pour déterminer qui est le traître. Sans compter qu’une fois ce dernier démasqué, il faut encore réussir à convaincre les autres membres de voter contre lui.

Bande-Son: 11/20

La bande-son est malheureusement à la hauteur de la réalisation. Plate et sans grand intérêt. Les bruitages sont trop répétitifs et les effets sonores un peu trop mécaniques. Au moins, le doublage a le mérite d’être présent et complet, mais seulement en anglais, les voix japonaises étant étrangement absentes.

Durée de vie: 13/20

Comptez environ 25 heures pour terminer le titre. C’est malheureusement trop court pour un jeu du genre. Le soft ne manque pourtant pas de missions annexes, mais cela ne suffit malheureusement pas.

Note Globale N-Gamz.com: 12/20

Lost Dimension a son charme, mais il faudra vraiment s’accrocher pour terminer le jeu. Le scénario est intéressant, le mélange des genres est totalement réussi, malheureusement la réalisation le rapproche plus d’un jeu PlayStation 2 que d’un vrai titre PS3. Bien sûr, il ne faut oublier qu’il est développé par une petite équipe, ce qui implique de modestes moyens, et que les fans du genre auront de quoi s’occuper pendant quelques jours. Bref, un titre sympathique si l’on oublie le moteur graphique.

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux!



About the Author

Eneara
Eneara
Eneara, collectionneur et passionné de jeux vidéo depuis pas mal d'années. Amateur de cinéma, de lecture et de jeux de plateau, je suis aussi très attiré par tout ce qui touche au retrogaming. J'aime les jeux à scénario, l'action, et parfois me faire peur devant un bon petit jeu bien flippant. Facebook: Aurélien Eneara Ulsas