Review

That Game Company conclut son triptyque écolo métaphysique sur le PSN avec l’incroyable Journey. Et autant vous dire que jamais un jeu n’avait aussi bien porté son nom ! Journey est un voyage que vous ne vivrez qu’une seule fois dans votre existence de gamer et qui vous marquera à jamais. Un test écrit et en vidéo s’imposait donc!

Un voyage initiatique pour…clore une trilogie

Journey se contemple comme une toile de maître

Déjà connus pour être les créateurs du très aquatique flOw et de l’aérien Flower, les petits gars de That Game Company se sont cette fois alliés au studio Sony Santa Monica (God of War) pour nous livrer leur vision ultime du voyage initiatique. Journey est un parcours d’une poésie rare, d’une beauté visuelle éthérée et d’une bande-son magistrale, au concept terriblement flou lors des premières présentations à la presse. Heureusement, après avoir pu poser les mains et terminer le soft, tout est plus clair à présent.

Dans Journey, vous dirigez un humanoïde revêtu d’une cape qui ne laisse apparaître que son visage épuré et ses fines jambes ciselées. Véritable représentation des nomades du désert, votre avatar va parcourir six niveaux afin d’atteindre une montagne mystique, source de renaissance. Pas de paroles, tout est expliqué au travers de visions divines inter-level. La première moitié du soft se déroule assez simplement : vous avancez sans encombre, la mort étant impossible. Votre objectif principal est d’accumuler des fragments d’écharpe pour agrandir celle qui vous entoure le cou et qui fonctionne comme un accumulateur de sutras. Ces fameux sutras sont représentés dans le jeu sous forme de feuilles de tissu que vous pouvez attirer à vous moyennant une pression sur rond. Votre écharpe chargée vous permet de léviter de plus en plus haut au fur et à mesure de son allongement, vous donnant accès à des hauteurs salutaires. Mais attention, elle se décharge très rapidement et la gravité vous ramènera inexorablement sur la terre ferme. Autre moyen d’atteindre votre objectif en dehors du vol et de la marche, la possibilité de surfer sur les dunes, pour peu que la pente soit marquée.

Le langage comme arme

Absorber des sutras-maîtres activera différents mécanismes utiles pour votre progression

Je me permets de revenir sur le bouton rond, qui symbolise le seul outil de communication du jeu. Plus vous appuyez sur ce dernier, plus vous émettez un son puissant (et une onde sonore qui l’accompagne). Le jeu dispose ainsi de 4 tonalités d’amplitudes différentes. Elles vous servent à actionner des mécanismes en absorbant des grands sutras vidés de leur énergie. Apparition de plates-formes, de petits sutras supplémentaires, de tourbillons, rien ne vous prépare à ce qui arrive lorsque vous décidez de faire disparaître un sutra-maître, mais vous n’avez pas le choix si vous voulez continuer à avancer, le jeu étant excessivement linéaire.

Si flOw symbolisait l’eau et Flower l’air, Journey est incontestablement sous le signe du feu et de la terre. Les pérégrinations de notre nomade l’amèneront à traverser de grandes étendues désertiques, des souterrains sablonneux mais également une montagne enneigée où règne un blizzard éternel. J’ai dit désertique ? Pas tout à fait en fait. Vous croiserez des formes de vies amies, comme ces tapis volants qui répondront à vos injonctions sonores par leur propre langage, mais aussi ennemies, en la présence d’énormes serpents de pierre qui n’ont qu’un objectif, dévorer tous les sutras qu’ils trouvent. Impressionnants de grandeur et de froideur, ces monstres vous fileront clairement les jetons lorsqu’ils sortiront de nulle part pour mieux dévorer l’écharpe qui vous sert de sauf-conduit. Une seule solution pour s’en tirer : éviter leur regard, symbolisé par un halo lumineux. Du coup, la seconde partie du soft tend parfois vers le jeu d’infiltration, et donne clairement un coup de peps à l’ensemble.

Docteur, il y a un inconnu dans ma PS3…

Votre seul moyen de communication étant les 4 sons que vous pouvez émettre, on se retrouve dans les balbutiements d’un langage que vous développerez tous les deux

Enfin, vous pourrez partager l’aventure avec un parfait inconnu qui sera spawné dès le début de chaque niveau. Attention, pas un personnage avec une I.A., non. Il s’agit d’un joueur humain, tout comme vous, qui peut être issu de n’importe quel pays du globe. En effet, le jeu n’étant pas instancié, vous ne connaissez jamais l’identité de votre compagnon de route et il est impossible d’y inviter l’un de vos amis. Votre seul moyen de communication étant les 4 sons que vous pouvez émettre, on se retrouve dans les balbutiements d’un langage que vous développerez tous les deux. Absolument incroyable et résolument fédérateur ! Exit l’Anglais, et bonjour au langage Journey. Vous pourrez terminer chaque niveau sans vous soucier de votre alter-ego, mais je ne saurai que trop vous conseiller de jouer l’entraide, l’expérience est juste inoubliable, bouleversante. En effet, quand vous êtes proches de votre ami, vous pouvez vous recharger mutuellement l’écharpe à sutras, ce qui facilite clairement votre progression.

L'aventure à deux est bouleversante pour peu que vous jouiez le jeu

Il est assez difficile d’expliquer le concept de Journey tant ce jeu doit se vivre plus que se raconter. L’ambiance qu’il dégage est clairement le point fort du soft et le travail d’orfèvre réalisé par les artistes vidéoludiques de That Game Company vous promet des visuels saisissants de poésie. Les graphismes sont épurés, les couleurs pètent littéralement à la figure et s’impriment sur la rétine pour ne plus jamais laisser divaguer votre regard hors du monde que dépeint habilement le jeu. Et le tout est magnifié par une musique inoubliable, ode au symbolisme et au voyage, et qui se paye le luxe d’être toujours en rapport avec l’action. Et que dire de la physique des sables aussi aboutie, de l’opposition et de la magnificence des deux derniers niveaux, de la dizaine d’interprétations différentes à cette fin tout simplement sublime et de la divulgation de l’identité de vos compagnons de voyage une fois le générique de clôture achevé ! Journey est tout simplement l’une des plus grandes expériences vidéoludiques qu’il m’ait été donné de vivre, et que tout gamer doit approcher au moins une fois pour comprendre le véritable sens du mot : inoubliable ! Malgré sa faible durée de vie (4heures), il vous laissera une trace indélébile dans votre âme de joueur et rien que pour ça, Journey mérite qu’on s’y investisse pleinement.

Le vidéo-test

Réalisation: 18/20

Alors oui, les graphismes sont épurés et on n’est pas dans la surenchère de textures, mais la note juge la beauté artistique de l’ensemble, et sur ce point, Journey est inattaquable. Aucun ralentissement, des teintes superbement choisies, une physique des sables qui pousse à la rêverie et au dépaysement, il n’y a rien à redire.

Gameplay/Scénario: 14/20

Le gameplay est ultra simpliste et ne propose pas un maximum de nouveauté au fur et à mesure des niveaux, hormis l’apparition des serpents qui donne un léger côté infiltration au jeu. Le scénario est totalement sujet à l’interprétation. Certains le trouveront excellent alors que d’autres auront l’impression de ne pas cerner la fin. Tout dépendra de votre sensibilité, mais moi, je suis conquis.

Bande-Son: 19/20

Des bruitages qui sonnent juste et une musique absolument fabuleuse donne une véritable atmosphère ésotérique au soft. Le son se marie à merveille à l’image pour vous faire vivre un voyage fantastique.

Durée de vie: 10/20

Pour un jeu PSN, le soft peut paraître un peu faiblard avec ses 4h de jeu, sans réelle rejouabilité. Une fois fini, vous aurez l’occasion de reprendre n’importe quel niveau histoire de trouver toutes les allonges d’écharpe, mais en général, vous y reviendrez surtout pour vous refaire un trip visuel et sonore.

Note Globale N-Gamz.com: 19/20

Oui, Journey est court. Oui, le gameplay est simple et la difficulté quasi inexistante. Mais Journey n’est pas un jeu au sens propre du terme. Non, c’est un voyage initiatique inoubliable  fait de paysages grandioses, d’ambiances éthérées et d’images qui vous resteront scotchées à vie. Journey ne se raconte pas, il se vit. Allez-y les yeux fermés, le soft va vous faire vibrer autant qu’un Ico ou qu’un Shadow of The Colossus, parole de hardcore gamer !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!