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Souvent relégués aux wave shooters et autres jeux de tir sur rail, les FPS en réalité virtuelle s’émancipent de plus en plus de leur nature statique pour évoluer vers des aventures de plus grande envergure, comparables à ce que l’on trouve sur supports traditionnels. C’est dans cette mouvance que s’inscrit Apex Construct, le premier soft de Fast Travel Games, jeune studio formé par des anciens de chez EA ayant bossé sur Mirror’s Edge et Battlefield, rien que ça. Voyons ce que donne la version PSVR, sortie avec un mois d’avance sur les versions Rift, Oculus et Windows VR.

Quoi de neuf à l’Horizon ?

« Le jeu a des faux airs d’Horizon : Zero Dawn »

Un monde dévasté. Un arc à flèches futuriste. De grosses bestioles mécaniques. À première vue, on se croirait presque face à un spin-off d’Horizon: Zero Dawn; ne comptez cependant pas sur Aloy pour vous accueillir au sein de cet univers en apparence familier. Vous apprendrez vite que la voix rauque qui vous guide s’appelle Fathr, une intelligence artificielle vous sommant de combattre une autre IA, Mothr, vous ayant visiblement pris pour cible. Bandez votre arc, préparez vos flèches, ça va défourailler du robot.

Pensé intégralement pour la VR, Apex Construct vous met dans la peau d’un protagoniste sans nom et muet, histoire de favoriser l’immersion. Puzzles, combats à distance contre des robots redoutables et découverte d’indices sur les événements ayant mené le monde à sa perte sont au programme. Mais que vaut l’expérience, PS Moves (obligatoires) en main ?

Quand la frustration monte en flèche

Outre la téléportation, que les joueurs PSVR connaissent par cœur, Apex Construct a le bon goût de proposer des déplacements libres (à activer dans le menu principal, les différentes options de confort n’étant pas modifiables à la volée). Faute de stick, il faudra maintenir la touche Move de l’un des deux contrôleurs pour se déplacer en pointant la direction désirée, deux autres touches servant à pivoter tandis qu’une dernière permet de faire instantanément demi-tour.

« Entre chaque niveau, vous retournerez à la base pour améliorer votre équipement »

Si l’absence de stick se fait toujours ressentir, l’alternative adoptée par les développeurs est honorable (prends-en de la graine, Doom VFR) et se révèle plutôt pratique… dans les moments calmes, tout du moins. Car en plein combat, ce manque de naturel dans les mouvements provoquera de nombreuses situations inconfortables, votre personnage ayant une fâcheuse tendance à rester bloqué contre certains éléments du décor. Rien qu’un coup de téléportation ne viendra pas résoudre, mais en plein affrontement, la situation se retournera bien souvent contre vous.

Vous devrez alterner entre votre arc aux munitions de base infinies (votre arsenal s’enrichira par le biais de flèches élémentaires) et votre bouclier pour contrer les attaques ennemies, qui vident votre barre de vie très rapidement. En l’état, on se retrouve souvent démuni face à des adversaires puissants et vifs qui nous encerclent sans nous laisser le temps de réagir. Les défaites sont ainsi nombreuses et souvent injustes; heureusement, le respawn est rapide.

Quand immersion rime avec déception

« Les combats sont souvent injustes, la faute à une maniabilité problématique »

Autre déception: les puzzles et l’exploration. Dans les premières heures de jeu, vous passerez de nombreuses minutes à interagir avec des ordinateurs afin d’accéder à des audiologs vous en apprenant plus sur le background du jeu et, surtout, vous livrant des indices concernant des mots de passe permettant d’ouvrir des portes blindées. Dans chaque cas, vous devrez taper manuellement, lettre par lettre, des commandes sur un clavier. Peu précises (les fautes de frappe sont inévitables) et trop présentes, ces séquences sont un modèle de frustration. Pire: aucune traduction française n’étant disponible pour le moment (le studio envisage visiblement de l’implémenter par la suite), certains indices seront totalement incompréhensibles pour les anglophobes et risquent fort de bloquer leur progression.

Tous ces petits détails concourent à briser l’immersion que s’efforcent d’installer les développeurs. D’autant qu’à ce niveau-là, le pari est globalement réussi: sans être renversant visuellement, le titre est coloré, agréable à l’oeil et fluide, même sur une PS4 classique. Rien de bien marquant à signaler au niveau sonore, si ce n’est une voix off intense singeant le Batman de Christian Bale qui en fera ricaner certains.

Un jeu qui souffre… du PlayStation VR

Immersive mais bancale, voilà comment on pourrait qualifier cette version PSVR d’Apex Construct. Une fois n’est pas coutume, les faiblesses du jeu sont intrinsèquement liées à son support, les capacités de tracking et de maniabilité du PSVR étant bien connues pour être inférieures à ses concurrentes haut de gamme. Pour les joueurs qui parviendront à passer au delà de ses nombreux (mais visiblement inévitables) défauts, Apex Construct fera tout de même office d’honnête casse-croute pour les fans d’action-aventure en réalité virtuelle.

La Bande-Annonce

Réalisation: 14/20

Les softs PSVR ne sont généralement pas réputés pour leur qualité graphique, et pour le coup, Apex Construct s’en sort avec une bonne mention. Coloré, fluide et affichant de jolies animations du côté ennemi, le premier jeu de Fast Travel Games fait honneur aux CV de ses développeurs, ayant notamment contribué à Mirror’s Edge et Battlefield.

Gameplay/Scénario: 13/20

Les bases du gameplay sont solides mais contrées par une foule de petits problèmes, très handicapants une fois mis bout à bout. On appréciera toutefois la combinaison de déplacements libres et de téléportation. Niveau scénario, rien de bien consistant à se mettre sous la dent, le tout étant plutôt prévisible.

Bande-Son: 14/20

Si la voix off intense façon Batman des mauvais jours en fera ricaner certains, le doublage est de qualité. La bande originale est respectable mais n’a rien bien marquant à proposer.

Durée de vie: 14/20

La campagne, qui propose trois niveaux de difficulté, s’étale sur cinq bonnes heures. Si on ajoute les nombreux secrets à découvrir, dont certains inaccessibles lors du premier run, on se retrouve avec une longévité plus que respectable pour un jeu VR, même vendu 30€.

Note Globale N-Gamz: 13/20

S’il souffre des limites du PlayStation VR, Apex Construct est une première production très encourageante de la part de Fast Travel Games, studio sur lequel les fans de productions VR ambitieuses feraient bien de garder un œil attentif.



About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !