Review

Alors qu’ils sont plutôt réputés pour leur série de gestion Tropico, Haemimont Games, studio de développement Bulgare, a décidé de changer radicalement de registre avec un Diablo-like dans un univers proche de Van Helsing. Au menu donc: chasseurs de démons, entités maléfiques et débauche d’effets pyrotechniques pour ce Victor Vran: Overkill Edition sur consoles! Un hack’n’slash digne de son illustre mentor? La réponse dans les lignes qui suivent !

L’enfer en Zagoravie…?

Haemimont Games, créé en 1997 par Gabriel Dobrev,  est le plus grand studio de développement de jeux indépendants en Bulgarie. La boîte est composée de plus de 50 designers passionnés, programmeurs et artistes entraînés qui  nous ont déjà offert des titres tels que la série acclamée Tropico, Grand Ages : Rome ou Omerta : City of Gangsters, bref du City Builder classique et efficace. Et pourtant, il faudra dorénavant compter avec Victor Vran sur Next-Gen et PC, un soft qui lorgne carrément du côté… de Diablo!

Niveau scénario, Victor Vran se rend en Zagoravie sur la demande de son ami Adrian, en plein coeur d’une cité maudite. Pas de chance, votre pote a mystérieusement disparu et vous allez forcément vous lancer à sa recherche, le tout dans une ambiance gothique plutôt réussie.

C’est l’assassinat du Démon, l’assassinat du Démon !

Victor Vran se présente donc sous la forme d’un Hack’n Slash jouable en solo ou en coop locale et online, qui vous propose plusieurs mondes à arpenter, à savoir la Zagoravie qui correspond à la campagne principale du soft, mais aussi Motörhead qui vous demande de combattre les forces du mal grâce à la musique du groupe légendaire et avec l’aide d’une guitare électrique (véridique!) et enfin les Mondes Fracturés qui correspondent à un labyrinthe du chaos destiné à vous mettre à l’épreuve avec pas moin de 205 défis au total à réaliser.

Une fois en jeu, on reste dans le classique avec une vue de 3/4 haut, une jauge de vie, une jauge de pouvoir magique (surpassement) pour utiliser vos capacités démoniaques, des touches de raccourcis au D-Pad pour vous soigner, des attaques à distance au fusil et au corps-à-corps avec votre épée, une esquive et même un coup puissant au au marteau. Bien entendu, le loot répond à l’appel et il vous sera loisible de changer d’armes via la touche R1. A noter, chose plutôt inhabituelle pour le genre, que Victor pourra sauter et même prendre appui sur les murs pour atteindre diverses hauteurs. Enfin, la caméra est totalement manipulable grâce au stick de droite pour procurer la meilleure visibilité possible.

Quand tu as le style, les armes et l’équipement, tu as le pouvoir

Au rayon de votre inventaire, on trouve les Armes (épée, fusil, marteau, faux, révolver, rapière…), les Consommables (potion de santé, bombes, potions diverses…), les Pouvoirs et surtout les Cartes de Destinée qui vous permettent, moyennant des slots et le nombre de points de destinée suffisants pour être équipées, d’activer des capacités passives pour votre héros. Ces cartes peuvent s’obtenir de quatre façons : en montant de niveau, en ouvrant des coffres, en tuant des monstres ou tout simplement chez un marchand.

De leur côté, les pouvoirs démoniaques se révèlent plutôt variés : gel pour ralentir les projectiles ou les ennemis, comètes tombant du ciel pour détruire une zone donnée et d’autres joyeusetés dont je vous laisse la surprise. Comme dans tout Diablo-Like qui se respecte, vous aurez également accès à une zone sûre où converser avec les nombreux PNJ et effectuer un peu de boost d’armes via une machine à transmuation: le Sanctuaire. La durée de vie s’avère plutôt conséquente puisque chaque endroit à explorer propose ses propres des défis à accomplir et ses secrets à trouver. De plus vous devrez revenir dans les zones déjà visitées afin de terminer les primes liées à vos contrats de chasse, histoire de récupérer des tenues uniques et très puissantes influant sur le gain de surpassement ou encore les dégâts reçus ou causés. Enfin, le jeu vous laisse le choix de jouer avec un personnage normal (aucune pénalité s’il meurt) ou un « dur à cuire » dont le stockage d’inventaire est plus réduit mais l’expérience ramassée accrue.

Quelle est cette sorcellerie…?

Le style graphique de Victor Vran, s’il s’avère réussi et détaillé, fait malheureusement un peu trop générique face à des productions à la forte empreinte artistique comme Diablo 3 justement. Les cinématiques, quant à elle, sont réalisées en dessin traditionnel avec quelques petites animations, un peu cheap. Niveau effets spéciaux, par contre, ce cher Victor s’en sort plutôt bien avec des explosions dans tous les sens, des effets de particules travaillés, une fluidité convaincante et une bonne lisibilité de l’action. Du bon boulot qui manque juste un peu… d’âme.

Sur le plan de la bande-son, une voix off narrative plutôt grave, celle de Victor Vran, vous exposera ses pensées tandis que les musiques sont clairement réussies et rythmées, avec des chœurs  et du piano pour un côté épico-gothique pas piqué des vers. Enfin, les bruitages finalisent cette ambiance avec des armes aux sonorités réalistes et des cris de monstre à vous glacer le sang.

Vran en Enfer, Victor !

Dans le genre hack’n’slash, Victor Vran respecte à merveille les codes des grands classiques et propose largement de quoi vous occuper entre les défis, les secrets, le scénario, les 3 mondes différents à faire et toutes les possibilités annexes. Le gameplay est fluide et nerveux, l’ambiance sonore réussie et nul doute que le titre vous amusera sans problèmes. On regrette juste le côté répétitif et, surtout, un manque de personnalité qui aurait pu être pallié par une direction artistique un peu plus osée.

La bande-annonce

Réalisation: 15/20

Le style graphique fait forcément penser à du Diablo, mais la personnalité en moins. On regrette également les cut-scenes ultra cheap en dessin. Pour le reste, c’est fluide, les effets pyrothechniques sont convaincants et l’action lisible. Du beau boulot.

Gameplay/Scénario: 15/20

Un scénario qui aurait pu s’inscrire dans la veine des histoires à la Van Helsing, avec un héros plus sombre qu’il n’y paraît et un univers gothico-gore très réussi. Niveau gameplay, on reste dans le classique du hack’n slash. Efficace et sans temps morts.

Bande-Son: 18/20

Les doublages français sont crédibles, les bruitages pétaradent en tous sens, les cris lugubres des bestioles vous glacent le sang et les musiques ultra rythmées lors des rixes vont bien vous mettre sous tension. De plus, l’aspect gothique est surligné par la présence de choeurs sur les mélodies, pour un résultat envoûtant.

Durée de vie: 17/20

Comptez un sacré paquet d’heures pour obtenir le 100%: entre les étoiles, les 205 défis de la Zagoravie, les secrets, les tenues et quêtes déblocables, le système de craft/transmutation et les deux autres modes de jeu, vous en aurez pour votre argent.

Note Globale N-Gamz.com: 16,5/20

Avec Victor Vran, Haemimont Games tient une licence qui pourrait devenir incontournable avec le temps. En prenant le risque de délaisser les jeux de gestion pour nous fournir un hack’n slash efficace, solide et convaincant, le développeur nous prouve qu’il a du talent, pour peu qu’il nous livre un peu plus de personnalité dans une éventuelle suite. Affaire à suivre.



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Dan
Dan
Salutations! Je suis passionné de jeux vidéo, un peu touche à tout. J'ai commencé à l'âge de 5 ans sur une Jaguar et depuis je collectionne beaucoup (en plus des jeux: statuettes, BD, et manga un peu). Ce que je préfère? Un titre avec un vrai scénario! Bien que je ne sois pas rebuté par un petit Survival/Horror, j'adore donc forcément les RPG, mais aussi les beat'em all et tant d'autres genres encore ! Niveau films, c'est sans conteste le monde de l'horreur qui m'attire (Alien, un mythe en plus d'un chef d'oeuvre), bien qu'il soit devenu difficile de trouver actuellement de bons représentants du genre. Mes jeux préférés? Final Fantasy (du 7 au 10, ainsi que le 12), la saga Assassin's Creed, Red Dead Revolver/Redemption, Prince of Persia, Mass Effect, F.E.A.R. (Alma est... Charmante ^^), Saints Row, Borderlands, Splatterhouse, les WWE de 2007 à 2010 (Legends of Wrestlemania compris), Dragon (Bruce Lee sur Jaguar, quel pied!), ... bon, je vais m'arrêter là, non? ;P