Review

Après avoir bluffé tout le monde avec son Batman Arkham Asylum en 2009, le studio Rocksteady a réussi à nous pondre deux autres opus, Arkham City et Arkham Knight, pour nous livrer rien de moins que la meilleure trilogie vidéoludique dédiée au Chevalier Noir. Bonne nouvelle si vous avez raté le coche, Warner Bros propose aujourd’hui une compilation ultime avec à la fois Return to Arkham, qui contient les Remasters des deux premiers volets sortis sur Old Gen, et l’ultime épisode Arkham Knight paru en 2015 sur Current Gen, en version Premium avec l’intégralité du Season Pass (mais seulement en téléchargement pour ce dernier)! C’est donc parti pour un test en bonne et due forme de ces trois monstres sacrés du jeu vidéo!

Une histoire de dingue !

"Le Joker, léternel Nemesis de notre cher Batman"

« Le Joker, l’éternel Nemesis de notre cher Batman, sera le personnage-clé du double Remaster »

Dans Batman Arkham Asylum, tout commence lors d’une sombre et pluvieuse nuit, aux portes de l’asile d’Arkham. Batman, après une énième échauffourée avec le Joker, ramène ce dernier là où est sa place : son asile douillet! Tout se passe le plus calmement du monde, jusqu’à ce que le criminel joue un vilain tour aux gardiens et s’échappe. Il bloque tous les accès extérieurs à l’île, enfermant donc notre Chevalier Noir dans ce qui deviendra bientôt le gigantesque territoire d’un jeu malsain… Autant dire que Batman va avoir une soirée plutôt chargée, étant donné qu’un bon nombre de ses ennemis sont maintenant libres et déambulent dans les sombres couloirs…

La suite, Batman Arkham City, se passe une année après les événements du premier volet. Un étrange personnage répondant au nom de « Docteur Hugo Strange » saisit toute une partie de Gotham City et l’entoure de murailles qui la coupent du reste de la ville. Dans cette contrée improvisée, il y enferme tous les criminels de Black Gate ainsi que les internés de l’ancien asile d’Arkham. Ne pouvant rester les bras croisés devant les agissements de ce machiavélique scientifique, Batman enfile son costume et se rend à « Arkham City » pour enquêter sur les véritables motivations du génie maléfique. D’anciennes connaissances seront bien entendues plus que ravies d’accueillir notre héros pour lui faire faire une petite visite touristique de leur nouveau chez eux…

Batman revient pour la fin de la trilogie Arkham… et il est bien accompagné!

Enfin l’ultime volet, Arkham Knight, nous place en pleine nuit d’Halloween. Aidé par une mystérieuse figure ressemblant à Batman et se faisant appeler Le Chevalier d’Arkham, L’Épouvantail menace tout Gotham City avec des bombes remplies de sa nouvelle toxine de la peur, plantées partout dans la ville, ce qui a pour conséquence une évacuation entière de la population. Les dernières âmes restées dans la cité sont maintenant des super-villains, des malfrats, la milice du Chevalier d’Arkham et les forces de l’ordre qui se retrouvent en sous-nombre. Batman arrivera-t-il à surmonter cette dernière nuit de folie et sauver sa ville ? Rien n’est moins sûr, mais le Croisé à la Cape ne recule jamais devant un défi…

Un double remaster qui nous amène à…

Le gameplay, dans le double Remaster, est resté intact et le système de combat se révèle identique à ses modèles, autant pour Arkham Asylum que pour Arkham City. Et pour cause ! On ne change pas une équipe qui gagne ! Pour les anciens joueurs de la série, je ne vous apprendrai rien, mais je vais tout de même dresser, pour les nouveaux joueurs qui découvrent peut-être la franchise, un portrait des contrôles et autres spécificités qui font du gameplay de ces deux softs un pur bonheur.

"Le système de combat vous en mettra toujours autant plein les yeux!"

« Le système de combat vous en mettra toujours autant plein les yeux! »

Vous contrôlerez donc un Batman dont vous sentirez le poids à chaque pas que vous ferez. La démarche du chevalier noir est menaçante à souhait et on se prend vite au jeu. Le titre peut se diviser en deux phases distinctes: tout d’abord, l’exploration (ou investigation) dans laquelle vous pourrez vous déplacer en marchant, courant, prenant de la hauteur grâce à votre grappin et même en planant pour couvrir rapidement de plus larges distances. Dans ce mode, vous serez amené à analyser des scènes de crime grâce à vos gadgets pour pister des coupables et isoler des preuves. Bref, la réputation de meilleur détective du monde de Batman ne sera pas usurpée !

Ensuite, vous entrerez dans le mode « combat », durant lequel tout l’arsenal de votre Bat-Ceinture vous servira à filer une dérouillée aux sbires du Joker et autres malandrins, sans parler de votre agilité et de la puissance brute que la centaine d’arts martiaux maîtrisés par Batman viendront apporter à la force développée par sa masse musculaire ! Le système de combat dans les jeux Arkham a d’ailleurs toujours été un point fort de la licence, et fut maintes fois copié par la concurrence. Jouissif, rapide, intuitif et varié, il fait incontestablement partie des raisons liées au succès du soft.

L’Arkham Knight remplace allègrement le joker dans le rôle du grand méchant à abattre

Ainsi, en plus de vos coups de poing et de pieds classiques, vous pourrez effectuer par simple pression d’une touche des techniques de contres, des lancers d’adversaires (dans le mur ou sur un autre criminel, à vous le choix !) ainsi que différentes façons de briser les os de vos ennemis ! Bref, c’est à vous de décider le sort des pauvres malheureux qui se retrouveront sur votre chemin. Après chaque combat, vous gagnerez des points d’expérience qui vous permettront d’améliorer l’armure de Batman, d’acquérir des upgrades de gadgets ou de nouveaux mouvements de combat ! Ce petit côté RPG est le bienvenu et apporte une fraîcheur et une variété qui vont durer assez longtemps durant votre périple!

… un troisième opus incroyable!

Côté gameplay, les bases de l’opus « Knight » restent les mêmes que les Arkham précédents. Un système de combat nerveux, des animations spectaculaires et une variété continue rythmeront votre aventure. Ce système sera agrémenté d’une tonne de nouveaux takedowns, techniques en duo (avec Nightwing, Robin ou même Catwoman) et gadgets que vous pourrez utiliser pour joyeusement briser les os des pauvres criminels de bas étage croisant votre route. Vous débloquerez le tout via un système d’amélioration du personnage, où vous gagnerez des points selon vos performances au combat. Le mode prédateur est bien-entendu également de la partie. Dans ce dernier, vous sentirez vraiment ce que c’est que d’être le Batman. Tapi dans les ombres, caché dans les conduits d’aération ou perché sur les gargouilles qui jonchent Gotham City, vous allez chasser vos proies en vous servant de leurs peurs. Ce mode est, selon moi, le plus fun à jouer car il s’agira ici de vous servir de votre cerveau plus que vos muscles, et c’est tout le concept du personnage de Batman.

"Une mise en scène de haute volée pour une animation... bloquée à 30FPS"

« Une mise en scène de haute volée pour une animation… bloquée à 30FPS »

Tout ceci est bien alléchant, me direz-vous, mais voilà, le clou du spectacle se trouve bel et bien dans le mode de déplacement de Batman. S’il était jouissif de se mouvoir de toit en toit dans Arkham City, et de planer à toute vitesse entre les bâtiments, ici, la carte de jeu est 5 fois plus grande que dans Arkham Origins. C’est là que la Batmobile entre en scène. Le bolide légendaire de Batman est enfin jouable, et c’est un véritable plaisir d’être au volant de ce monstre à quatre roues. Bien équilibrées, fun et accessibles, les commandes de la Batmobile sont terriblement ergonomiques et grâce à elles, la ville ne semble pas trop disproportionnée. En mode combat, la voiture de notre cher Batou devient un véritable Tank. Mitrailleuse, Canons, grenades EMP, bref, vous aurez à disposition tout un arsenal pour vous débarrasser des drones postés un peu partout dans Gotham City par le Chevalier D’Arkham. Cela dit, bien que très amusantes, les séquences de conduite sont un peu trop présentes en début de jeu, et même si cela se calme au milieu du mode histoire, on sent souvent que les développeurs voulaient absolument pousser le véhicule au devant de la scène, et parfois… c’est forcé.

Une réalisation digne du Chevalier Noir

Niveau technique, je vais être direct : les améliorations graphiques du double Remaster ne font clairement pas justice aux jeux originaux, c’est un fait. Je ne dis par là que ces changements ne sont pas visibles : au contraire, certains d’entre eux sont même plutôt réussis comme le Bat-Costume beaucoup plus détaillé, sans parler de la cape qui attire l’attention avec son allure royale et moins buggée que dans la version initiale. Il faut d’ailleurs savoir que Virtuos, le studio qui s’occupe de ce portage, a fait passer le titre de l’Unreal Engine 3 avec lequel il avait été créé à l’époque, à l’Unreal Engine 4, ce qui rend l’ensemble plus lumineux, net et clair.

Techniquement, cet Arkham Knight est incroyable de noirceur!

Seulement voilà… plus lumineux ne veut pas forcément dire meilleur ! Les jeux originaux étaient sombres pour deux raisons : la première, c’est parce que les teintes dramatiquement nocturnes ajoutent à l’atmosphère et se rapprochent du matériau de base de Gotham City et de ses alentours. La seconde, c’est pour cacher habilement les petites difficultés visuelles que pouvaient rencontrer les consoles ancienne génération. Hors dans ce remaster, chaque plante, chaque rocher ou encore la moindre flaque d’eau ressort avec un puissant relief, ce qui nous donne au final des environnements parfois trop « carrés », avec un feeling de Luna Park d’Halloween par moments. De quoi casser quelque peu le côté gothico-romantique que notre imagination créait pour combler le vide des versions PS3 et Xbox 360. Un bon conseil, diminuez au maximum la luminosité… cela vous rapprochera du jeu original, sans l’atteindre néanmoins.

Vous l’aurez compris, pour une vraie claque graphique, il faudra donc se tourner vers Batman Arkham Knight, un jeu visuellement puissant. La ville de Gotham, bien qu’énorme en taille, y est détaillée à outrance. Vous ne trouverez pas deux ruelles se ressemblant, même de loin. Il n’y a aucun effet de « pop-in » comme on le pourrait voir dans un quelconque GTA. Cette prouesse technique ne fait qu’approfondir l’immersion et nous évite de voir la ville de Gotham se construire petit à petit sous nos yeux. Chaque rue, chaque bâtiment et chaque monument sont totalement uniques.

"La différence au niveau des graphismes se remarque, mais pas forcément pour le mieux..."

« La différence au niveau des graphismes se remarque, mais pas forcément pour le mieux… »

Le ton très sombre des comics et de la série animée sont bien-entendu conservés, étant donné que les développeurs se sont sans aucun doute inspirés de ces derniers pour modeler la métropole gothique. Il en va de même pour les modèles des personnages, qui sont impressionnants, mais pas seulement grâce au nombre de polygones qui les constituent. En effet, le design des différents protagonistes est très intéressant. On découvrira ainsi un Batman avec un costume tout beau, tout neuf, mais également le retour des ennemis légendaires de la chauve-souris, dont certains ont droit à leur propre mode histoire en DLC, d’une vingtaine de minutes pour chaque.

Une trilogie d’anthologie…

Si vous n’avez jamais joué à la série des Arkham et que vous possédez une console de la génération actuelle, cette Arkham Collection est forcément indispensable. Return to Arkham est ainsi un très bon point de départ pour découvrir la saga, et même si on regrette aussi que Arkham Knight ne soit disponible qu’en code de téléchargement (une sacrée faute de goût selon nous), le titre arbore le mot « fin » avec brio, faisant honneur aux aventures de l’homme chauve-souris. Rocksteady nous apparaît plus fort que jamais, et nous offre une trilogie chef-d’œuvre qui sera longtemps pris en modèle pour toutes les adaptations de comics ultérieures.

Maintenant que le chapitre du Chevalier Noir est clos, on attend le prochain estampillé DC Comics du studio, qui garde depuis trop longtemps le secret selon nous. Un titre Justice League? On l’espère!

La Bande-Annonce de Return to Arkham

La Bande-Annonce d’Arkham Knight

Réalisation: 17/20

Partant d’une base très solide, les deux remasters n’arrivent pas à réellement embellir graphiquement l’ensemble de l’univers de Gotham. Certes, les textures sont plus détaillées, mais le jeu devient par conséquent plus clair, ce qui gâche l’ambiance gothique et sombre, rendant même les décors moins réalistes. Les expressions faciales souffrent également de ce lissage, et il est déplorable de voir que le jeu ne tourne qu’à 30 fps au lieu des 60 fps que les consoles de cette génération atteignent si bien d’habitude… Enfin, les ralentissements dans Arkham Asylum sont juste inadmissibles. Par contre, la réalisation d’Arkham Knight est vraiment au top. On sent que chez RockSteady, on est fan de DC ! Les graphismes sont travaillés à l’extrême et l’animation fluide à chaque instant, sans parler de la patte artistique juste « dark » comme il faut. Le soin apporté aux détails est vraiment impressionnant, tout simplement.

Gameplay/Scénario: 18/20

Un gameplay fluide et défoulant, des combats nerveux, des parties de chasse stratégiques… vous l’aurez deviné, la jouabilité de la saga Arkham conjugue le gameplay à l’ancienne tout en apportant son lot de nouveautés ! On ajoute à ceci une brochette de costumes téléchargeables gratuitement et trouvables au sein du jeu, chose non négligeable de nos jours ! Enfin, l’histoire principale globale est grandiose, et même si certaines révélations sont un poil décevantes, le tout reste épique et digne d’un scénario de Paul Dini !

Bande-Son: 18/20

Des morceaux orchestraux épiques, des symphonies sombres et mélancoliques qui rendront vos moments en tant que Batman inoubliables, le tout sublimé par un doublage français et anglais d’une qualité inouïe. Les acteurs originaux de la série animée reprennent ici leurs rôles, et les connaisseurs auront les oreilles qui frétilleront d’extase en entendant ces voix familières !

Durée de vie: 19/20

La durée de vie compte double pour les Remasters ! Les modes histoire des deux jeux vous tiendront déjà en haleine pendant plus de 20 heures, et si vous ajoutez à cela tous les modes défis ainsi que TOUS les DLC disponibles d’emblée, vous aurez d’innombrables heures de jeu à votre disposition. (Sans parler des perfectionnistes qui voudront récupérer les trophées de platine…). De son côté, Arkham Knight offre une trame principale très longue, comportant des missions variées, ainsi qu’un mode New Game +, une tonne de missions bonus, de missions en réalité augmentée et des défis multiples. Un pur joyau pour les joueurs en chasse de trophées !

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

Si l’on excepte le fait qu’Arkham Knight ne soit disponible qu’en code de téléchargement et que les remasters graphiques d’Asylum et City souffrent d’une luminosité trop prononcée, cette Batman Arkam Collection représente indiscutablement l’expérience ultime pour les fans de la chauve-souris ! Incroyablement proche du matériau d’origine, les jeux semblent être tout droit sortis des pages d’un comics ! Et pour les fans de la dernière heure, qui connaissent peut-être mieux les longs métrages de Christopher Nolan, sachez que vous aussi vous y trouverez du plaisir. Une trilogie à ne rater sous aucun prétexte si vous êtes passé à côté à l’époque!



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Snakethoot
Snakethoot
Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m'a façonné, elle m'a donné le goût pour les passions qui m'animent aujourd'hui. J'accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l'arôme que l'expérience d'un jeu-vidéo peut m'amener (Appelez-moi le romantique virtuel...). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!