Review

Avec WRC 5, dites au revoir à Milestone, développeur historique de la saga, et bonjour à Kylotonn Games, petit studio français à qui l’on doit des titres aussi « mémorables » que Obut Pétanque ou My Body Coach. Je sais, tout de suite, on a peur… mais on aurait tort puisqu’ils y ont mis du cœur à l’ouvrage, nos Frenchies ! Et il en fallait pour remettre au goût du jour une simulation de rallye qui s’enlisait dans son propre gameplay !

Pas prêteurs chez Milestone ?

A vous les joies du rallye au volant de monstres mécaniques... sur trois catégories WRC!

A vous les joies du rallye au volant de monstres mécaniques… sur trois catégories WRC!

Avant Need for Speed, qui vient tout juste de débarquer sur les étals de nos revendeurs préférés, c’est WRC qui a décidé de se la jouer reboot ! Il faut dire que les français de Kylotonn Games, à qui la franchise venait d’être fraichement attribuée au détriment de Milestone, n’ont récupéré aucune base des jeux antérieurs (vous pensiez encore que le monde du jeu vidéo était plein de copains prêts à s’entraider ? Raté !).

Du coup, ils ont dû repartir totalement de zéro pour développer ce WRC 5ème du nom, ce qui est loin de porter préjudice à cette saga qui avait tendance à faire du surplace… un comble pour un jeu de sport automobile, non ? Le résultat : nouveau moteur de jeu, nouveau gameplay, nouvelles sensations et peut-être un soft qui pose les bases d’un meilleur avenir pour la franchise… qui sait ?

On vous rassure, c’est toujours un jeu de rallye

Les réglages sont très importants et l'aspect simu va même jusqu'à donner vos ordres à vos techniciens entre chaque étape

Les réglages sont très importants et l’aspect simu va même jusqu’à donner vos ordres à vos techniciens entre chaque étape

En premier lieu, vous vous en doutez, WRC vous propose de vous lancer dans des courses… de rallye (sans déconner?) ! Vous pourrez donc parcourir les spéciales retranscrites avec fidélité et rejoindre l’intégralité des équipes de la FIA WRC (qui comprend donc les WRC, WRC 2 et les J-WRC), toujours au volant des voitures phares de la discipline : la Polo de Volkswagen, la DS3 de Citroën avec le grand Sebastien Loeb, La Ford Fiesta, etc…

Ce ne sont ainsi par moins de 13 rallyes qui vous attendent au sein d’un mode carrière basique, certes, mais efficace avec son démarrage en bas de l’échelle (J-WRC) et son lot de constructeurs automobiles qui vous approcheront en fonction de votre style de conduite (je fonce pour arriver premier quitte à ruiner la caisse ou je préfère épargner la mécanique) pour vous offrir de juteux contrats. Un mode course simple a également été implémenté. Dans ce dernier, vous pourrez configurer le véhicule, la météo et l’horaire, de manière à pouvoir, par exemple, jouer de nuit sur certaines spéciales, n’étant éclairé que par la lueur des phares de votre bolide.

Petit bonus : l’option Rewind est de la partie et vous permettra de revenir au « checkpoint précédent » comme si vous n’aviez pas eu d’accident. C’est à peu près tout question nouveauté, le mode carrière restant fidèle à lui-même et à ses prédécesseurs mais vous offrant néanmoins une immersion dans le menu des mécanos puisque vous pourrez les orienter, entre chaque spéciale, vers les réparations à effectuer durant les 45 minutes de temps règlementaires.

Des sensations bien différentes

En vue cockpit ou pare-chocs, les sensations sont grisantes et les réactions de la voiture ultra réalistes

En vue cockpit ou pare-chocs, les sensations sont grisantes et les réactions de la voiture ultra réalistes

Afin de réaliser ce test dans les meilleures conditions, je me suis amusé à rejouer aux anciens segments de la saga, développés par Milestone. Et autant dire que ce qui frappe le plus, c’est le changement radical dans la conduite ! La voiture répond mieux à vos sollicitations, le réalisme est de mise et vous ressentirez vraiment le changement de surface au sol dans les réactions de votre véhicule. Croyez-moi, plus que jamais il faudra doser vos accélérations pour éviter de partir dans le décor. Gros bémol, par contre: l’absence totale de vibrations sur la manette, ce qui entache le ressenti et l’immersion. Il n’empêche, comparé à ses aînés, ce WRC nouvelle mouture nous donne vraiment l’impression de conduire des monstres de la route sur des terrains accidentés, ce qui est une petite prouesse pour un nouveau développeur qui reprend une telle série.

A côté du mode solo, le titre vous propose également une formule multijoueurs, soit en écran splitté, soit online. Hélas, nous n’avons jamais pu nous adonner à cette dernière à cause de bugs répétés faisant carrément planter la partie. On aurait adoré vous en parler puisque ce multi semblait sympathique sur le papier, avec une bataille du chrono classique mais surtout le mode e-sport qui apparaîtra sous peu et permettra de concourir au niveau mondial pour gagner des prix !

On est sur Next-Gen ? Tu es sûr ?

En vue externe, le constat technique de ce WRC 5 est calamiteux! Clipping, aliasing, textures grossières et réactions du véhicule farfelues... Incompréhensible!

En vue externe, le constat technique de ce WRC 5 est calamiteux! Clipping, aliasing, textures grossières et réactions du véhicule farfelues… Incompréhensible!

Si les sensations de jeu de ce WRC 5 supplantent celles de ses aînés, il n’en est pas de même pour sa réalisation, indigne d’une console Next-Gen. Certes, le jeu est très fluide et certaines modélisations de voitures sont plutôt réussies (pas toutes, hélas), mais les dégâts ne sont pas vraiment réalistes et les environnements sont loin d’égaler les titres références comme Forza, DriveClub ou Project Cars. Il y a beaucoup trop d’aliasing, de même qu’un clipping omniprésent, et les textures sont loin d’atteindre des sommets. On se croit clairement sur Old-Gen à ce niveau. De plus, si question camera vous aurez accès à trois vues distinctes, seules deux sont vraiment jouables (cockpit et pare-chocs) et offrent un bon sentiment de vitesse et de dérapage. La vue externe est, en effet, totalement ratée, voire-même bizarre à regarder avec une voiture qui ne semble pas du tout adhérer au terrain et une molesse phénoménale dans l’animation. Vraiment étrange… on croirait presque deux jeux différents.

En ce qui concerne la bande-son, on peut dire que les sound-designers ont vraiment fait un excellent boulot en réussissant à reproduire quasi fidèlement les bruits des moteurs et des turbos de nos monstres mécaniques. Le doublage du copilote est également clair et intelligible bien qu’un peu robotique, mais il souffre hélas de quelques bugs très gênants. De fait, vous pourrez parfois vous retrouver carrément tout seul, sans aucune indication de la part de votre compagnon de route qui aura décidé de vous laisser vous débrouiller en se plongeant dans un profond mutisme. Certes, au début on pense à un réalisme poussé avec une panne du système informatique et de la transmission radio suite à vos sorties de route, mais il n’en est rien. Quand on connaît l’importance d’un copilote en rallye, on se dit que c’était l’erreur à ne pas commettre de la part des développeurs !

Encourageant mais largement perfectible

Il faut l’avouer, WRC 5 nous offre d’excellentes sensations, bien meilleures que ses aînés développés par Milestone. Malheureusement, le titre souffre de bugs vraiment énervants, d’une réalisation en dent de scie qui fait tâche sur Next-Gen, et d’une vue extérieure totalement injouable et soporifique. Avec quelques patchs salvateurs, l’ensemble pourrait néanmoins s’avérer très bon et surtout poser les bases d’un avenir prometteur pour la série si Kylotonn Games prend ces remarques en compte.

La Bande-Annonce

Réalisation: 14/20

Même si Kylotonn Games a permis à WRC de faire de gros progrès sur la gestion de la physique des véhicules, l’aliasing et le clipping omniprésents en course gâchent la fête, sans parler des décors dont les textures sont indignes de la Next-Gen. Enfin, la vue extérieure est « molle » au possible. En interne, par contre, sensations et vitesse d’animation assurées !

Gameplay/Scénario: 15/20

Le scénario n’est pas franchement intéressant, se contentant de vous faire démarrer tout en bas de l’échelle en mode Championnat et vous permettant d’opter pour tel ou tel contrat de constructeur suivant vos performances. Niveau gameplay, les sensations sont excellentes et il faut vraiment doser son accélération pour passer les virages. On ressent clairement la nature changeante du terrain et son impact sur les réactions des véhicules. Dommage, par contre, que la vue externe soit si mal fichue!

Bande-Son: 15/20

Les effets sonores du moteur ou du turbo sont vraiment bien retranscrits pour un haut degré d’immersion. On regrette juste la voix un peu trop robotisée de votre copilote et surtout les bugs qui plongent ce dernier dans un profond mutisme par moments.

Durée de vie: 13/20

Si la carrière s’annonce comme longue pour peu que vous vouliez réussir toutes les épreuves, une fois passée, il faut bien avouer qu’on tourne en rond, le titre proposant juste un multi totalement buggé et une course rapide. Heureusement que le futur mode e-sport viendra ajouter un peu de piment dans tout ça.

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

Les français de chez Kylotonn Games sont sur la bonne voie et évitent la sortie de route en reprenant la franchise WRC. Même si le résultat est encore fragile techniquement et gangréné par des bugs frustrants, cet épisode a au moins le mérite de proposer d’excellentes sensations de jeu et d’annoncer un futur plaisant pour la franchise si les développeurs ne se reposent pas sur leurs lauriers.



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Arkamis
Arkamis
J'ai appris à connaître les jeux vidéo très tôt, grâce a mes frères, avec la NES, la Master System, et j'en passe. J'y ai découvert un univers de rêve qui, 15 ans plus tard, me réserve toujours autant de surprises et de plaisir, que ce soit rétro ou current gen