Review

Sorti sans faire grand bruit en 2010, Sniper : Ghost Warrior avait laissé froid la plupart des critiques et des joueurs, la faute à une réalisation faiblarde et truffée de bugs et à un gameplay pas forcément bien pensé pour les fans de snipe auxquels il se destinait. Pas découragés pour autant, les développeurs de CITY Interactive repartent à la charge avec une suite sobrement intitulée Sniper : Ghost Warrior 2. Une bonne nouvelle pour les fanas de camping sauvage ?

Fusil à lunette, fusil à…

Sniper 2 vous fera voir du pays

Votre nom ? Cole Anderson. Votre mission ? Contrecarrer les plans de méchants bonhommes qui veulent s’emparer d’une arme biologique extrêmement puissante. Heureusement, vous pourrez compter sur vos talents de sniper, qui n’ont d’égal que votre manque saisissant de charisme.

Voilà la base du scénario de ce Ghost Warrior 2. Alors oui, ça évolue en cours de route et on se retrouvera donc à devoir faire face à des trahisons, des fantômes du passé menant à un flash back et des désobéissances pour le bien de l’humanité. Concrètement, c’est plat, très mollement mis en scène et on finit très vite par s’en contrefoutre poliment. Pas grave, vu qu’on est là pour tirer son coup, pas pour faire causette.

Prendre un sniper par la main…

La bullet cam accompagne certains tirs réussis

Le but du jeu est donc de se frayer un chemin à travers diverses zones occupées par l’ennemi (pas fort malin, d’ailleurs) et d’atteindre des points d’observation idéaux pour faire mouche le plus efficacement possible. Si l’on pourrait s’attendre à devoir procéder de manière stratégique afin de trouver l’angle parfait, les développeurs ont opté pour une toute autre approche : la linéarité et l’accessibilité à tout prix. En gros, on avance dans des zones faussement ouvertes faisant office de large couloir, généralement guidé par un compagnon qui se chargera de vous indiquer les cibles prioritaires. L’ensemble prendra donc souvent des airs de tir au pigeon à taille humaine, d’autant plus si vous n’optez pas pour le mode de difficulté le plus élevé, fortement conseillé : en Facile et en Normal, un point rouge s’affichera  après avoir visé un court instant pour vous indiquer précisément quel endroit atteindra votre balle. En mode Difficile, il vous faudra par contre prendre en compte la distance et la direction du vent pour ne pas manquer votre cible. Mais là encore, rien de bien compliqué pour les accros de la gâchette virtuelle.

Le jeu présente tout de même quelques subtilités. En pressant doucement la gâchette au lieu de la massacrer, le tir provoquera un recul moindre et le tir sera plus précis, tandis qu’une autre touche permettra de ralentir le temps. Ces deux éléments se révèlent au final tout à fait accessoires et on finit vite par les oublier, tout comme la bullet cam suivant la trajectoire de certains tirs particulièrement réussis, marrante au début mais pas assez spectaculaire pour enthousiasmer sur la durée.

De la balle ?

Si ça, c'est pas du gameplay assisté…

Le changement le plus appréciable depuis le premier volet vient sans conteste de l’aspect visuel. Le jeu carbure désormais au CryEngine3 et affiche donc de jolis environnements assez variés : on voyagera de la jungle philippine à un temple tibétain en passant par les rues assiégées de Sarajevo. On n’échappe toutefois pas à certains décors inégaux, des textures pas toujours très détaillées et des animations particulièrement raides.

Plongé l’arme au poing dans ces environnements colorés et généralement agréables à l’œil, ces séances de snipe assistées se montrent agréables, mais montrent vite leurs limites. La lassitude ne tarde pas à pointer le bout de son nez, mais le jeu n’est de toutes façons pas assez long pour donner envie de lâcher la manette avant d’en voir la conclusion. On pourra tenter de prolonger l’expérience en s’adonnant au multi, mais son très faible contenu (un Team Deathmatch entre 12 joueurs sur seulement 2 maps !) ne risque pas d’attirer les foules bien longtemps.

Headshot?

Sniper : Ghost Warrior 2 n’a donc rien d’un grand jeu. C’est une séance de tir accessible qui prend constamment le joueur par la main, quitte à lui donner le sentiment de prendre part à une grande visite guidée meurtrière. Le titre étant proposé à prix doux à son lancement, il est clair que CITY Interactive n’avait pas pour ambition de proposer un blockbuster repoussant les limites du genre, mais simplement d’offrir quelques petites heures sans prise de tête aux campeurs en manque. Et vu comme ça, on peut dire que le contrat est en grande partie rempli.

Le test vidéo par Neoanderson

Réalisation: 14/20

Le CryEngine 3 a beau ne pas être exploité au maximum de son potentiel, le jeu affiche tout de même de beaux environnements assez variés. On regrettera néanmoins des animations raides, des textures pas toujours au top et des cinématiques moches et platement mises en scène.

Gameplay/Scénario: 13/20

Entre séances de tir à distance et infiltration musclée, on reste dans du classique. Le soft étant très dirigiste et aisé, autant opter directement pour le mode Difficile pour ne pas voir son travail mâché, la faute à des indications omniprésentes à l’écran gâchant toute la satisfaction liée à un tir bien effectué. Quant au scénario, on nage dans la banalité et le tout s’oublie une fois la console éteinte.

Bande-Son: 12/20

Rien de bien marquant, ni de honteux à ce niveau : les musiques accompagnent l’action sans jamais attirer l’attention, les doublages français sont corrects sans être d’une qualité époustouflante et les bruitages sont dans la moyenne du genre.

Durée de vie: 12/20

Il faut compter entre 4 et 5 heures de jeu pour en voir le bout en solo et le multi rachitique n’est là que pour faire acte de présence. Le jeu étant sorti à prix doux, on pourra pardonner cette faible longévité.

Note Globale N-Gamz.com: 12/20

Trop facile et dirigiste, Sniper : Ghost Warrior 2 ne marquera pas les esprits mais pourra satisfaire les adeptes de snipe quelques heures durant, à condition de ne pas être trop regardant sur ses nombreux petits défauts et son manque d’ambition.



About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !