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Retour vers le Futur: un cocktail détonnant d’action, d’humour et de science-fiction contemporaine mis en scène au sein d’une trilogie cinématographique culte par un Robert Zemeckis tout simplement génial! Voilà comment on pourrait résumer l’aura qui émane de l’évocation de ce titre. Alors quand Tell Tale Games décide de nous livrer un point & click avec une histoire originale inspirée des longs métrages, on ne peut que trépigner d’impatience tant le format choisi semble adapté à l’instauration d’une intrigue dense et foncièrement plaisante. Après nous avoir sorti les cinq épisodes composant ledit soft sur le PSN et le XBox Live, le développeur s’allie à Deep Silver pour nous proposer l’intégralité du contenu en version boîte. Si vous êtes ultra-fans de la trilogie, ce test devrait clairement vous intéresser.

88 miles per hour!

Le jeu utilise un scénario alternatif passionnant!

Le jeu, comme son nom l’indique, reprend l’univers de « Retour Vers Le Futur », la trilogie, mais pas les film à la lettre. En effet: il respecte l’univers MAIS on ne se contente pas de jouer bêtement les scènes cultes du film, que tout le monde connaît (sinon honte à vous^^, cela ne doit d’ailleurs pas vous empêcher de revoir les films pour le plaisir). Certes, le soft débute par une séquence familière: l’entrevue nocturne de Marty Mac Fly, adolescent fan de rock et de skate-board, et son vieil ami, le Docteur Emmet Brown, scientifique un peu fou, sur le parking d’une surface commerciale. Le but de cette rencontre: mettre sur pellicule le premier véhicule spatio-temporel jamais inventé: une Dolerean customisée créée par le Doc. Vous connaissez la suite: Einstein, le chien d’expérimentation, prend place dans la voiture, cette dernière atteint la vitesse critique de 88 miles par heure, et le tout disparaît dans une traînée de flamme, avant de réapparaître une minute plus tard au même endroit, sous le regard médusé de Marty et les cris de joies du Doc.

Et si tout cela ne s’était pas ainsi? Et si, par un curieux hasard, Einstein ne réapparaissait pas? Pire: et si Doc se mettait lui aussi à disparaître? C’est donc par ce cliffhanger extrêmement intéressant que débute l’histoire du soft. Votre objectif durant les cinq chapitres que composent le jeu sera de retrouver le Doc au travers de différents espaces-temps, et surtout de comprendre pourquoi votre réalité semble si différente de celle relatée dans les films. Fort heureusement, bien que l’intrigue soit basée sur le voyage dans le temps, celui-ci ne sera aucunement comptabilisé au cours des missions. Imaginez: les compteurs deviendraient fous^^.

Une bonne idée de départ…

Vous allez vivre des situations assez insolites avec le voyage spatio-temporel

Effectivement, le fait que les histoires présentées soient « parallèles » au film et présentent de nouveaux personnages (en plus de faire des révélations sur certains protagonistes déjà existants) est assez rare pour être souligné. C’est intéressant, original, et démarque ainsi clairement la licence des autres adaptations plus basiques. Un exemple: vous devrez, dans le premier chapitre, délivrer Doc en 1931, avec l’aide du Emmet de la même époque, soit avant qu’il ne devienne scientifique. Et comme dans les films, les deux personnages ne doivent pas se croiser, sous peine d’écroulement du continuum espace-temps. Imaginez les situations insolites auxquelles vous risquez d’être conviés.

Hélas, si niveau scénaristique, le jeu enfonce le clou de fort belle façon, le reste n’est pas vraiment à la hauteur de l’excellence de la trilogie. Ainsi, coté décors, bien que ceux-ci soient basés sur une retransposition « fidèle » à l’esprit des films, on a parfois clairement l’impression de faire du retrogaming tant les textures sont basiques et semblant tirées de l’ère PS2. Les protagonistes arborent un petit cartoon qui les rend aisément identifiables, mais là encore cela aurait pu, aurait du même, être plus poussé au regard de la puissance des consoles next gen. Fort heureusement, l’aspect sonore rehausse le tout avec des thèmes directement tirés du cinéma et reconnaissables entre tous, de même que des voix anglaises (le jeu est VOSTF, donc configurez les sous-titres!) interprétées par les acteurs de la trilogie, à l’exception de Michael J.Fox. Pas de panique néanmoins, la voix d’origine du Doc et celle du remplaçant de MJFX sonnent tout aussi bien que le duo primitif. Un régal, tout simplement.

…mise à mal par un gameplay inadapté !

En pratique, cela devient assez injouable: la faute à des angles de caméra très mal choisis et une maniabilité qui se remet à zéro dès qu’on change de plan

Et oui, car c’est là le gros défaut du soft: son gameplay. A la base, le titre se veut être un click & point orienté console. Entendez par là que vous dirigez Marty vers différents objets ou personnages avec lesquels vous devez interagir ou discutez (mention spéciale aux nombreux choix de dialogue, d’ailleurs) pour résoudre des énigmes et passer au chapitre suivant. D’habitude cantonné au PC, ce type de jeu se pratique généralement à la souris. Bien entendu, cela est impossible sur console et TT Games a du mettre au point un nouveau style de maniement. On dirige donc Marty avec le stick de gauche pendant que celui de droite vous permet de navigue d’un objet interactif du décor à un autre, tant qu’ils sont dans votre champ de vision. Après, il suffit d’une simple pression sur une touche pour vous rapprocher et, au choix, prendre l’objet ou l’observer. En théorie, ça semble enfantin.

Oui mais voilà: en pratique, cela devient assez injouable, voire même carrément frustrant. La faute à des angles de caméra très mal choisis et une maniabilité qui se remet à zéro dès qu’on change de plan (imaginez: vous amenez Marty vers le bas de l’écran en poussant…vers le bas. Et puis d’un coup PAF! Changement de plan, et le bas vous amène: vers le haut! Vous faisant revenir à l’écran précédent). Le souci vient également de passages semblant accessibles mais pourtant pavés de murs invisibles, alors que deux mètres plus loin, vous pouvez passer. Clairement horripilant. Enfin, certaines séquences, comme l’épreuve de science du premier chapitre, pâtissent de la mauvaise gestion du stick gauche, qui revient systématiquement  son point initial ou est géré de manière aléatoire…vous obligeant à recommencer ledit passage à de nombreuses reprises. Bref, il va falloir vous accrocher.

Gr33k Gods!

La jouabilité vous fera souvent prendre un objet au lieu d’un autre

Vous l’aurez aisément compris, Retour Vers le Futur ne plaira qu’aux fans de la saga, grâce à son histoire alternative passionnante. Les autres jetteront vite l’éponge devant un soft techniquement limite et au gameplay ultra frustrant. C’est vraiment dommage car l’idée du point & click avait tout pour séduire, mais sa mise en pratique sur console ne rend pas autant honneur qu’on l’aurait souhaité à la trilogie originale. En clair, ce jeu est pour les ultra-fans, qui y verront une bonne occasion d’approfondir leurs connaissances de l’univers (ou espace-temps ?) de Back to The Future, et tester ce qu’ils savaient déjà sur le sujet.

 

 

Le vidéo-test

Réalisation: 12/20

Les graphismes sont juste honnêtes, à la limite du retrogaming PS2, même si le style cartoon permet de reconnaître clairement les personnages. L’animation ne souffre pas de ralentissements mais les personnages souffre d’une certaine raideur dans leurs mouvements.

Gameplay/Scénario: 14/20

Le gameplay est hasardeux, avec des déplacements sans cesse gênés par les angles de caméra et la maniabilité qui change sans arrêt. On peste souvent car on arrive pas à sélectionner convenablement un objet. Pire: le retour mal géré du stick de gauche vous fera parfois rater un objectif, vous obligeant à recommencer la séquence. Fort heureusement, le scénario est passionnant, original et vous tiendra largement en haleine. Le Point & Click était une bonne idée, mal calibrée hélas…..

Bande-Son: 17/20

Rien à redire à ce niveau: les thèmes du film sont fidèlement repris, et apportent une très bonne ambiance pour les fans de la trilogie. Quant aux voix, elles sont clairement à la hauteur pour les amateurs de VO. Le meilleur aspect du jeu, tout simplement.

Durée de vie: 13/20

Si vous aimez résoudre les énigmes, vous passerez environ dix à douze heures avant de voir la fin du soft. Attention cependant, il faut clairement être fan de la franchise. Si ce n’est pas le cas, revenir sans cesse sur les répliques et actions à effectuer pour trouver la bonne combinaison d’enchaînement s’avèrera vite répétitif.

Note Globale N-Gamz.com: 12/20

Le jeu s’adresse clairement aux férus de la trilogie et ne plaira qu’à ceux-là. Graphiquement trop simple et au gameplay qui nuit clairement au plaisir de jeu, Retour vers le Futur est sauvé par son histoire originale est passionnante. Il n’en reste qu’il n’atteint à aucun moment le génie des films dont il est inspiré. Dommage, mais cela n’en fait néanmoins pas un mauvais jeu. Tout dépend du public cible dans lequel vous vous situez: fan ou non.

Remerciements
A Robert Zemeckis pour avoir fait une telle trilogie, en sachant s’arrêter à temps. A Deep Silver et TT Games pour le jeu, qui sort du lot des adaptations. Et à H.G. Wells sans qui cet univers ne serait jamais venu au monde. (bizarre, cette phrase, mais bon…). Pas à mon Moi d’hier d’avoir fait une fausse manip’ : j’ai dû tout retaper de mémoire tôt ce matin…
POUR INFO:  La trilogie est disponible en Blu-Ray et DVD.



About the Author

Ichiman
Kidult* fan d'animation de titres tels que Goldorak et autres séries des années 80, et je peux parler des heures de mes séries favorites de l'époque. MAis j'ai aussi découvert d'autres séries, comme celles du Club Dorothée... Amoureux du Japon, j'ai étudié la langue pendant un an (mais je ne suis pas un expert) tout en essayant de regarder des séries en VOSTFR pour m'améliorer. Je vends des jouets, en particulier des figurines. Etant attentif à tout ce qui peut donner de bons produits dérivés, je zyeute la télé et les sorties ciné. C'est comme ça que j'ai découvert Ben 10, et déniché ce qui allait faire un carton en boutique (quand on a de la came : je bosse aux Galeries Lafayette :s ). J'aime la Pop, le Rock, le Heavy Metal, et j'apprécie la musique du monde. Je dessine à l'occasion, et j'espère bientôt écrire mon premier manga narrant les (més)aventures d'Ichiman. "Man" ou "Ichiman" siginifie (1*)10.000. Jeu de mots pourri, qui fait toujours rire. *Kidult =Kid+Adult. Adulte qui reste nostalgique de son enfance et qui aime en posséder des témoignages (Films, séries télé, musique...). Contrairement à l'Adulescent, qui est un enfant qui a grandi mais pas mûri.