Review

Les portages HD d’épisodes portables issus de grosses licences ont le vent en poupe. Après Resident Evil Revelations, Castlevania : Mirror of Fate et autre Assassin’s Creed Liberation, c’est au tour des aventures de poche de Batman de tenter de rentabiliser au maximum leur développement et d’atterrir sur les différents services de téléchargement dans une version reliftée, quelques mois à peine après la sortie du gros morceau Batman : Arkham Origins.

Les portes du pénitencier…

Le système de combat n’a presque pas souffert du passage à la 2D

L’histoire, classique au possible, se déroule après les événements narrés dans Batman : Arkham Origins. Batman y fait la rencontre de la sensuelle et féroce Catwoman, avec laquelle il sera forcé de coopérer afin de contrer les plans du Pingouin, de Black Mask et du Joker, chacun s’étant accaparé une partie de la prison de Blackgate, en prenant le personnel en otage au passage.

Le scénario ne cherche pas à innover et n’est qu’un prétexte pour justifier l’optique choisie par les développeurs : un Batman Arkham à la sauce MetroidVania, avec gameplay sur un plan en 2d et une exploration plus ou moins libre (on peut entamer son périple par n’importe quel quartier) entravée par l’obligation de débloquer de nouveaux gadgets pour accéder à des zones autrefois inaccessibles. Que donne cette recette à la mode une fois associée au gameplay typique de la franchise Arkham ?

Arkham Light

Certains combats de boss (ici, contre Deadshot) sont plutôt bien vus

Gameplay en 2D ou pas, Batman Arkham Origins Blackgate – Deluxe Edition reprend finalement à la lettre ce qui a fait le succès des volets principaux de la saga. On y trouvera donc quasi intact le système de combat à base de contres et de combos à enchaîner d’une simple pression, les phases dites « Prédateur » qui demandent de vider le plus discrètement possible une salle de ses occupants ou encore les fameux gadgets, tous tirés ou inspirés de ceux dont disposait Batman dans ses précédentes aventures.

Le fait de se retrouver en terrain connu est à double tranchant : si on est au départ enthousiaste de renouer avec les éléments qu’on a pu apprécier par le passé et de découvrir leur application dans un genre de jeu quelque peu différent, on déchante assez vite quand on se rend compte que le choix d’une formule à la Metroidvania s’était sans doute opéré au départ pour gérer au mieux la différence de puissance existant entre les consoles portables et leurs  consœurs de salon, et non pas comme un vrai parti pris de gameplay.

Si les combats s’en tirent plus ou moins honorablement (mention spéciale tout de même aux combats de boss, parfois ingénieux), malgré une certaine mollesse et l’impossibilité de débloquer de nouveaux combos, les phases de Prédateur souffrent de la transition en 2D en s’avérant nettement moins praticables et plaisantes à jouer. Idem pour l’exploration, qui finit par se limiter à des allers-retours interminables dans des couloirs vides (les ennemis éliminés le restant à jamais) ne demandant pas vraiment de grande dextérité pour être parcourus, la gestion des sauts étant encore une fois automatique. Contrairement aux apparences, on n’est donc pas ici face à un jeu de plates-formes mais face à un Batman Arkham s’étant froissé les ailes en tentant une approche différente.

Alfred to shoot strangers

La mise en scène façon BD animée n’est pas toujours du meilleur goût

Au niveau de la forme, si les origines portables du soft se font évidemment ressentir au niveau de certaines textures et animations, les graphismes n’en restent pas moins tout à fait honnêtes et peaufinés pour cette édition Deluxe sur PC, PlayStation 3 et XBox 360. La mise en scène opte quant à elle pour des cinématiques façon comic books animés, au rendu parfois un peu cheap mais qui font tout de même l’affaire pour raconter une histoire qui, comme écrit précédemment, ne passionnera de toute façon pas les foules.

La partie sonore est quant à elle fidèle à ce qu’on trouve dans les autres volets et les doubleurs originaux d’Arkham Origins rempilent pour cet épisode. Encore une fois, on est en terrain connu et pour le coup, ce n’est pas forcément un mal.

Batman Arkham au régime

Malgré tout le bien que l’on pense de la saga, difficile de recommander chaudement cet Arkham Origins Blackgate – Deluxe Edition. Sans faire figure de daube, le soft ne justifie tout simplement pas vraiment sa place hors du marché portable, étant donné qu’il n’arrive que très rarement à procurer le plaisir ressenti en jouant aux épisodes principaux et qu’il ne parvient pas non plus à se faire une place sur le marché des MetroidVania téléchargeables, qui ont également vu passer des softs bien plus intéressants (citions, entre autres, Dust : An Elysian Tail et Shadow Complex, auquel le soft fait parfois fortement penser). À recommander uniquement aux fans de ce cher Batou excités à l’idée de l’accompagner le temps de 6 ou 7 heures, aussi oubliables soient-elles.

La bande-annonce

Réalisation: 14/20

Forcément moins fin que les épisodes de salon, le soft s’en tire tout de même avec les honneurs. On pourra toutefois émettre quelques réserves sur la mise en scène façon bande dessinée animée, pas toujours du meilleur goût.

Gameplay/Scénario: 11/20

Si l’idée d’adapter le gameplay de la série des Arkham à la sauce MetroidVania pouvait séduire sur le papier, le résultat final se révèle plutôt décevant à quelques exceptions près (dont certains combats de boss assez réussis), la faute à une exploration rébarbative et des phases parfois mal adaptées à un gameplay en 2D. On ne s’étalera pas sur le scénario, simple prétexte pour envoyer Batman tataner du vilain.

Bande-Son: 14/20

La bande-son est en tous points fidèle à ce qu’on pourrait attendre d’un jeu de la série, qu’il s’agisse de la bande originale, des effets sonores ou des doublages (en anglais sous-titrés en français). Plus qu’honnête, donc.

Durée de vie: 13/20

Si la trame principale demandera entre 6 et 7 heures pour être parcourue, les plus acharnées pourront rajouter 2 ou 3 heures de plus pour explorer le moindre recoin de la prison de Blackgate et débloquer divers bonus (santé, résistance). Vu la répétitivité de l’ensemble et la tristesse des allers-retours une fois les couloirs vidés, on doute qu’ils soient nombreux.

Note Globale N-Gamz.com: 11/20

Malgré toutes les réserves émises ici, on ne qualifiera pas Batman Arkham Origins Blackgate – Deluxe Edition de mauvais jeu, il s’agit simplement d’un amuse-gueule vite digéré à destination des plus affamés de bat-aventures. Les autres n’ont plus qu’à prendre leur mal en patience en attendant Batman : Arkham Knight, le prochain volet développé par Rocksteady.



About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !