Review

Si Super Meat Boy rencontrait un Ninja qui doit détruire une horde de robots nazis, le résultat pourrait paraître assez étrange. Et pourtant, 10 Second Ninja est un jeu qui part habilement de cette hypothèse pour nous offrir un savoureux mélange. Développé par un seul homme, ce soft, disponible sur Steam pour un prix d’environs huit euros, mérite que l’on s’y attarde, pour peu que l’on soit patient et adepte de scoring. Explications.

Un seul homme aux commandes
Seul un Ninja peut nous sauver des… robots nazis!

Développé par un seul homme, Dan Pearce, 10 Second Ninja est un jeu indépendant surfant sur la vague instaurée par Super Meat Boy. L’histoire nous place cette fois aux commandes d’un petit ninja armé d’une épée et de trois shurikens, qui va devoir détruire une horde de robot nazis menés par, on vous le donne en mille, le terrifiant « Robot Hitler » ! Le scénario ne paie pas de mine, vous en conviendrez, mais le résultat est vraiment bourré d’humour, croyez-nous !

Quand la folie vous guette

10 Second Ninja est un jeu au gameplay simple, mais diaboliquement efficace. Le joueur dirige son personnage en vue de profil dans des niveaux retors qui ne sont constitués que d’un seul écran, et doit éliminer tout les robots de la carte en un temps record. Plus vous êtes rapide, plus le score sera élevé. Le résultat final est exprimé en étoiles, à la manière d’un Angry Birds, en infiniment plus corsé. Gros avantage par rapport à la concurrence, le timer ne démarre pas au début du tableau, mais seulement quand vous commencez à bouger. Idéal pour prendre son temps et calculer la meilleure trajectoire possible.

La course au scoring est lancée!

Votre ninja dispose donc de 3 Shurikens, qui partiront en ligne droite mais traverseront les ennemis, d’un double saut et d’une épée, utilisable à l’infini. Un équipement léger, certes, mais diablement mortel. Ajoutez à cela la possibilité d’utiliser le décor comme arme, avec des dalles ou des pics de glace qui s’écroulent au passage de votre héros pour faire chuter ou écraser les ennemis, et vous comprendrez que la réflexion sera de rigueur avant d’effleurer une flèche de clavier du doigt… Le comble arrive sans conteste lorsque des portails de téléportation rappelant un certain « Portal » justement, s’en mêlent.

Pour pousser le vice encore plus loin, des boss viennent entrecouper les différentes zones. Si vous voulez avoir une chance de les affronter et de passer à l’étape suivante, il faudra obtenir un certains nombre d’étoiles par niveaux, et donc s’acharner à faire le meilleur score possible. Et dans 10 Second Ninja, la pression et l’énervement montent très vite. Que ça soit en dépassant le temps imparti, en manquant de Shurikens, en se suicidant dans le décor, et j’en passe, vous allez voir vos vies s’enchainer à une vitesse folle. Vous vous énervez vite? N’êtes pas patient pour un sou? Un conseil : abandonnez, ou vous pourriez très vite sombrer dans… la folie !

Techniquement moyen

Graphiquement, le jeu fait cheap

Graphiquement, 10 Second Ninja se veut épuré. Parfois un peu trop. Le tout reste correct, certes, mais pour le prix affiché, on aurait quand même aimé voir un peu plus de détails dans les tableaux. Des robots collés sur un fond décoré de manière simpliste, ça va un peu, mais à la longue on est très vite déçu de voir que le titre n’est pas un peu plus travaillé à mesure que les niveaux se dévoilent à nous. Autre chose qui fâche légèrement : les ralentissements lorsque trop d’ennemis sont présents simultanément sur un niveau.

Côté son, les musiques, bien que très sobres et parfois un peu trop discrètes, illustrent assez bien le thème général de chaque tableau. On regrette par contre le doublage des robots lors des cut-scènes, qui s’apparente à un bruit de yaourt hyper désagréable à l’oreille. Sur ce point aussi, un travail supplémentaire aurait pu être fait.

Speedrunner, et adepte du genre ?

Soyons direct, 10 Second Ninja n’est pas un jeu à mettre entre toute les mains. Il faudra faire preuve d’acharnement et de beaucoup de dextérité pour terminer le titre sans finir par exploser son clavier ou sa manette. Le soft n’est pas aussi complet et intéressant que certains autre Die & Retry, mais mérite quand même que l’on s’y intéresse si l’on aime le challenge.

La bande-annonce

Réalisation: 13/20

Bien qu’agréable à regarder, 10 Second Ninja reste un peu trop simple graphiquement, et se permet même de ralentir par endroits, notamment lors de certains stages affichant plus de 4 adversaires à l’écran.

Gameplay/Scénario: 15/20

Un scénario basique, mais avec une bonne dose d’humour pour peu que l’on ait le sourire facile, des commandes simples, intuitives et surtout entièrement personnalisables, et un principe de jeu très vite addictif pour qui est adepte du scoring : 10 Second Ninja sait faire la différence à ce niveau.

Bande-Son: 12/20

Des doublages pas toujours très efficaces, voire même parfois un peu lourds. Heureusement que la musique légère et discrète colle bien au thème de chaque tableau.

Durée de vie: 14/20

Pour les plus acharnés, le challenge sera de taille. Finir chaque niveau en obtenant les trois étoiles n’est pas une mince affaire. Pour les autres, si vous vous contentez du minimum requis pour débloquer chaque tableau, le jeu se terminera en deux heures, peut-être trois au maximum.

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

10 Second Ninja est un jeu assez intéressant si l’on aime les Die & Retry. Hélas, en explorant le soft en profondeur, on constate clairement qu’il reste de nombreux défauts. Le manque de profondeur dans les graphismes, les ralentissements et les bruitages un peu trop minimalistes ternissent le tableau, c’est un fait, surtout vu le prix qui me semble un peu excessif pour ce que le titre a à nous offrir au final. Néanmoins, l’amusement est bel et bien présent et le côté addictif prend très vite le pas sur ces quelques fausses notes. 10 Second Ninja est donc un jeu à réserver aux vrais fans du genre ou aux amateurs de défis relevés adeptes du scoring.



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Eneara
Eneara

Eneara, collectionneur et passionné de jeux vidéo depuis pas mal d’années. Amateur de cinéma, de lecture et de jeux de plateau, je suis aussi très attiré par tout ce qui touche au retrogaming. J’aime les jeux à scénario, l’action, et parfois me faire peur devant un bon petit jeu bien flippant.
Facebook: Aurélien Eneara Ulsas