Review

Source intarissable génitrice d’innombrables œuvres s’étalant sur de nombreux domaines, la thématique du voyage dans le temps s’invite aujourd’hui sur Xbox One et Xbox 360 grâce au studio indépendant canadien Capybara Games, Capy pour les intimes. Super Time Force vous invite donc à méditer sur les conséquences qu’engendrerait l’utilisation de pouvoirs permettant de remonter le temps et à entamer une vraie réflexion sur tout ce que cela impliquerait pour le monde tel que nous le connaissons… Quoi, comment ça « non » ?

If only I could turn back time

Des boss gigantesques sont évidemment au programme

En vérité, Super Time Force vous met aux commandes de l’escouade du même nom, menée par le colonel Repeatski, dont les membres armés jusqu’aux dents peuvent remonter le temps (presque) à volonté. À vous les joies de la découverte de périodes désormais révolues, quitte à tout faire péter au passage et à provoquer un sacré bordel spatio-temporel…

Ce qui est évident dès qu’on lance une partie, c’est que le soft de Capybara ne se prendra jamais au sérieux. L’introduction met immédiatement dans le ton et l’humour fait mouche jusqu’au final, parfait dans sa crétinerie assumée et maîtrisée. Si vous débuterez par une classique mission de sauvetage du monde des forces extraterrestres menées par le terrible (mais légèrement loser) Dr Infinity, le colonel Repeatski vous enverra accomplir des tâches aussi futiles que la conquête du saint Graal afin de sauver son restaurant médiéval préféré. On préfèrera laisser le plaisir de la découverte intact, l’équipe ayant visiblement pris son pied en multipliant les objectifs absurdes et les références en tous genres.

Un jeu qui va à du 88 miles à l’heure

Les environnements sont magnifiques et regorgent de détails

Dans les faits, Super Time Force apparaît comme un run and gun old school dans son gameplay et sa présentation. Ce qui le distingue du tout venant, ce sont donc ses mécaniques basées sur le voyage spatio-temporel. Pour terminer un niveau, vous disposez de 60 secondes qui s’écoulent via un énorme timer présent en haut de l’écran, ce dernier pouvant être rempli en récoltant un item précis. D’une simple pression du bouton B, le joueur passe en mode time out et utilise les gâchettes pour remonter ou avancer dans le temps en sacrifiant au passage une des trente vies qui lui ont été accordées (compteur là encore à remplir en récoltant des items) jusqu’au moment désiré. La mort ne signifie donc pas grand-chose dans le soft, étant donné que dès qu’un membre de votre commando passe l’arme à gauche, il suffira de remonter le temps pour faire parler à nouveau la poudre, aux côtés du membre décédé. Là où cela devient un minimum subtil, c’est qu’il est possible de venir en aide aux soldats exécutés et, dans le cas d’un sauvetage réussi, le personnage incarné par le joueur bénéficie dès lors d’un point de vie supplémentaire (un simple tir ennemi suffisant par ailleurs à vous faire périr) et, surtout, de la compétence spéciale du rescapé.

En jouant bien son coup, on peut donc combiner le tir surpuissant pénétrant les murs d’Aimy McKillin avec les coups de bazooka de Jef Leppard ou les rafales de mitraillette de Jean Rambois (oui, même les personnages et leurs noms sont ultra-référentiels et/ou débiles, mention spéciale au dinosaure skateboardeur Zackasaurus). Il faut l’admettre : si le concept du soft n’est pas des plus aisés à décrire, le tout sonne comme une évidence une fois la manette en main (le tutorial très bien conçu y est aussi pour quelque chose) et on se prend vite au jeu des retours dans le temps intempestifs, créant alors un énorme chaos visuel où de nombreux « vous » passés se battent côte à côte. Bordélique mais diablement fun.

Pour l’amour du pixel

Le fait que les tirs fusent de partout n’empêche pas le jeu de rester fluide et jouable à tout instant

Si une partie de la communauté des joueurs commence lentement mais sûrement à saturer de l’avalanche de jeux indés typés rétro, le travail accompli par Capybara sur son bébé a de quoi forcer le respect. Véritables amoureux du pixel art, les géniteurs de Super Time Force ont accompli un travail titanesque, qu’il s’agisse du design des personnages ou des environnements remplis de petits détails qui donnent un véritable cachet au soft. On aura beau déplorer que certains tirs ennemis deviennent peu visibles une fois le bordel présent à l’écran poussé au maximum, rien ne viendra diminuer le plaisir de jeu. Même pas le framerate, qui ne fléchit à aucun moment malgré le chaos ambiant.

Côté sonore, la bande-son chiptune viendra flatter les amateurs de sonorités venues d’un autre âge, bien qu’elle soit parfois noyée sous le déluge d’effets sonores dégagés par les affrontements. Un petit tour dans les réglages suffira pour profiter pleinement des mélodies rétro soignées.

Le contenu, quant à lui, pourra paraître un peu chiche au premier abord, trois heures étant nécessaires pour boucler le soft une première fois. C’est sans compter sur le potentiel de rejouabilité du titre, idéalement conçu pour les speedrunners de tout poil et les complétistes désireux de récolter tous les orbes et les power up synonymes de bullet time répartis dans les niveaux. Et une fois l’aventure achevée, un mode hardcore est disponible dans le menu principal, qui oblige à sauver un personnage tombé au combat pour avoir le droit de l’utiliser à nouveau au sein du même niveau. Une très bonne idée qui permet de changer du tout au tout sa façon de jouer et de traiter la mort de ses vaillants combattants avec un peu plus de respect.

Super Time Force le respect

Sous ses allures d’énième jeu d’action pixellisé, Super Time Force s’impose donc comme un véritable modèle de fun, de jouabilité et d’humour que les amateurs auraient tort de bouder, tant il respire la volonté de bien faire et la bonne humeur, absolument contagieuse.

La bande-annonce

Réalisation: 16/20

Forcément, la note se base sur la volonté des développeurs de proposer un univers typé rétro et non pas sur une quelconque recherche de la beauté absolue. Le pixel art admirable et la fluidité à toute épreuve n’auront aucun mal à séduire les mauvaises langues ayant pour habitude de condamner, parfois à raison, les nombreux représentants du jeu vidéo néo-rétro.

Gameplay/Scénario: 15/20

Run and gun classique agrémenté de mécaniques de voyage dans le temps simples à assimiler, le soft n’est finalement pas un monstre d’originalité malgré son concept, ce qui n’empiète cependant pas sur le plaisir ressenti tout du long. L’humour et la diversité des situations et des dialogues y est pour beaucoup et on suit le sourire aux lèvres le déroulement de l’intrigue, à la conclusion irrésistible.

Bande-Son: 18/20

Les sonorités chiptune de la bande-son sont un régal, même lorsqu’elles sont noyées sous le déluge d’effets sonores tout aussi maîtrisés.

Durée de vie: 14/20

Si on se contente d’un simple run, le jeu peut apparaître comme plutôt radin, trois petites heures étant nécessaires pour en voir le bout. Le contenu annexe, le mode hardcore et la tentation du speedrun sont heureusement là pour rattraper le coup. Et vu la qualité du titre, il y a peu de chances que vous ayez envie de lâcher la manette immédiatement après le générique de fin.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Drôle et proposant des mécaniques rajoutant encore plus de saveur à un run and gun qui se serait de toute façon montré efficace sans elles, Super Time Force est une véritable réussite qu’il convient d’essayer au plus vite pour les amateurs de gros pixels et d’action effrénée. Ne perdez pas votre temps et foncez !



About the Author

Guib
Guib

Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !