Review

Ravaged, développé par 2Dawn Games, est un jeu de tir à la première personne massivement multijoueur dans un environnement post-apocalyptique. La résistance et les charognards se mènent une guerre sans merci pour gagner du territoire et voler les ressources de leurs ennemis, le tout au travers d’affrontements à pied ou en véhicules. Mais dans quel but précisément ?

Des questions sans réponses…dès le début! 

De longues étendues plates et désertiques vous attendent dans Ravaged

Une guerre fait rage entre les « Résistants » et les « Charognards ». Après le cataclysme, les Résistants souhaitent rebâtir une civilisation, contrairement aux Charognards qui clament que ce monde leur appartient désormais et pillent toutes les ressources qui leur tombent sous la main. Malheureusement, et comme vous vous en rendrez vite compte, ce qui fait l’univers de Ravaged passe trop pour un prétexte. Rien n’est expliqué sur ce désastre naturel, par exemple. Il est clairement inutile d’utiliser le contexte d’une catastrophe si c’est pour ne pas expliciter celle-ci. Conséquence : on a plutôt l’impression de se taper sur la tronche pour rien.

Là où prime un peu d’originalité, c’est dans l’histoire de chaque personnage. Ainsi, la classe « Recon » est une femme de la Résistance qui a décidé de lutter contre les charognards suite au meurtre de son mari, militaire dévoué. Malgré son manque d’expérience sur le terrain, elle sait se battre bien mieux que ce qu’on aurait pu espérer d’elle. En revanche, le « Warrior » (Guerrier) est un charognard très intelligent et méticuleux. Équipé d’un masque blanc, son visage est en réalité défiguré suite à des tortures subies lors de son adolescence. Pour la petite histoire, il finit par se libérer et tue ses tortionnaires lentement et douloureusement, un par un. Enfin, le « Grunt » (Grognard) est un attardé mental battu par son père, sous le regard de sa mère qui n’a jamais cherché à le défendre. Inconsciemment, il finit par devenir comme son géniteur et tue sa famille. Jeté en prison, il va développer le besoin de… manger des gens ! (Et oui, ça peut aussi faire ça, la prison) Au vu des tonnes de cadavres laissés par le Catclysme, autant dire que le cannibalisme du grunt va le pousser à grossir méchamment…

Un MMOFPS stylé Arcade !

La conduite de véhicules aurait dû être LA grand force du soft…

La première chose qui frappe lorsqu’on lance une partie de Ravaged, ce MMOFPS débridé, ce sont le gameplay et les animations qui nous rappellent fortement Battlefield 3. Et c’est normal : l’équipe de développement comporte plusieurs vétérans de DICE. Mais cette fois, le titre nous propose quelque chose de plus tourné vers l’arcade, contrairement aux références du genre qui sont en général plus axé « simu ». La coutume, elle, ne change pas : deux équipes s’affrontent au travers de grandes, très grandes cartes dévastées.

Les mécaniques de jeu sont donc aisément compréhensibles pour qui pratique un tant soit peu le FPS, et il est extrêmement facile de fragger à tout va. En plus de la classique course à pied, il est possible de conduire des véhicules histoire de varier le gameplay. A ce propos, les développeurs ont affirmé que les engins étaient « fun » à conduire… Mais ce qu’ils n’ont pas précisé, c’est que le mot « fun » employé ici est totalement ironique. En effet, la manœuvrabilité des véhicules est juste affreuse, et si vous avez le malheur de vous planter dans un mur, laissez tomber votre machine, surtout le quad, car une de ses roues ira immanquablement se « coincer » dans le mur, le rendant inutilisable. Par contre, si le mot « fun » se traduisait par « hilarant », alors oui, c’est hilarant de voir un truc aussi mauvais… Petit gadget sympa pour ce type de soft : la possibilité de passer en vue à la 3ème personne. Hélas, cela rend impossible tout précision dans la visée, tout en permettant de voir les angles morts ou au-delà d’un mur, sans devoir se mettre à découvert.

La popularité restreinte du titre nuit fortement à la variété

Revenons-en aux personnages en eux-mêmes. Dans Ravaged, vous aurez le loisir d’incarner cinq classes composant une équipe, classes qui sont un copié-collé de ce qui se fait dans les autres jeux du genre, sans grande originalité. Entre le « Sniper », « l’Infanterie », « Le spécialiste des armes » et les deux autres, rien de palpitant. Ceux qui ont l’habitude des FPS sauront de fait immédiatement quelle classe choisir en fonction de leur style de jeu. Au niveau des armes à feu, c’est peu varié, trop classique. Pistolets, M16, Lance-grenades, etc… Alors oui, il y a un peu d’originalité grâce à des balles de tennis piégées ou des bombes dont le détonateur est un vieux lecteur MP3 cabossé, mais leur intérêt en jeu est absolument nul puisqu’il s’agit en fait de vulgaires grenades. Les maps, quant à elles, nous présentent des lieux connus irl, histoire de bien nous montrer la réalité du cataclysme. Ainsi, vous combattrez au pied de la tour Eiffel enneigée, sur la Liberty Island transformée en Canyon, la statue de la liberté gisant à vos pieds… Les autres cartes restent variées dans leurs structures, mais offrent au final toujours un immense canyon ou une ère glaciaire. Gros bémol pour le jeu : son faible nombre de joueurs et de serveurs. La popularité restreinte du titre nuit fortement à la variété, et l’on finit par jouer principalement sur une ou deux cartes données.

Techniquement ravagé ?

La Recon possède une histoire intéressante, mais un modèle 3D bâclé

Comme dis plus haut, la variété des cartes se résume principalement à des canyons et de la neige. Au final, il s’agit juste de maps qui se ressemblent encore et encore et qui donnent un mauvais goût de « remplissage ». De plus, le rendu des modèles 3D correspond à s’y méprendre à la réalisation graphique des mauvais jeux. Vous savez, ceux qu’on reconnaît rien qu’en regardant la jaquette et qui ont cet aspect plastifié et pauvrement lissé ? Un exemple concret : sur le personnage du « Recon », on peut voir que les cheveux ressemblent à des parties de modèles mal assemblées. Au rendu, cela donne des lignes blanches en plein milieu de la tête… bref, c’est moche.

Les animations, quant à elles, frisent la moquerie pure et simple. Alors, oui, cela reste de bonne facture à la première personne. Mais en vue à la troisième personne, c’est du n’importe quoi, du pré-calculé irréaliste. Un petit saut et vous verrez votre avatar écarter ses bras et ses jambes comme s’il jumpait à dix mètres de haut. Et pour peu qu’on s’aventure dans les montagnes, on risque bien de rester coincer dans une faille. Les collisions sont désagréables dans les terrains accidentés et ça alourdit considérablement le gameplay. Mais bon, on va tâcher de finir sur une bonne note puisque les temps de chargements sont quasi-nuls, ce qui symbolise tout bonnement la perfection pour les gens pressés de jouer.

Bien tenté, mais c’est manqué

Au final, Ravaged pourrait passer pour un titre sympathique, s’il était gratuit, mais son contenu actuel et sa réalisation ne valent clairement pas son prix. Les développeurs doivent impérativement mettre rapidement le soft à jour s’ils ne veulent pas voir leur bébé passer en free-to-play dans les semaines à venir. Ce qui chagrine le plus, c’est que malgré la présence dans l’équipe de personnes ayant œuvré sur des jeux triple A (Battlefield 3 notamment), on a droit à un level design carrément bâclé, des graphismes au rendu « plastique » et des animations à la troisième personne indignes de notre époque.

Le Trailer Vidéo

Réalisation: 14/20

Les maps auraient très bien pu être réalisées avec un éditeur de niveau à la « Far Cry 2 ». Les développeurs se sont juste contentés de bosser sur un minimum de design et c’est tout. Vous aurez donc toujours le même canyon et la même neige, bien réalisés heureusement. Concernant l’aspect graphique des protagonistes et autres véhicules, on retourne directement dans les productions made in 2005. De plus, on dénote de nombreuses failles de sécurité, laissant la porte ouverte aux tricheurs de tous horizons. Les développeur se doivent de réagir rapidement.

Gameplay/Scénario: 13/20

« Le gameplay de ce jeu est révolutionnaire », c’est ce que j’aurais dit si on était en 2005. Maintenant, nous sommes fin 2012 et même des jeux à petits budgets font mieux. Aucune originalité dans les affrontements, c’est du MMOFPS basique, sans plus. Un jeu qu’on prendra plaisir à jouer une heure ou deux par semaine maximum tant le gameplay est redondant. Le scénario se résume en un seul mot : absent. On a bien une documentation sur les personnages, mais c’est tout. Du coup, l’univers mis en place semble extrêmement vide et on ne s’y attache pas plus que ça.

Bande-Son: 11/20

Une seule musique dans le menu, et encore, il faut attendre pour avoir la chance de l’écouter. Les voix des personnages ne sont, quant à elles, pas dans le ton de l’action. Les effets sonores, eux, sont acceptables, jouant dans le classique mais efficace. Enfin, le narrateur du soft est très agréable à écouter grâce au doubleur qui joue le jeu et s’immerge bien dans l’esprit du titre.

Durée de vie: –/20

Je ne suis même pas sûr de vouloir noter ce critère. Il n’y a généralement qu’un seul serveur peuplé et ça tourne sur deux cartes, c’est sans cesse la même chose, et on rencontre très souvent les mêmes joueurs. Tant que le jeu ne sera pas plus peuplé, ce critère ne signifie absolument rien puisque l’envie de jouer dépendra de votre lassitude à faire sans arrêt le même refrain en prenant les mêmes chemins.

Note Globale N-Gamz.com: 12/20

Le premier mot qui me vient à l’esprit est : « Fade ». On s’attend à un cocktail détonnant dans un environnement dangereux, et au final, on se retrouve dans une zone très vide avec à peine quelques installations faisant office de bases. Pour le reste, c’est du terrain plat. Impossible donc de la jouer tactique avec l’environnement, du coup Ravaged tourne rapidement au jeu bourrin, avec un gameplay légèrement arcade qui permet de passer un moment amusant mais très court de par sa répétitivité et son manque d’envergure scénaristique. Enfin, la réalisation n’est vraiment pas digne des titres actuels. Une mise à jour s’impose, et rapidement!



About the Author

Pliskin

Fan de Metal Gear Solid depuis le premier jour, je suis le premier a avoir réalisé des mods et des hacks sur la série. J’aime beaucoup cette saga, et encore plus le personnage d’Otacon qui renforce son esprit au fil des épisodes. En ce qui me concerne, je suis connu sous le nom de Pliskin Hunter (auparavant RushSnake), fondateur de l’équipe RedCode Interactive. J’aime beaucoup les jeux d’actions, d’aventure, avec un bon scénario. Je pense particulièrement à la trilogie S.T.A.L.K.E.R qui est juste magnifique. Sinon, je ne suis pas du tout axé cinéma et manga. Je suis un grand fan de MacGyver, Stargate et City Hunter. Hyperactif, j’ai du mal à regarder une série ou un film sans faire quelque chose d’autre à côté.