Le Wall Street Journal a révélé, dans un article publié ce jour, des informations particulièrement embarrassantes pour Microsoft. Selon des documents internes dévoilés lors du rachat d’Activision Blizzard, l’entreprise visait 77 millions d’abonnés au Xbox Game Pass pour l’année 2026. La réalité est bien plus cruelle : le service compterait actuellement environ 30 millions de souscripteurs, soit un déficit de près de 47 millions par rapport aux projections les plus optimistes.
Ces chiffres, longtemps tenus secrets par Microsoft, confirment ce que de nombreux observateurs soupçonnaient depuis plusieurs années : la stratégie agressive de Phil Spencer autour du Game Pass n’a pas tenu ses promesses. En plaçant systématiquement les exclusivités first-party en day one sur le service d’abonnement, Microsoft a considérablement affaibli son modèle économique traditionnel. Les ventes de jeux en boîte et numériques ont fortement reculé, tandis que les revenus générés par les abonnements n’ont jamais compensé cette perte.
Le pari était pourtant clair : transformer Xbox en une plateforme de services plutôt qu’en constructeur de consoles et éditeur de jeux premium. En rendant accessibles immédiatement des titres comme Starfield, Avowed ou les nouveaux Halo et Fable via le Game Pass, Phil Spencer espérait attirer un maximum d’utilisateurs. Au lieu de cela, le service a surtout fidélisé une base d’abonnés qui consomme beaucoup de contenu sans générer suffisamment de revenus additionnels. Les hausses de prix successives, notamment celle d’octobre 2025, ont même provoqué un exode de plusieurs millions d’abonnés, comme l’a reconnu publiquement Asha Sharma, nouvelle Directrice Xbox.
Plus grave encore, cette stratégie a durablement fragilisé l’écosystème Xbox. En cannibalisant les ventes de ses propres jeux, Microsoft a réduit ses marges et rendu plus difficile le financement de productions AAA ambitieuses. Le Game Pass, présenté pendant des années comme l’avenir du jeu vidéo par Phil Spencer et ses partisans les plus fervents, apparaît aujourd’hui comme l’une des décisions les plus contestables de l’histoire récente de l’industrie. Loin d’avoir propulsé Xbox vers de nouveaux sommets, il semble avoir contribué à son essoufflement, au point que la division doit aujourd’hui procéder à des restructurations massives pour tenter de redresser la barre.

















