Review

Monument du RPG nippon, Etrian Odyssey tire son épingle du jeu en misant gros sur l’exploration, avec la création de cartes en temps réel notamment. Cette quatrième aventure vaut-elle son pesant de cacahuète ou peut-on aller se mettre au crochet en attendant ? Réponse dans ce casse-tê(s)te.

Un scénario simple mais efficace?

L'arbre Yggdrasil n'attend que vous… en anglais!

Pour faire une bonne aventure, vous prenez un groupe de héros, une bonne dose de castagne, pas mal d’exploration et une histoire respectant le minimum syndical. Celle de ce 4e volet ne pourrait pas être plus simple. Vous voici tout nouvel explorateur, et vous partez à la conquête du Graal… ici un arbre mythique appelé Yggdrasil.

Vous devrez alors monter votre guilde d’explorateurs, recruter les petites mains et gros durs qui composeront votre équipe dans la ville de Tharsis afin d’accomplir votre quête. En tout bon dungeon-crawler qui se respecte, on vous enverra assez vite à l’assaut de votre premier donjon afin de faire vos preuves… il servira surtout de didacticiel pour le néophyte et de mise en bouche pour l’habitué.

Armé de mon stylet !

La cartographie est l'une des grandes spécifités du titre

Rangez vos gros doigts, c’est le moment de se la jouer fin stratège avec le stylet. Le jeu se fera principalement avec ce dernier, notamment pour le dessin de carte. On naviguera au tour par tour, en vue à la première personne dans des labyrinthes sans fin.  Plusieurs niveaux de difficulté sont offerts au choix du joueur, mais le niveau Facile ne fera aucun cadeau, on ne casualise pas trop non plus ! L’intérêt principal du soft est donc d’arpenter les corridors, trouver les coffres, personnages et autres passages secrets qui pullulent dans les niveaux et surtout de retracer les moindres détails de ces derniers sur l’écran inférieur de la 3DS pour esquisser un plan correct. Si cela peut paraître simple comme bonjour voire rébarbatif, on se prendra vite à son rôle d’explorateur plutôt qu’à celui de gros bonhomme qui fracasse le premier ennemi venu. D’autant plus que la carte est vitale pour anticiper certains déplacements, échapper aux monstres (qui deviennent plus fort à la nuit tombée) et éviter de se perdre dans ces dédales où chaque écran se ressemble indéfiniment.

Vu qu’on parle de monstre, le système de combat est on ne peut plus banal : du tour par tour. A chaque case que l’on franchira, les chances de tomber sur un combat aléatoire grandissent. A vous d’étudier le placement de votre équipe, d’analyser celui de vos adversaires et d’avoir la stratégie adéquate. Chaque personnage a un rôle attribué et son efficacité en combat dépendra de sa position dans la formation, au joueur de penser sa stratégie en fonction des classes des compagnons. Petit conseil, utiliser votre tank à bon escient car même contre un petit ennemi lambda, vos healers peuvent prendre très chers. On vous disait que le mode Facile était sans concession? Et bien n’oubliez pas de réviser « l’ABC du parfait role player » parce qu’Etrian Odyssey ne vous fera pas de cadeau.

Salut, je vais te casser la gueule !

Les combats ne laissent aucune place à l'erreur, même en Facile

D’autant plus que certains monstres, les FOE, sont plus forts que le commun des bestioles que l’on croisera dans l’aventure. Ces petits fourbes se déplacent sur la carte en même temps que l’équipe et sont à surveiller constamment car ils se meuvent même quand vous combattez, et de manière beaucoup plus rapide… les filous ! L’intérêt du gameplay va se trouver dans la profonde esquive de ces gros balourds : soit en évitant scrupuleusement leur zone, soit en les semant grâce à des passages secrets et autres recoins entre les buissons.

Et s’ils vous tombent dessus ? Vous ne pourrez pas vous enfuir, alors deux solutions. Soit votre guilde est assez puissante et vous pouvez essayer d’en découdre. Soit vous attendez nonchalamment la mort car ça ne sert à rien de brasser de l’air ! La présence de ces affreux fait aussi varier les items que l’on découvrira. Dans un sens, ce n’est pas plus mal car cela force à être minutieux dans sa recherche et de tomber alors sur des bonnes surprises comme un marchand, un coffre ou un garde  généreux. En ville, d’autres aventuriers ne seront pas avares de conseils et d’indices sur d’éventuelles zones secrètes dans les labyrinthes. Soyez à l’écoute !

La routine du donjon

Visuellement, Etrian Odyssey IV peine à convaincre

Jusque là, Etrian Odyssey IV s’offrait un sans-faute. On ne reviendra pas sur la narration écrite ultra descriptive : elle peut plaire comme être détestable et là, on vous laissera complètement maître de ce choix. Par contre, l’absence complète de scénario blesse comme il faut. Oui bien sur, pour arriver à l’Yggdrasil il faut augmenter de niveaux, réaliser différentes missions… mais elles sont globalement toutes les mêmes (chercher tel objet, rapporter tel ingrédient à la forgeronne pour upgrader ses armes), les donjons se ressemblent tristement avec une direction artistique plutôt cheap, et on pointera aussi du doigt les voyages en aéronef permettant de se rendre dans ces fameux donjons. Peu intéressants, pas beaux visuellement, ces déplacements, on s’en passerait volontiers. Ce n’est pas la petite tornade ou les monstres à éviter qui dynamisent la chose.

Enfin, si graphiquement le soft se montre vraiment pauvre, musicalement parlant en revanche, il s’agit clairement d’une franche réussite avec des compositions totalement magiques et des bruitages travaillés et immersifs. Ca fait du bien… à entendre !

A-Maze-Ing!

Etrian Odyssey IV représente une aventure correcte pour les fans du genre. On vous conseillera deux qualités à avoir absolument pour se lancer dans cette épopée : patience et curiosité. Sinon, reposez tout de suite votre console. Le design un peu cheap est contrebalancé par le côté addictif et passionnant du jeu à sans cesse vouloir explorer et améliorer nos cartes. La bande-son, quant à elle, est sublime et donnera un petit goût en plus à l’aventure. La 3DS ajoute un nouveau RPG plutôt très bon à son catalogue, décidément bien fourni.

La bande-annonce

Réalisation: 10/20

Le petit budget se ressent très fort quand on se retrouve face aux environnements à l’ancienne et avec une direction artistique plutôt bof. Dommage car avec tout le fourmillement possible de lieux grâce aux labyrinthes, on aurait pu créer quelque chose d’intéressant. C’est malheureusement pauvre visuellement parlant.

Gameplay/Scénario: 15/20

Avec un gameplay retorse comme il faut et  ce constant besoin de créer et améliorer les cartes, le jeu se veut plutôt généreux. On regrettera par contre le gros manque de scénario. L’arbre de compétence des personnages donne un choix non-négligeable pour les pouvoirs et habilités des compagnons, par contre.

Bande-Son: 18/20

Excellente, tout simplement. Les compositions sont dans le ton et promettent un réel voyage auditif, tandis que les bruitages ne souffrent d’aucune fausse note.

Durée de vie: 18/20

Sachez juste que vous vous embarquez pour pas moins de 60 heures de jeu. On dit ça, on ne dit rien !

Note Globale N-Gamz.com: 15/20

Etrian Odyssey 4 ne plaira pas à tous et possède quelques lacunes à traîner, mais il n’en reste pas moins un très bon RPG pour les fans du genre, aussi bien dans sa difficulté que dans ses mécanismes. On regrette une direction artistique très pauvre, alors que le jeu est rythmé par une bande-son vraiment excellente. Quelques petites phases de déplacement ou de « die&retry » tireront un peu en longueur, mais n’entacheront pas le plaisir de l’épopée.



About the Author

Delilah

Étudiante en journalisme, je conjugue ma passion avec mon parcours scolaire et professionnel. Vous pouvez aussi me retrouver, dans le cadre de ma formation, chez Jeuxvideo.fr comme rédactrice. J’ai commencé à tâter du pixel très tôt, mon père étant lui-même joueur … Mais mon premier « vrai » jeu a été Pokemon avec qui je continue de vivre une idylle passionnée. J’ai pu m’essayer à plusieurs styles de jeu, mais pour moi, rien ne vaut le RPG, l’action-aventure et … si on sait me convaincre (car je fais un peu la princesse) le FPS. Ne me parlez pas de Survival-Horror, je suis incapable d’y jouer, je prie toujours pour avoir une option générique dès le premier écran car même le menu me fait peur (mon voisin a peu apprécié peu mes hurlements sur Amnesia : The Dark Descent). Mais j’essaye, je retente l’expérience à chaque fois, je persévère !! Mon jeu culte est et restera Red Dead Redemption au point d’avoir un tatouage dédié à John Marston (mais je ne vous dis pas où, muahah), j’ai même arrêté de compter le nombre de fois où je l’ai fini ! Oh et useless fact : j’ai une passion bizarre pour les serial-killers^^.