Review

Développé par le studio chilien ACE Team (déjà à l’origine de Zeno Clash, Rock of Ages et The Eternal Cylinder) et publié par Nacon, The Mound: Omen of Cthulhu est disponible depuis le 15 juillet dernier sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, au tarif de 30€ pour l’édition standard et 40€ pour la Deluxe). Ce titre coopératif d’extraction horrifique s’inspire librement de la nouvelle homonyme de H.P. Lovecraft publiée en 1940, mais transpose l’action dans les jungles denses de l’Amérique du Sud à la fin du XVIIe siècle, à l’époque des conquistadors. Mariant horreur cosmique, survie et multi-joueur jusqu’à quatre participants avec cross-play complet, le soft mérite-t-il que l’on s’y attarde ? La réponse dans mon test complet sur PC, en multi avec mon padawan Luke !

the mound call of cthulhuLe scénario de The Mound : Omen of Cthulhu plonge le joueur dans la peau d’explorateurs embarqués à bord du galion Tempestad. Chargés par le capitaine de ramener des trésors, de localiser des survivants ou de cartographier des zones inexplorées, les membres de l’expédition s’aventurent dans une jungle maudite où la réalité se fissure progressivement.

L’influence lovecraftienne se manifeste moins par des références ostentatoires à Cthulhu que par une oppression sourde et une civilisation souterraine inquiétante. Les carnets de bord des précédentes expéditions et les indices épars construisent une intrigue fragmentée qui nourrit le sentiment d’incompréhension et de danger permanent, sans jamais tout révéler d’emblée.

Sur le plan du gameplay, le cœur de l’expérience réside dans les expéditions d’extraction. Depuis le navire-hub, l’équipe sélectionne un contrat, se partage un arsenal d’époque limité (mousquets, arcs, haches, arbalètes) et débarque dans l’une des dix-huit cartes du soft. Un chariot tiré par des bœufs accompagne le groupe : il sert à transporter le butin et à ranimer les compagnons tombés. Laisser un allié trop longtemps au sol le transforme en abomination hostile. La tension monte à mesure que la jungle « s’éveille » : les bruits alertent les créatures, les ressources se raréfient et chaque sortie devient un pari risqué entre cupidité et survie.

Le système de folie constitue l’atout majeur et le plus inventif du titre. Plus le temps passé dans la jungle s’allonge, plus la santé mentale des joueurs s’érode, générant des hallucinations personnalisées. Un coéquipier peut soudain apparaître comme un monstre à trois bras, des sons trompeurs retentissent, des pièges se matérialisent là où il n’y en a pas. Cette mécanique force une communication constante et brise la confiance, transformant la coopération en source d’angoisse supplémentaire. Le combat reste volontairement lent et punitif : recharger un mousquet prend du temps, les munitions sont rares et les ennemis peuvent parer les coups. Solo, l’expérience perd une grande partie de sa saveur, le titre étant clairement conçu pour être partagé même si on pestera contre une difficulté assez mal dosée et sujette à des pics parfois incompréhensibles.

Techniquement, l’Unreal Engine 5 permet à ACE Team de livrer une jungle luxuriante, humide et oppressante, peuplée de détails botaniques inspirés de la flore chilienne. Les effets météo, la densification de la végétation et les mutations visuelles liées à la folie impressionnent. Les performances sur PC restent solides pour peu que la machine suive, même si quelques saccades apparaissent lors des scènes les plus chargées.

La bande-son, enfin, mise avant tout sur l’ambiance : bruissements de feuillage, cris lointains et silences calculés renforcent l’immersion. Les effets sonores liés aux hallucinations sont d’ailleurs particulièrement réussis et contribuent activement à la paranoïa collective.

The Mound – Omen of Cthulhu : Trailer/box_light]

Note N-Gamz : 15/20

The Mound: Omen of Cthulhu réussit à insuffler une identité forte à un genre déjà saturé grâce à son atmosphère lovecraftienne dense, son système de folie inventif et son cadre historique original. Les expéditions en coopération génèrent des moments de tension mémorables et de rires nerveux. En revanche, le combat parfois maladroit, la répétitivité du cycle d’extraction sur la durée et une courbe de difficulté irrégulière empêchent le titre d’atteindre l’excellence. A réserver prioritairement aux groupes de joueurs en quête d’horreur coopérative immersive plutôt qu’aux solitaires ou aux amateurs de shooters ultra-fluides.