Review
Dans le flot des hommages rétro 8-bit qui fleurissent ces dernières années, Saint Slayer: Spear of the Sacrilege se distingue par son ambiance sombre assumée qui n’est pas sans rappeler un certain Castlevania sur NES. Développé et édité par le studio indépendant Lillymo Games, cet action-platformer 2D est sorti le 20 avril dernier au prix de 10,49€ sur Nintendo Switch 2 (ainsi que sur Switch originale, PS4/5, Xbox One, Series et PC). Grand fan du genre depuis que je me suis adonné à Castlevania 2 : Simon’s Quest à sa sortie sur la première console de salon de Nintendo, lequel était un peu plus RPG que son prédécesseur, je me suis donc mis en tête de parcourir ce fameux Saint Slayer pour jauger si ce titre au parfum old school parvient à conjuguer nostalgie punitive et modernité accessible dans un mix fleurant bon les aventures de la famille Belmont.
Un Père pas très Catholique…
L’an 1698 voit le Saint Empire Romain Germanique plongé dans le chaos. Un prêtre corrompu, le Père Pacer, sème la terreur en volant des reliques sacrées et en invoquant des hordes de monstres démoniaques. Vous incarnez Rudiger, un ancien soldat reconverti en fermier, arraché à sa vie paisible pour manier la Lance du Sacrilège, une arme sainte capable de terrasser les forces du mal.
Le récit, minimaliste mais efficace, se déroule via des cinématiques pixellisées et des dialogues sobres, dans une ambiance gothique teintée de sang et de blasphème. Sans prétendre à une profondeur narrative immense, l’histoire offre un prétexte solide à une croisade sanglante contre l’Église corrompue et ses créatures abjectes. Notons également la présence de 4 fins différentes en fonction de vos actions, ce qui s’avère un sacré plus pour la rejouabilité étant donné qu’il vous faudra à peine un peu moins de deux heures pour voir le bout du soft une première fois.
Le gameplay puise directement dans l’héritage des classiques NES tels que Castlevania, avec une emphase sur la précision des sauts, le timing des attaques et une difficulté exigeante mais juste. Rudiger dispose ainsi d’une lance polyvalente qui peut être envoyée sur l’ennemi (avec différents pouvoirs élémentaires débloqués), d’un coup de poignard rapproché et d’un dash offensif. Les 21 niveaux alternent entre plates-formes retorses, exploration linéaire et combats intenses contre des ennemis variés et gores à souhait. Les sept boss imposants exigent de maîtriser patterns et faiblesses, offrant des affrontements mémorables.
Le titre propose également un mode coopératif local à deux joueurs (avec friendly fire !), ce qui ajoute un vrai sel au chaos. La progression repose sur des mots de passe et des défis secondaires, encourageant la rejouabilité. Si le feeling reste fidèle à l’ère 8-bit (pas d’attaque vers le haut, mort en quelques coups), les contrôles sont fluides et réactifs sur Switch 2, rendant l’expérience plus accessible qu’un vrai titre NES tout en conservant cette sensation de satisfaction après chaque niveau terminé.
Pas de Switch 2 en natif
Sur Nintendo Switch 2, le jeu tourne de manière impeccable en 1080p@60 FPS en mode docké et en 720p@60 FPS en portable. Et oui, le titre est conçu de base pour la Switch 1, pas de version Switch 2 native donc. Les temps de chargement sont, quant à eux, quasi inexistants. Les graphismes pixel art se montrent détaillés, les animations sanglantes et les environnements variés (châteaux, forêts maudites, cryptes), lesquels rendent hommage à l’ère NES tout en profitant d’une palette moderne.
La bande-son chiptune entraînante, composée avec soin, alterne thèmes épiques et ambiances oppressantes, renforçant parfaitement l’atmosphère horrifique.
Saint Slayer Spear of the Sacrilege : Trailer
Note N-Gamz : 15,5/20
Saint Slayer: Spear of the Sacrilege sur Nintendo Switch 2 représente un hommage vibrant et sanguinolent aux classiques 8-bit à la Castlevania, porté par un gameplay précis, un pixel art soigné et une ambiance gothique qui fait mouche. Si sa difficulté old-school et son absence de certaines commodités modernes peuvent rebuter les plus jeunes joueurs, son charme rétro assumé et ses moments de pure satisfaction en font une excellente pioche pour les amateurs de challenge et de nostalgie. Lillymo Games signe ici un titre passionné qui prouve qu’on peut encore créer des expériences intenses sans gros budget. Pour tous ceux qui aiment souffrir un peu en sautant et en transperçant des démons, cette lance sacrée vaut largement le détour malgré son absence de version Switch 2 native et sa relative brièveté pour qui ne cherchera pas à voir toutes les fins et atteindre le 100%.


















