Review
Sorti fin janvier dernier, I Hate This Place n’est autre qu’un survival horror isométrique qui puise son inspiration dans la série de comics éponyme signée Kyle Starks et Artyom Topilin. Développé par Rock Square Thunder et édité par Feardemic (avec Skybound Games), le titre mélange exploration, craft, construction de base et affrontements contre des créatures cauchemardesques dans un univers maudit aux allures des 80’s. Disponible sur PC, PS5, Xbox Series et Switch au prix de 30€, le jeu se présente comme une proposition ambitieuse qui veut séduire par son atmosphère et ses mécaniques de jeu. Y parvient-il ? La réponse dans mon test complet sur PS5 Pro !
L’histoire de I Hate This Place suit Elena, une jeune femme qui retourne sur les terres familiales de Rutherford Ranch, un endroit hanté par des traumatismes d’enfance et des disparitions mystérieuses.
Accompagnée de son amie Lou, elle se retrouve impliquée dans un rituel qui tourne au désastre et fait apparaître « The Horned Man », une entité malveillante. Très vite, la réalité se fissure : Elena se réveille seule dans une forêt sombre, confrontée à des horreurs mutantes (humains déformés, cerfs altérés, araignées géantes, tentacules de chair) et à des indices de cultes et d’expériences scientifiques sordides.
À travers des notes, enregistrements audio et narration environnementale, le récit explore les liens familiaux brisés, la culpabilité et les forces surnaturelles qui gangrènent le coin. Le ton oscille entre mystère horrifique et drame personnel, avec une ambiance oppressante qui rappelle à la fois Stranger Things et les comics d’horreur rétro, même si les dialogues et le rythme narratif manquent parfois de punch.
Le cœur du gameplay repose sur une boucle de survie isométrique où la journée et la nuit façonnent vos actions. De jour, on explore librement les forêts hantées, la ville abandonnée et les bunkers infestés pour récupérer des ressources, résoudre des petits mystères (enquêtes sur des disparitions ou rituels) et créer des outils ou des armes. La construction et l’amélioration du camp de base à Rutherford Ranch permettent de sécuriser un refuge, d’y stocker du loot et d’y débloquer des améliorations pratiques. Cette dimension de gestion ajoute une couche de préparation stratégique avant les incursions nocturnes, où les créatures deviennent bien plus agressives. Le système de craft est plutôt intuitif pour les bases, mais il souffre d’une certaine redondance qui finit par alourdir l’expérience au fil des heures.
Les phases d’action et de furtivité constituent le second pilier du gameplay, avec un mélange de combat direct et de discrétion qui récompense l’ingéniosité plus que la force brute. On peut manipuler l’environnement (allumer des feux, jeter des objets pour distraire) ou utiliser des armes de fortune contre des ennemis variés, dont certains chassent même au son. Malheureusement, la furtivité se révèle souvent bancale : les IA ennemies manquent de cohérence, les contrôles se montrent parfois maladroits (surtout sans esquive fluide) et la caméra fixe complique les approches précises. Les combats, bien que satisfaisants par moments grâce à la variété des monstres, pâtissent d’un feeling global un peu raide qui brise la tension. L’équilibre entre préparation diurne et survie nocturne est intéressant sur le papier, mais le jeu peine à maintenir la pression constante attendue d’un survival horror.
Sur le plan technique, I Hate This Place brille par son style visuel inspiré des comics : lignes épurées, couleurs saturées et ambiance 80’s horrifique qui collent parfaitement au ton du jeu. Sur PS5 Pro, les détails sont plus fins, les effets de particules (sang, distorsions de réalité) gagnent en impact, et la résolution bénéficie d’un uplift notable par rapport à la PS5 classique, renforçant l’immersion dans cet univers maudit.
Les environnements variés (forêts denses, bunkers sombres, ruines urbaines) sont bien réalisés, même si des chutes de framerate incompréhensibles et des bugs persistent malgré les patchs. La bande-son, quant à elle, est un vrai point fort : une ambiance sonore oppressante avec des effets de créatures terrifiants, une musique rétro qui monte en intensité aux bons moments et une spatialisation efficace qui rend les traques d’ennemis particulièrement stressantes.
I Hate This Place : Trailer
Note N-Gamz : 14/20
I Hate This Place parvient à captiver grâce à son esthétique comics distinctive, son atmosphère lourde et ses idées de gameplay originales mêlant survie, craft et exploration dans un cadre surnaturel. Les créatures bien conçues, le cycle jour/nuit et la dimension de construction de base ajoutent de la profondeur, tandis que la PS5 Pro met en valeur le tout avec des visuels soignés. Malheureusement, des contrôles maladroits, une furtivité bancale, un artisanat qui alourdit parfois l’expérience et finit par lasser, ainsi que quelques soucis techniques, empêchent au final le soft d’atteindre son plein potentiel. L’histoire, intéressante sur le papier, manque également de souffle dans son exécution. Au final, on se retrouve avec un titre de niche qui plaira aux amateurs d’horreur isométrique rétro à petit prix, mais qui laisse un sentiment mitigé en raison de ses imperfections trop visibles.

















