Aujourd’hui, Sony a officialisé deux annonces qui, prises ensemble, dessinent un futur radicalement différent pour l’écosystème PlayStation. D’une part, la production de disques physiques pour les nouveaux jeux cessera dès janvier 2028. D’autre part, les PlayStation Store dédiés à la PS3 et à la PS Vita vont progressivement fermer leurs portes. Ces décisions, loin d’être anodines, laissent entrevoir que la future PlayStation 6 pourrait bien arriver sans lecteur de disque intégré et avec une rétrocompatibilité très limitée, voire inexistante, avec les générations PS1, PS2 et PS3 au minimum. Un choix stratégique qui interroge sur l’identité même de la marque.
Concernant les stores PS3 et Vita, Sony a précisé que la fermeture interviendra par phases : dès août 2026 dans certains pays d’Amérique latine et du Moyen-Orient pour la PS3, puis de manière globale en juillet 2027 pour les PS3 et PS Vita dans le reste du monde. Les achats de nouveaux contenus ne seront plus possibles, mais les joueurs pourront toujours télécharger leurs achats antérieurs « pour l’avenir prévisible ». La raison invoquée est technique : les systèmes de paiement et de commerce modernes ne sont plus supportés par ces consoles anciennes. Sony reconnaît néanmoins l’importance historique de ces plateformes, qualifiant la décision de « pas facile » tout en affirmant vouloir concentrer ses ressources sur les expériences gaming des consoles actuelles et futures.
Couplée à l’arrêt de la production physique en janvier 2028, cette évolution renforce l’hypothèse d’une PS6 résolument orientée vers le tout-numérique. Les rumeurs récentes évoquent une rétrocompatibilité avec les jeux PS4 et PS5, mais restent très discrètes, voire silencieuses, sur les générations antérieures. La fermeture des stores PS3 et Vita rend d’ailleurs techniquement plus complexe toute rétrocompatibilité logicielle élargie pour ces titres, dont beaucoup ne sont disponibles qu’en version physique ou via ces boutiques désormais condamnées. Par ailleurs, plusieurs leaks suggèrent que la PS6 pourrait, comme la PS5 Digital Edition ou la PS5 Pro dans sa version de base, ne pas intégrer de lecteur de disque en standard, avec on l’espère une unité externe en option pour cette fameuse rétrocompatibilité disque.
Ce virage n’est pas surprenant dans le contexte de l’industrie. Les ventes dématérialisées dominent déjà largement, et des analystes comme Mat Piscatella anticipaient depuis des années que les sorties AAA 100 % numériques deviendraient la norme vers 2028. Microsoft pousse depuis longtemps dans cette direction avec le Game Pass et ses éditions digital-only de consoles. Pourtant, Sony possédait une carte maîtresse enviable : une histoire riche de rétrocompatibilité (la PS5 joue la quasi-totalité des jeux PS4, et certains titres PS3 via le cloud ou des sélections). En tournant le dos aux supports physiques et aux stores antérieurs, la firme japonaise risque de dilapider cet atout patrimonial.
Dommage, car cette stratégie pourrait aliéner une partie de sa base fidèle – collectionneurs, amateurs de préservation vidéoludique, joueurs dans des régions où la connexion internet reste instable ou chère. Le marché de l’occasion, qui permet souvent d’accéder à des catalogues anciens à moindre coût, s’en trouvera appauvri. Sony mise sur l’innovation et l’expérience moderne, mais en sacrifiant une partie de son âme et de son héritage, elle offre peut-être à ses concurrents une opportunité de se positionner comme gardiens de la « vraie » expérience vidéoludique. L’avenir nous dira si ce pari sur le tout-numérique renforcera ou fragilisera la position de leader de la marque.

















