Les derniers chiffres de Circana, publiés mi-août 2026, dressent un tableau sans appel de l’agonie du support physique aux États-Unis et à quel point le mouvement No Disc, No Buy ne représente en rien la majorité des gamers au Pays de l’Oncle Sam. En juillet, les ventes de logiciels physiques ont plongé à 85 millions de dollars, un plancher historique pour un mois de juillet depuis le début des relevés en 1995. Ce n’est pas un accident conjoncturel : janvier 2026 avait déjà battu un record de faiblesse, et la tendance de fond est implacable.
Plus révélateur encore, la répartition des ventes physiques de jeux neufs depuis le début de l’année 2026 laisse Xbox dans une position quasi-inexistante : à peine un peu plus de 4 % du total. Nintendo écrase le marché avec 63 %, suivi de PlayStation à 32 %. Les joueurs Xbox, massivement convertis au Game Pass et au numérique, désertent purement et simplement les rayons. Même sur PlayStation, où la tradition physique restait plus ancrée, seuls sept titres ont dépassé les 100.000 exemplaires physiques depuis janvier, et aucun n’a atteint les 275.000.
Sur le long terme, l’hémorragie est vertigineuse. Les ventes unitaires de jeux physiques aux États-Unis sont passées de 292 millions d’exemplaires sur les douze mois se terminant en juin 2009 à seulement 37 millions sur la période équivalente en 2026, soit une chute de près de 87 %. Le basculement vers le digital n’est plus une hypothèse : c’est une réalité massive, confirmée par le ratio de 82 % de téléchargements pour les jeux complets sur l’écosystème PlayStation.
Dans ce contexte, le mouvement « No Disc, No Buy » apparaît pour ce qu’il est vraiment : une minorité bruyante, déconnectée des comportements réels des joueurs. Loin de représenter la masse des gamers, il a engendré des dérives nauséabondes. Menaces de mort à l’encontre de développeurs, harcèlement systématique lors des streams officiels de Sony, et surtout l’affaire CyberLeek. Ce leaker, qui se drapait dans les habits du défenseur des droits des consommateurs et du support physique, a prouvé qu’il détenait un build jouable de GTA VI. Plutôt que de militer sincèrement, il monétise désormais ses fuites via une memecoin et exige des paiements de la communauté pour continuer à spoiler l’histoire et la fin du jeu.
Ces excès ne font qu’accélérer le désamour pour un combat déjà perdu d’avance. Les données de Circana le démontrent sans ambiguïté : le marché a tranché. Le disque physique n’est plus qu’un niche, dominée par Nintendo, tandis que la majorité des joueurs a adopté le confort et l’immédiateté du digital. S’accrocher à un modèle économique moribond en multipliant les intimidations ne sauvera ni le support, ni la crédibilité de ceux qui prétendent parler au nom de tous les gamers.

















