Le portage de Call of Duty: Modern Warfare 4 sur Nintendo Switch 2 n’est pas un simple ajout de plateforme : c’est une obligation contractuelle née du rachat d’Activision par Microsoft. Pour obtenir le feu vert des autorités, Xbox avait promis un engagement de dix ans à apporter la licence sur les consoles Nintendo, avec parité de contenu et de fonctionnalités. Résultat : MW4, prévu le 23 octobre 2026, devient le premier Call of Duty sur une machine Nintendo depuis Ghosts sur Wii U en 2013.
Développé nativement par Infinity Ward en collaboration avec Digital Legends (studio déjà impliqué sur Warzone Mobile), le titre promet cross-play, cross-progression et même le support de la souris Joy-Con 2. Sur le papier, tout semble parfait. Dans les faits, les premières impressions issues des prévisualisations et de la beta se révèlent nettement plus mitigées, voire franchement décevantes.
Plusieurs créateurs ayant testé la version Switch 2 soulignent une fluidité honorable – le jeu cible et atteint souvent les 60 images par seconde en mode docké comme en portatif. Mais ce sacrifice a un coût élevé : résolution très basse, distances d’affichage réduites, textures floues, artefacts de DLSS particulièrement visibles et modèles de personnages clairement en retrait par rapport aux versions PS5, Xbox Series et PC. Certains n’hésitent pas à qualifier le rendu de « Plutôt Pourri » (pretty crappy), estimant que la qualité visuelle impacte directement le plaisir de jeu.
Ce portage calamiteux sur le plan esthétique s’inscrit dans un contexte plus large de perte de superbe pour la franchise. La beta multiplateforme de MW4 a déjà subi une hémorragie de joueurs spectaculaire : sur Steam, le pic concurrent est passé d’environ 115 000 joueurs à moins de 50 000 en seulement 24 heures, soit une chute de près de 50 à 65 %. Les retours évoquent un time-to-kill trop rapide, des spawns problématiques, un matchmaking critiqué et un manque d’innovation.
Depuis que Phil Spencer et Xbox ont pris les rênes d’Activision, la saga Call of Duty semble peiner à retrouver son aura d’antan. Entre promesses de parité technique non tenues sur Switch 2, une beta qui peinait à retenir même les fans hardcore et un sentiment général de stagnation, MW4 illustre les difficultés à conjuguer obligations commerciales, multiplateforme forcée et exigence qualitative. Le portage Switch 2, censé être une victoire stratégique, risque fort de devenir un symbole de plus des compromis qui érodent progressivement le prestige de la licence.





