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Si l’on connaît surtout Hideo Kojima pour sa série Metal Gear, dont un spin off sortira prochainement sur consoles, le Monsieur, fan de mécha, s’est également fait remarquer à l’ère PS2 pour une autre franchise : Zone of the Enders, à laquelle il a collaboré. Ce jeu d’action mettant en scène des robots surpuissants est peut-être moins renommé que les aventures de Snake, mais la saga n’en est pas moins incroyablement riche et jouissive. Cette compilation regroupant les deux opus sortis sur le monolithe de Sony arrive donc à point nommé pour vous en reparler.

Du combat de robot qui fait réfléchir

Mechas et Kojima font clairement bon ménage!

Si Metal Gear est reconnu pour son ancrage dans la réalité et ses propos philosophiques à tout va, Hideo Kojima a voulu, avec Zone of The Enders (ZOE) prendre le contre-pied de ces caractéristiques. On se retrouve donc, pour le premier épisode sorti en 2001, en plein cœur d’un raid contre une colonie humaine sur Antilia, au XXIIème siècle. Orchestrée par l’armée de Bahram, cette attaque vise à mettre la main sur un prototype d’arme robotisée top-secret : le Jehuty. Véritable révolution technologique, ce robot bipède dispose d’une puissance de frappe hallucinante et de capacités destructrices hors norme. Coup du sort, ce colosse va malencontreusement tomber entre les mains d’un enfant tout ce qu’il y a de plus apeuré, le jeune Leo Steinbuck. Au départ réticent, le garçon acceptera son destin : mener le Jehuty et son IA, Ada, directement au QG de l’Alliance Terrienne.

Si le scénario du premier épisode semble au départ relativement convenu et typé japanim (un jeune garçon, un robot surpuissant, des ennemis à foison), il soulève néanmoins des thèmes religieux assez symboliques, notamment par le biais d’un champ lexical clairement ancré dans la mythologie égyptienne. Le deuxième, lui, va beaucoup plus loin en termes de narration et de dramatique puisqu’il nous met dans la peau de Dingo Everett, un mineur qui va découvrir le Jehuty par inadvertance. Relié à la machine pour rester en vie, son destin est scellé : servir de kamikaze pour détruire une forteresse volante : Auman. Une mission suicide durant laquelle il rencontrera le double maléfique de son mecha : Anubis, pour un combat tout simplement anthologique et qui reste, aujourd’hui encore, gravé dans la mémoire des heureux joueurs ayant pu tester le soft. Bref, si ces fameux ZOE sont linéaires, ils n’en restent pas moins terriblement accrocheurs scénaristiquement parlant, d’autant que la narration du second est assurée par de somptueuses séquences mélangeant animé et moteur du jeu. Grisant !

Dynamisme, quand tu nous tiens

Les combats ont une pêche d'enfer!

Dès le début du projet ZOE, Kojima a voulu en faire un jeu d’action spectaculaire, influencé qu’il est par le cinéma hollywoodien. Si le premier opus impressionnait par ses combats de boss dantesques, le second rend chaque affrontement extrêmement visuel, à grands renforts d’effets de caméra immersifs. Le jeu se présente sous la forme d’un beat’em all à la troisième personne, dans lequel le Jehuty est libre de se déplace aussi bien sur terre que dans les airs, de zone de combat en zone de combat, afin de récolter moult bonus, armes secondaires et blocs de metatron, le minerai énergétique par excellence.

Pour mener à bien les nombreuses rixes qui s’annoncent, vous avez à votre disposition un auto-lock, une épée plasma et un tir laser, le tout étant combinable avec une touche de rush qui permet, par exemple, de foncer sur l’ennemi pour lui asséner une puissante coupe transversale, ou de concentrer son énergie en une énorme boule de puissance que l’on peut envoyer sur l’ennemi à la façon d’un genkidama made in Dragon Ball. Effet garanti. Vous pourrez également projeter vos ennemis ou vous en servir comme bouclier, de même qu’interagir avec certains éléments du décor. Le dynamisme est de rigueur, même si les déplacements sont assez hasardeux, surtout dans le premier titre, la caméra jouant parfois des tours au joueur. Enfin, chaque boss vous demandera une technique spécifique et ces duels seront ancrés dans le mythique, l’inoubliable même, surtout dans le deuxième volet !

Dans l’espace, personne ne t’entend…t’extasier 

Le premier ZOE a vraiment pris un sacré de vieux graphiquement parlant!

Techniquement parlant, cette compilation souffle le chaud et le froid. Si le second opus, révisé en HD, est toujours agréable à regarder grâce à son rendu cell-shadé qui lui donne un cachet unique et ses effets de rémanence dont Kojima use et abuse depuis MGS1 pour donner un style visuel à ses productions (et servir de cache-misère par moment, mais chut, ne lançons pas un débat ici-même), le premier épisode a clairement mal vieilli : textures pauvres, animations raides, séquences cinématiques dignes d’une PS1 et décors ternes et sans envergure, le constat est affligeant. Sur ce coup, on aurait aimé une refonte graphique plutôt qu’un portage pur et simple…

Heureusement, l’animation est sans faille, et la musique joue un rôle primordial dans l’ambiance qui se dégage du soft. Véritable personnage à part entière de l’histoire, la bande sonore fait dans le lyrisme démesuré, à l’image de la splendide séquence d’introduction qui vous laissera bouche bée dès les premières secondes. Pour tout vous dire, je ne peux me résoudre à me faire une session de ce ZOE HD Collection sans me retaper intégralement ladite intro avant chaque partie…et les frissons sont toujours aussi présents ! Bref, Kojima est un maître pour nous transporter dans un univers construit de toute pièces, soulever des questions existentielles profondes et jouer comme personne avec nos émotions, et ZOE en est l’une des preuves les plus criantes.

Léo ou Dingo, même combat ! 

Un scénario incroyablement prenant mis en scène avec maestria pour ZOE 2

Alors que penser de cette compilation ? Simple opportunisme de la part de Konami pour profiter du nom de Kojima ou véritable bonne affaire ? Dans la mesure où le soft a, hélas, été victime d’un certain anonymat à sa sortie sur PS2, l’idée est bonne pour permettre au plus grand nombre de profiter des joies de ce titre de mecha survolté au scénario passionnant. Hélas, il y a un cruel manque de valeur ajoutée entre les versions de base et cette HD Compilation. Grosso modo, on transpose les graphismes en HD, on ajoute une nouvelle intro et…c’est tout. Qui plus est, le premier épisode accuse sérieusement son âge et devrait rebuter les newbies de par sa progression clairement pas assistée et sa narration un peu lente…mais rien que pour comprendre tous les tenants et aboutissants du deuxième épisode, le fameux « Second Runner », le jeu en vaut la chandelle.

En conclusion, si vous ne connaissez pas la série, ruez-vous dessus pour découvrir un Kojima à contre-pied de sa production habituelle, et un final en apothéose qui vous marquera à vie. Si vous avez déjà retourné les deux opus, l’achat est vraiment dispensable. Au final, on reste sur une bonne idée, mais on aurait aimé des bonus et une refonte graphique digne de ce nom…Dommage, mais rien que pour l’épopée de Dingo Everett, on replongera avec plaisir dans ce ZOE HD Collection.

Le Vidéo-Test

Zone of the Enders

Zone of the Enders: The 2nd Runner

Réalisation: 14/20 

Si la transposition en HD ne souffre d’aucun ralentissement, scintillement ou autre anicroche contrairement à ce que l’on avait pu voir sur la compilation Silent Hill, on ne peut que déplorer l’absence de refonte graphique, notamment sur le premier opus, qui a clairement mal vieilli…

Gameplay/Scénario: 17/20 

La maniabilité est nerveuse, jouissive quoiqu’un peu redondante. Le Jehuty se contrôle au doigt et à l’œil dans le second opus, mais la jouabilité souffre de gros problèmes de caméra dans le premier. La linéarité est de mise, mais le scénario est absolument passionnant, avec un « Second Runner » qui finit en apothéose et qui vous laissera à bout de souffle. On en redemande !

Bande-Son: 19/20 

De l’électro, de la techno, mais surtout des envolées lyriques lors des combats contre les boss ou durant les séquences d’introduction, la bande sonore de ZOE est une réussite. Les voix du second opus sont également de haute volée, avec une tension et une psyché travaillée par les intonations. On adore !

Durée de vie: 14/20 

Si le premier épisode vous demandera plus de recherche, la faute à un manque flagrant d’indication sur ce qu’il faut faire et à d’innombrables allers-retours, le second se finit d’une traite et vous semblera un poil trop court. Néanmoins, on y revient avec plaisir, ne serait-ce que pour expérimenter les difficultés plus élevées et débloquer les trophées adéquats.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20 

Alors oui, cette compilation HD fait dans le minimum syndical en termes de valeur ajoutée, ne proposant qu’une intro supplémentaire et des graphismes transposés en HD. On aurait aimé une refonte graphique pour le premier, une pléthore de bonus, des ajouts scénaristiques, un trailer pour le troisième volet réclamé à corps et à cris…mais rien que pour le plaisir de redécouvrir le mythique « Second Runner », cette compilation se suffit à elle-même. Un grand moment grâce à Kojima, ça ne se refuse pas !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!