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Il y a deux ans de cela, Bandai Namco et DIMPS nous livraient Saint Seiya : Brave Soldiers sur PlayStation 3, un jeu à la gloire de la mythique série des Chevaliers du Zodiaque, rehaussé par une maniabilité directement inspirée de ce que Naruto Ultimate Ninja Storm faisait à l’époque. Malheureusement plombé par une mise en scène déplorable et des choix de gameplay douteux, le soft posait toutefois les bases de ce qui pouvait devenir une belle franchise au fils des épisodes. Ça tombe bien, voilà que la suite débarque aujourd’hui sur Next-Gen, parée d’un joli framerate à 60FPS ! Le pari est-il réussi ? Tenons-nous là, enfin, un titre qui fait honneur au manga de Masami Kurumada ? Et bien… non, définitivement.

Asgard, toute ma jeunesse !

L'arc Asgard enfin jouable dans un Saint Seiya!

L’arc Asgard enfin jouable dans un Saint Seiya!

DIMPS est un peu le vilain petit canard de Bandai Namco depuis quelque temps. Autrefois poule aux œufs d’or avec l’excellente saga Dragon Ball Z Budokai, il s’est fait un peu souffler la mise pour les adaptations de mangas en jeux vidéo par Cyber Connect 2 et son Naruto survitaminé. Du coup, sentant que les dieux de la baston étaient en train de lui tourner le dos, le développeur a décidé, après un opus de Saint Seiya sur PS2 qui misait sur un gameplay 2D, de changer la donne sur PS3 en proposant un Brave Soldiers copiant allègrement les rushs, déplacements circulaires, concentrations de Chakra (ou Cosmos ici) et vue de dos d’un certain Ninja de Konoha. La prise de risque fut appréciable, même si le titre a souffert d’énormes tares telles qu’un mode histoire trop statique, des combats à refaire trois fois de suite et une réalisation datée. On attendait donc la suite, Soldiers’ Soul, de pied ferme et plein d’espoir, en se disant que tous ces écueils seraient corrigés sur Next-Gen ! Il faut malheureusement croire que DIMPS n’a pas eu envie de se remettre en question…

Le mode histoire propose une mise en scène proche du zéro absolu et des combats à recommencer... trois fois chacun!

Le mode histoire propose une mise en scène proche du zéro absolu et des combats à recommencer… trois fois chacun!

Niveau scénario, ce Saint Seiya nouveau cru a le bon goût de suivre les quatre arcs de la saga imaginée par Masami Kurumada. Oui, vous avez bien lu, quatre ! En effet, bien que le manga ne compte que les histoires relatives au Sanctuaire, à Poséidon puis à Hadès, la série animée a dû créer de toute pièce un arc pour patienter le temps que le mangaka fignole celui sur le Dieu des Mers justement. C’est ainsi que sont nés Asgard et sa gardienne démoniaque, Hilda de Polaris, pour des épisodes qui nous proposaient des personnages bien plus torturés qu’habituellement, le tout au travers de combats menés sous un froid glacial. Il s’agit donc d’une grande première pour les amoureux des Chevaliers du Zodiaque, qui vont pouvoir s’adonner à cet arc très apprécié. Hélas, c’est vraiment la seule nouveauté « intelligente » du soft.

Un gameplay « copié-collé » et des modes sans saveur

Le 7ème sens vous permet de décupler vos forces et de déclencher votre attaque Big Bang

Le 7ème sens vous permet de décupler vos forces et de déclencher votre attaque Big Bang

Niveau jouabilité, ne cherchez pas d’énormes changements par rapport à l’opus Brave Soldiers. On est dans la redite pure et dure, avec un bouton d’attaque faible et un fort, un saut, une boule d’énergie, une garde, un concentrateur de cosmos et un déclencheur de supers attaques. Tout au plus note-t-on l’utilisation d’une touche dédiée spécialement au contre. Bien entendu, le titre offre différentes combinaisons histoire, par exemple, de faire un rush meurtrier sur l’adversaire, de le projeter ou de lancer vos précieux Météores de Pégase et autres Fureur du Dragon sur votre opposant, moyennant quelques unités de Cosmo Energie. Une jauge d’éveil est également disponible, se remplissant au fur et à mesure du combat. Elle vous permet, une fois pleine, d’accéder au septième sens, un état temporaire dans lequel vous pouvez lancer autant de supers coups que vous le souhaitez, mais aussi envoyer votre attaque Big Bang, la signature ultime de chaque Chevalier. Ces dernières sont, en général, joliment mises en scène quoique trop courtes. On est loin de la démesure d’un Naruto sur ce coup. De même, les combinaisons de touches ne sont pas toutes savamment pensées, et il arrivera parfois que l’on se plante royalement en voulant effectuer un joli contre millimétré. Au final, on se retrouve donc à utiliser la même sempiternelle technique déjà présente dans Brave Soldiers : je rushe sur l’ennemi pour ouvrir sa garde et le mettre à terre avec un combo, j’augmente mon Cosmos, et j’utilise ce gain pour rusher à nouveau, etc… jusqu’à pouvoir déclencher l’attaque Big Bang. Dommage.

On attendait énormément du mode Bataille d'Or... mais les combats se révèlent soporifiques... et "payants"

On attendait énormément du mode Bataille d’Or… mais les combats se révèlent soporifiques… et « payants »

En termes de modes de jeu, on retrouve les habituels Versus et Versus en ligne, chacun pouvant se scinder en match classique, survival ou encore Tournoi. A noter qu’il y a 5 coupes, comptant chacune 9 tournois aux règles différentes. Gros souci, ce mode manque cruellement de rythme et la voix du commentateur sortant à tout bout de champ de votre DualShock pour s’exciter à la moindre action est vraiment horripilante. A zapper. A côté de ça, on retrouve une boutique qui permet d’acquérir, moyennant de l’argent virtuel récolté en jeu, des musiques, des modèles 3D, mais aussi d’acheter tous les personnages (une septantaine avec beaucoup de variantes sur le même protagoniste) et leurs décors respectifs ou encore des « Répliques de Combat », à savoir des phrases cultes de la saga, équipables sur vos héros dans presque tous les modes pour leur donner des boosts de capacité. Là où le bât blesse, c’est qu’il faut d’abord « débloquer » tout ça en jouant le mode histoire, les tournois ou la Bataille d’Or (nous y reviendrons) pour ENSUITE attendre d’avoir assez d’argent pour l’acheter. Et croyez-moi, vu à quel point le jeu rémunère chichement l’accomplissement d’un arc scénaristique entier, vous êtes parti pour une bonne cinquantaine d’heures à enchaîner sans arrêts les mêmes affrontements…

Vous vous attendiez au dynamisme d'un Naruto dans la narration? Laissez tomber...

Vous vous attendiez au dynamisme d’un Naruto dans la narration? Laissez tomber…

On finit ce petit tour d’horizon des modes par deux grosses déception : la Bataille d’Or et l’Histoire (ou Légende du Cosmos). Le premier nous avait plutôt titillé puisqu’il devait s’inspirer du nouvel animé Saint Seiya, mettant en scène les Chevaliers d’Or revenus à la vie grâce à des armures divines. Hélas, le tout se résume à une succession de trois combats soporifiques et d’un boss pour chaque Chevalier, à débloquer via des torches… vendues à la boutique ! On nage en plein délire. Enfin, le mode Story vous permet de jouer à chaque arc de la saga, mais souffre des mêmes défauts que son aîné sur PS3 : coupures scénaristiques, mise en scène inexistante, voix-off qui fait tout le boulot et obligation de refaire chaque combat plusieurs fois pour passer au suivant. Autant dire que vous aurez tôt fait de zapper la moindre once de récit pour filer, en une heure montre en main, au bout de votre chapitre !

Nom d’un météore ! On est sur Next-Gen, là ?

Techniquement, seuls les reflets sur les armures et l'animation en 60FPS valent le détour

Techniquement, seuls les reflets sur les armures et l’animation en 60FPS valent le détour

En voyant le travail accompli par Cyber Connect 2 sur le prochain Naruto Shippuden UNS4 sur Next-Gen, on sait que le cel-shading peut devenir diablement beau, avec un rendu si proche de l’animé que la différence devient quasi inexistante. Du coup, quand on voit tourner le Saint Seiya PS4 de DIMPS, on ne peut que vérifier si l’on ne s’est pas trompé de console. Et bien non ! Si les effets de lumière sur les armures, générés par le moteur Yebis 2, sont satisfaisants, le reste de la production est complètement à la masse. Personnages modélisés de façon basique (et on ne vous parle pas des guerriers d’Asgard trois fois plus grands que les Chevaliers de Bronze… risible), décors cloisonnés aux textures pixelisées, interaction physique proche du zéro absolu… rien ne vient relever le niveau hormis une animation en 60FPS constante (vu ce qu’il y a à animer, c’est encore heureux).

Les combats s'inspirent de la méthode Cyber Connect 2... le génie en moins

Les combats s’inspirent de la méthode Cyber Connect 2… le génie en moins

Heureusement, la bande-son s’en tire « un peu » mieux, car même si on se retrouve avec des mélodies terriblement génériques lors des combats (alors que la musique d’introduction est, elle, directement inspiré du thème de la saga), les bruitages sont fidèles à la série et les voix japonaises tout à fait crédibles. Heureusement d’ailleurs, car elles doivent, à elles seules, assurer toute la mise en scène du Story Mode puisque visuellement le titre est un échec. On apprécie aussi le fait que les combattants dialoguent sans arrêt durant l’affrontement.

L’illusion du Phoenix a encore frappé !

On avait aperçu des screens aguicheurs, on avait même un peu testé le jeu à la Japan Expo 2015 et ce qu’on en avait vu nous semblait aller vers la bonne voie… mais il faut bien admettre que ce Saint Seiya Soldiers’ Soul est une amère déception. Copié-collé pas du tout « Next-Gen » de l’opus Brave Soldiers sur PS3, ce titre n’a pour lui qu’un arc Asgard pour la première fois jouable et une pléthore de personnages. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose à sauver : réalisation datée, modes de jeux poussifs, boutique hors de prix et gameplay souffrant de la comparaison avec son modèle made in Konoha. Seuls les fans absolus auront le cran de jouer des dizaines d’heures à ce soft pour débloquer et acheter l’entièreté du roster regroupant TOUS les Chevaliers de la saga (et même Hilda de Polaris!).

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 07/20

Et dire que ça tourne sur PlayStation 4 ! Bon sang, mais à quoi pensait DIMPS en nous offrant un soft aussi peu abouti visuellement ! Textures basiques, cel-shading fade, mise en scène inexistante en mode histoire, … seule l’animation constante à 60FPS sauve les meubles.

Gameplay/Scénario: 13/20

Le titre est un copié-collé du gameplay de Brave Soldiers, lui-même ayant plagié, en moins bon, celui de l’excellente saga Naruto UNS. On se retrouve donc avec une jouabilité qui se veut nerveuse mais vous poussera, au final, à toujours utiliser la même tactique, la faute à des combinaisons de touches pas toujours bien pensées. Le scénario, quant à lui, même s’il a le mérite d’offrir l’arc Asgard, souffre d’une absence totale de mise en scène. Enfin, le mode Bataille d’Or, qui aurait du faire vibrer le cœur des fans, se révèle n’être qu’une succession de combats insipides… et payants en monnaie de jeu !

Bande-Son: 14/20

La musique d’introduction du soft nous laissait espérer une B.O. digne de ce nom, mais l’enthousiasme retombe vite durant les combats avec des mélodies totalement génériques. Par contre, les bruitages et doublages japonais sont vraiment respectueux de la licence.

Durée de vie: 10/20

Si vous voulez TOUT débloquer dans la boutique puis TOUT payer en monnaie de jeu, vous allez en avoir pour plusieurs dizaines d’heures. Le souci, c’est que cette durée de vie est purement artificielle puisqu’elle vous obligera à répéter inlassablement les mêmes combats et tournois jusqu’à plus soif. Tout joueur normalement constitué aura jeté l’éponge bien avant, à raison.

Note Globale N-Gamz.com: 10/20

On y a cru, à ce Saint Seiya Soldiers’ Soul ! On pensait que DIMPS allait gommer les imperfections de l’opus antérieur, garder ce qui était bon, pour nous offrir un vrai jeu Next-Gen à la hauteur de cette série mythique ! Et bien non. Avec sa réalisation datée, ses errances de gameplay, ses modes de jeux inintéressants et sa mise en scène aux abonnées absentes, ce jeu de combat ne pourra susciter l’intérêt que chez les fans purs et durs de la licence qui auront bien du mal à débloquer l’intégralité de son contenu en « s’amusant ». Allez Bandai Namco, quand Cyber Connect 2 aura terminé son dernier Naruto, tu ne lui donnerais pas les aventures des Chevaliers de Bronze comme travail de vacances ?



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Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!