Review

Dans la collection des jeux de moto, MotoGP fait partie des musts. Dans cette nouvelle version estampillée « 2015 », vous trouverez ainsi pas moins de 200 pilotes, 122 équipes, 18 circuits, un nouveau championnat Motos deux-temps, et même une safety-car. Bref, Milestone nous propose là un soft pour lequel des heures de folles courses à deux-roues semblent être au programme. Alors… sensations haletantes ou ennui mortel ?

Un gage de qualité

Lancez-vous dans une carrière solo complète!

Lancez-vous dans une carrière solo complète!

C’est Milestone, le studio italien spécialisé dans les jeux de simulation auto-moto qui s’est collé au développement de ce MotoGP 15, et c’est avec une certaine expérience dans le domaine qu’ils ont créé le soft, c’est un fait. Rappelons qu’on leur doit la série SBK, mais aussi MotoGP 13 & 14 de même que le très récent Ride. Forcément, avec un tel palmarès au compteur, le joueur qui s’est porté acquéreur de MotoGP 15 est quasi assuré d’avoir entre les mains un jeu de qualité avec un gameplay à la hauteur de ses espérances. Il n’en reste pas moins qu’avec un soft aussi soigné dans les détails, on peut également garder l’espoir de quelques surprises cachées par rapport aux opus antérieurs, d’autant que le cette version 2015 avait pris un peu de retard avant sa sortie.

Mais en apparence, rien de bien révolutionnaire ici. MotoGP 15 reste une simulation de moto, plutôt bien au-dessus de la moyenne de ce que l’on peut trouver dans les jeux de cette catégorie sortis ces derniers mois sur les différentes consoles. Outre la foison de pilotes, d’équipes et de courses différentes, on retrouve heureusement en guise de nouveautés un championnat de motos deux-temps et une safety-car qui a fait son apparition en queue de course.

Une bonne immersion

Une immersion renforcée par la tonne de réglages possibles

Une immersion renforcée par la tonne de réglages possibles

MotoGP 15 propose plusieurs modes de jeu dans lesquels battre le pavé. Vous avez bien sûr la possibilité d’accéder au championnat, aux courses rapides, aux contre-la-montre, mais également au mode carrière. Pour vous lancer dans le jeu, vous avez donc la possibilité de créer votre propre pilote. Ensuite, vous pouvez débuter les courses, pour enfin signer dans les meilleures écuries selon votre niveau de débrouillardise durant votre progression. Pour les fans du genre, l’expérience est jouissive. Vous avez là une véritable occasion de vous identifier à un vrai pilote. Aux commandes de votre bureau, outre la gestion de votre progression et la possibilité d’accéder à de judicieux conseils, vous pouvez également voir et revoir des photos et des vidéos des meilleurs moments du championnat MotoGP.

Étrangement, les animations lors des chutes se ressemblent toutes

Étrangement, les animations lors des chutes se ressemblent toutes

Mais penchons-nous un peu plus sur les sensations de pilotage. Car l’avantage du studio Milestone, c’est que le jeu est très précis. Au guidon d’engins surpuissants, la prise en main reste relativement facile, même si le mode pro s’avère beaucoup plus exigeant. Il faut dire que plusieurs options d’aide à la conduite sont à disposition, mais peuvent néanmoins se désactiver à tout moment. Mais attention, car des pénalités sont prévues pour ceux qui ne respecteraient pas les trajectoires prévues. Inutile donc d’essayer d’éviter les virages en ne faisant que des lignes droites, vous irez droit à l’échec. Encore une fois, l’expérience de simulation est suffisamment bonne pour permettre une bonne immersion dans le monde des courses de motos.

Retour à la réalité avec la technique

Mais tout cela reste sans surprise, et en particulier lorsque l’on s’est déjà attardé sur des précédents opus de la saga MotoGP. En revanche, cette édition 2015 signe l’avènement de la série sur les consoles next-gen, la version 2014 n’étant qu’un simple portage. Et à ce niveau-là, on aurait pu s’attendre à une réelle bonne surprise. Loupé. Techniquement et graphiquement, on reste en deçà des capacités qu’offrent les consoles actuelles. Si les motos sont plutôt jolies et détaillées, on ne peut pas en dire autant des environnements. Fades et statiques, les décors ne profitent absolument pas des capacités offertes dans les jeux vidéo à l’heure actuelle, et un aliasing bien trop présent vient très souvent gâcher l’expérience de jeu. Bizarrement, on déplorera également des animations de chutes toujours identiques quelle que soit la manière dont l’accident est arrivé. Et qu’on se le dise, pour atteindre une partie, les temps de chargement sont longs, très longs, ce qui n’est pas pour améliorer les quelques défauts précédemment cités.

Si les motos sont joliment modélisées, on ne peut pas en dire autant de la réalisation du reste du jeu

Si les motos sont joliment modélisées, on ne peut pas en dire autant de la réalisation du reste du jeu

Du côté de la bande-son, le studio s’est très clairement reposé sur ses acquis. Le rendu sonore des motos est très loin de la réalité et ressemble plus à un bourdonnement d’insecte qu’aux vibrations d’une grosse cylindrée. Au Niveau des autres bruitages, pas grand-chose de beaucoup plus positif. Ce qui est dommageable, c’est qu’en jouant à un jeu Milestone, on pourrait s’attendre à une immersion liée également aux sensations sonores, tandis que cette bande-son là nous renvoie plutôt à la triste réalité: il s’agit bien d’un simple jeu vidéo et ce n’est pas demain la veille que l’on chevauchera son engin sur les plus grands circuits.

Top ou flop ?

Dans ce MotoGP 15, les mêmes bases habituelles de la saga sont reprises. C’est donc sans réelles surprises que l’on joue, même si l’expérience reste néanmoins plus que séduisante notamment grâce à sa capacité d’immersion et aux bonnes sensations ressenties pendant les courses. Gérer son propre pilote en mode carrière ou incarner les plus grands coureurs de l’histoire du championnat MotoGP reste appréciable, mais l’expérience et surtout la réelle impression d’immersion sont quelque peu gâchées par des défauts techniques, aussi bien graphiques que sonores, qui ne sont franchement pas pardonnables à l’heure des consoles next-gen. Heureusement que la prise en main et le gameplay restent agréables. La morale de tout ça? Milestone a un réel savoir-faire en matière de jeu de simulation, c’est un fait, mais ferait bien de ne plus trop se reposer sur ses acquis.

La bande-annonce

Réalisation: 13/20

Si les motos sont plutôt jolies et détaillées, on ne peut malheureusement pas en dire autant des environnements et des décors qui sont plutôt fades et statiques. On reprochera également un aliasing trop présent qui vient gâcher l’expérience de jeu. Globalement, MotoGP 15 est très en deçà de ce que peuvent offrir les consoles next-gen, et sur une licence aussi bien ficelées, c’est vraiment dommage.

Gameplay/Scénario: 18/20

Niveau simulation, Milestone est passé maître en la matière. Ici, rien n’est fait au hasard et l’expérience de jeu est plutôt précise et joussive. De bonnes sensations de pilotage et une bonne immersion offerte en particulier par la possibilité de gérer la carrière de son propre pilote personnalisé permettent aux fans de courses de moto de s’offrir un jeu vidéo à la hauteur de leurs espérances.

Bande-Son: 8/20

La bande-son est très clairement le plus gros défaut de MotoGP 15. Les bruitages sont d’un ennui mortel et pire, les motos ne diffusent que d’étranges bourdonnements d’insecte en lieu et place des vibrations vrombissantes des plus gros engins motorisés. C’est d’autant plus dommage que l’immersion apportée par le gameplay en est gâchée, car ces bruitages ratés nous renvoient à une réalité vidéoludique plutôt tristounette.

Durée de vie: 16/20

MotoGP 15 propose des modes de jeux classiques, qu’il s’agisse du championnat, des courses rapides, des contre-la-montre ou du mode carrière. De quoi occuper de nombreuses heures de jeu avant de faire le tour des différents pilotes, des différentes motos et des différentes courses proposées. A cela s’ajoutent, en bonus pour les fans, des images des meilleurs moments du championnat MotoGP IRL.

Note Globale N-Gamz.com: 13,5/20

Milestone est passé maître en la matière de jeu de simulation et c’est un gameplay de haute qualité que nous propose ce MotoGP 15, agrémenté de bonnes sensations et d’une impression d’immersion quasi-totale portées par des modes de jeu intéressant. Sauf que le développeur semble s’être reposé sur ses acquis et a clairement loupé le coche du passage à la next-gen. En effet, au niveau de la réalisation, on est très en-deçà de ce que les nouvelles consoles peuvent offrir, en particulier sur les environnements, les décors et les bruitages. Heureusement, les détails minutieux des motos, plutôt jolies, viennent un peu sauver les meubles.



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CerberusXV3
CerberusXV3
Un smartphone greffé dans la main gauche, une manette dans la droite, polyvalente, rebelle, débrouillarde, un poil geeky, tatouée, piercée, pas fataliste mais réaliste, n’aime pas les préjugés, addict au café et à la junk-food, bref : comme tout le monde, mais en pire.