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17 ans après une première adaptation ciné qui avait rencontré un gros succès malgré pas mal d’errances vis à vis de son modèle vidéoludique, la licence Tomb Raider revient enfin au cinéma pour tenter de combler les fans de la saga autant que les amoureux de films d’aventure façon Indiana Jones. Si on regrettera de devoir dire adieu à Angelina Jolie, qui incarnait la Lara Croft « Old School » à merveille, on accueille à bras ouverts une Alicia Vikander qui a clairement payé de sa personne pour rendre crédible ce portage du jeu « reboot » de 2013 sur grand écran. Seulement voilà, autant l’idée de nous raconter la transformation de la jeune Lara en girl la plus badass du monde marchait à 200% sur consoles et PC, autant l’exercice de style auquel s’est prêté l’aquatique réalisateur Roar Uthaug (The Wave) prend malheureusement… un peu l’eau justement! Naufrage en vue?

« Lara livreuse à vélo… oui: R. Uthaug l’a fait! »

Alors que Lara Croft est, dans l’esprit de beaucoup de cinéphiles, incarnée « physiquement » à la perfection par Angelina Jolie malgré la qualité totalement bancale du dernier film en date, alias « Le Berceau de la Vie« , c’est à présent une toute nouvelle actrice que l’on retrouve dans la peau de l’égérie féminine de toute une génération de gamers et de cosplayeuses: la très oscarisée Alicia Vikander (The Danish Girl, Ex Machina)!

Il faut dire que Miss Jolie prend de l’âge (et de la maigreur… ahem), aussi quoi de mieux que d’utiliser l’excellent reboot vidéoludique de la saga, créé en 2013 par le talent de Crystal Dynamics, pour relancer avec une actrice plus jeune et athlétique une franchise qui avait cartonné au box-office hollywoodien?

« On ne peut que saluer l’incroyable performance physique d’Alicia Vikander »

C’est en tout cas l’idée derrière ce « Tomb Raider » de 2018, adaptation par moment très « copié-collé » du jeu vidéo éponyme d’il y a 5 ans, nous narrant la genèse de Lara Croft et son passage de jeune fille de bonne famille à aventurière ultra badass, en plein coeur d’une île maudite censée abriter la mortelle Impératrice Himiko, celle qui pouvait « donner la vie ou la reprendre » d’un simple toucher.

Une légende qui a obnubilé le père de notre chère Lara au point qu’il en disparaisse mystérieusement, provoquant chez notre héroïne le désir intense de le retrouver… quoi que cela lui en coûte! Le souci, c’est que les Trinitaires, une organisation secrète cherchant à assouvir le monde, suivait Papa Croft de très près pour mettre la main sur le tombeau d’Himiko… et commence à s’intéresser dangereusement à notre chère Lara!

« Une séquence « copié-collé » dans une mer déchaînée terrifiante »

Niveau réalisation, placer Roar Uthaug, à qui l’on doit le film catastrophe « The Wave », aux commandes d’un long métrage qui met oppose Miss Croft à un milieu naturel hostile et déchaîné, c’est s’assurer de superbes environnements extérieurs et de séquences chocs en eaux troubles. Malheureusement, si le passage du naufrage nous livre une mer glaçante d’effroi tandis que celui des rapides, avec cet avion en ruines surplombant une immense chute d’eau, rappellera de bons souvenirs aux fans du jeu vidéo, le reste est loin, très loin, de son modèle qui avait fait de l’île de Yamatai un personnage à part entière, sombre, effrayant, visceral.

Non ici, il y a trop de plans en journée pour instiller une quelconque crainte en nous, pas assez de faune (aucune, en fait), et si on saluera l’incroyable performance physique d’une Miss Vikander qui a vraiment payé de sa personne pour incarner cette jeune Lara, on reste déçu par le manque de surprises des scènes d’action, certaines sonnant même ultra faux comme la ridicule course à vélo dans les rues de Londres ou encore la rébellion durant laquelle le nouveau compagnon de notre héroïne, incarné par Daniel Wu, prend les armes pour sauver la belle alors qu’il ne la connaît que depuis peu…

« Un bad guy qui se la joue borderline… 5 minutes seulement »

A cela s’ajoutent une liberté scénaristique plutôt « pourrie » (sorry, je n’ai pas d’autres mots) au sujet du père de Lara qui risque de courroucer les fans de l’oeuvre originelle, des flashbacks relativement soûlants qui tentent de justifier le lien entre la belle et son géniteur, ainsi qu’un mix improbable entre le méchant du premier jeu et le groupuscule secret du second soft.

Un mélange qui nous livre un Mathias Vogel (Walton Goggins) paraissant délicieusement borderline et non manichéen dans les cinq premières minutes de sa prestation, avant de s’effondrer comme un soufflé par la suite. Et on ne parle pas de la psyché de Lara, abordée avec brio dans le jeu et totalement survolée ici, nous offrant une héroïne qui n’évolue jamais vraiment alors que le passage à l’âge adulte était pourtant le leitmotiv principal du reboot.

« Un unique tombeau loin de déchaîner les passions… Et sans paranormale en plus! »

Terminons ce tableau des doléances par une énorme liberté scénaristique qui fait passer à la trappe tout élément surnaturel du film alors que le paranormal fait justement partie intégrale de l’A.D.N. de la saga, ainsi qu’un tombeau final (unique tombeau d’ailleurs) un peu cheap, et vous comprendrez que la déception prédomine chez les amoureux des jeux vidéo. Et chez les fans de longs métrages d’aventure alors? Et bien à ce niveau, force est de constater que le film de Roar Uthaug est efficace mais… sans surprises. Il y a mieux ailleurs, c’est un fait, mais il y a bien pire aussi.

Bref, Tomb Raider a véritablement le « fessier » entre deux chaises: d’un côté il copie-colle à l’extrême certaines séquences du jeu pour faire plaisir aux fans avant d’envoyer bouler certains fondamentaux de la saga histoire de bien les énerver, et de l’autre il ne parle qu’à moitié aux adeptes de blockbusters d’aventure par une construction trop prévisible et sans surprises… Un « honnête » film, mais pas une vraie bonne adaptation du merveilleux reboot vidéoludique de 2013! A voir, une fois…

La Bande-Annonce

Note Globale N-Gamz: 2,5/5



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Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen/seinen tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite, Asebi, ... Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!