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S’attaquer à un pilier de la littérature française est un pari audacieux de la part de Takahiro Arai (Darren Shan), qui a souhaité sous son trait donner vie à une oeuvre emblématique de Victor Hugo: Les Misérables. Les éditions Kurokawa ont-elles eu raison de se pencher sur cet audacieux mangaka ? Vous le saurez en vous laissant porter par cette interprétation… fascinante! 

Un classique de Victor Hugo à la sauce Shonen? Pari osé!

Un classique de Victor Hugo à la sauce Shonen? Pari osé!

L’histoire des Misérables nous décrit l’enfance très dure de Jean Valjean dans une France du début du XIXè. En charge de gagner de l’argent pour nourrir sa sœur et ses sept enfants, il se retrouve malheureusement condamné à 19 ans d’incarcération pour avoir volé du pain. A sa sortie de prison, il n’est plus qu’un homme qui a tout perdu, sans aucun foi envers la société. Rejeté par tous, il trouve heureusement refuge chez l’évêque Bienvenu, un homme qui changera à jamais l’existence de l’ancien forçat.

D’entrée de jeu, le lecteur des Misérables est visuellement interpellé par la couverture des volumes, aux illustrations soignées arborant d’attirantes couleurs, tout en évoquant un graphisme ancien. On vous rassure, l’intérieur est tout aussi frappant grâce à la patte artistique de Takahiro Arai qui se marie à merveille avec le style de l’histoire. Le mangaka possède en effet une touche de réalisme poussée, tout en ne reniant à aucun moment son appartenance au design du manga. Le trait est léger et fluide mais parvient souvent à se montrer terriblement fort pour souligner le côté dramatique de cet univers.

Un encrage sombre et des ombres qui retranscrivent à merveille les émotions

Un encrage sombre et des ombres qui retranscrivent à merveille les émotions

L’auteur nous retranscrit avec force les différentes émotions, le tout accentué comme il se doit par un encrage et des ombres qui achèvent de rendre le visage des protagonistes incroyablement expressif. Les trames, enfin, s’avèrent très sombres pour accentuer encore, s’il le fallait, l’aspect très noir et dur du récit. Bref, la lecture des Misérable est un vrai plaisir pour les yeux.

L’histoire, quant à elle, reste fidèle à l’oeuvre originale même si elle en modifie l’ordre des chapitres. Cela ne change en rien l’intensité de la narration, que du contraire puisqu’en présentant dès le départ le personnage de Jean Valjean, le rscénario y gagne en force. Au fil des tomes, une description précise et pertinente de tous les protagonistes importants est mise en place par l’auteur, qui n’hésite pas, pour notre plus grand plaisir, à utiliser des figures de style pour nous les représenter en animaux. Ainsi Jean Valjean nous apparaît comme un lion sombre puis lumineux, tandis que que Thénardier est vu comme un serpent perfide. Un choix judicieux qui facilite la compréhension des sentiments de nos héros et la perception que leur entourage peut avoir d’eux.

La représentation des héros en version animale est incroyable de véracité et de pertinence!

La représentation des héros en version animale est incroyable de véracité et de pertinence!

De plus, l’oeuvre de Victor Hugo se veut également didactique puisqu’elle dépeint avec brio le développement de la société française à la fin de l’Ancien régime, avec les trois Ordres que sont Noblesse, Clergé et Tiers-Etat. Un petit cours d’histoire version manga, en quelque sorte, pour une adaptation très réussie offrant une lecture facilitée d’un grand pilier de notre littérature.

Allez, soyons honnête: un classique tel que « Les Misérables » qui se voit retranscrit en manga a tout du pari un peu fou, mais il s’agit au final d’une indiscutable réussite de la part de Takahiro Arai. Réussir à transmettre toute la force des sentiments et la noirceur des romans n’était pas chose aisée, mais cette transposition « nippone » vous fera largement aimer les titres phares de cette époque si vous y étiez hermétique. Je la recommande à tous!

Note Globale N-Gamz: 5/5



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Yzabel
Yzabel
Je suis une passionnée de manga et de tout ce qui touche à la culture asiatique en général, mais surtout de tout ce qui est en rapport avec les Yokaï. Fan de lecture, je suis également cosplayeuse et dessinatrice à mes heures perdues.