Review

Les fonds sous-marins ont toujours été à la fois une source de terreur et d’inspiration pour l’Homme, c’est un fait. Ainsi, si 20.000 Lieues sous les Mers de Victor Hugo autant que Abyss de James Cameron nous dressaient un portrait de nos océans pas si apeurant que ça (bon ok, il y avait un calamar géant… mais ça se mange!), force est de constater que le film « Sphere », mettant en scène la sublime Sharon Stone, en avait refroidi plus d’un sur la conquête du Royaume de Poséidon. C’est justement vers cette seconde optique que nous entraîne Nokuto Koike au travers d’un huis clos haletant et clairement déstabilisant… Bienvenue dans 6000 pour… 6000 mètres de profondeur!

Kengo se retrouve coincé… à 6000 mètres de profondeur!

L’Océan, avec un O majuscule, reste clairement la dernière conquête de l’Homme sur Terre. Bien plus que l’Espace, nos fonds sous-marins grouillent de vies inconnues, d’immensités inexplorées… et de peurs viscérales. Alors imaginez les sentiments qui peuvent étreindre Kengo Kadokura, jeune ingénieur de la société nippone Ekoden, lorsqu’il se voit contraint, suite au rachat de son employeur par la méga-corporation chinoise Shangai Kyosei, d’intégrer une équipe d’enquêteurs chargée de donner le feu vert à la ré-exploitation d’une station sous-marine baptisée Cofdeece. Le souci, c’est que cette station a été brutalement fermée, il y a trois ans de cela, lorsque sa vingtaine d’occupants est morte dans d’horribles circonstances! Ne voulant pas perdre son job et comptant sur son mentor, Danzaki, pour l’épauler, notre héros malgré lui va bien devoir se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond ici-bas, surtout lorsqu’il commence à avoir des visions sanglantes d’événements passés… et que de mystérieux « accidents » mortels se produisent un peu partout autour de lui.

Le graphisme et la mise en scène de 6000 sont incroyablement… malsains!

Passé ce pitch scénaristique empreint de mystères et qui augure du meilleur pour la suite s’il est maîtrisé, attardons-nous sur le graphisme de ce 6000 arborant des traits précis et réalistes avec des scènes parfois assez « gores » qui vous glaceront le sang. Le découpage est également très bon, tandis que le chara-design permet de reconnaître aisément les personnages, leurs expressions d’effroi étant fidèlement retranscrites. Mais surtout, la synergie entre le récit et les plans voulus par l’auteur est totalement diabolique, offrant une mise en scène vraiment inspirée et… malsaine!

Alors certes, d’aucuns trouveront une redite de « Sphere », le film, dans sa faculté à créer un huis-clos sous-marin assez prenant, mais on veut largement donner sa chance à 6000 pour nous proposer autre chose qu’une vision de nos peurs profondes se matérialisant sous la forme d’un calamar géant ou d’une nuée de méduses, par exemple (ceux qui ont vu le film me comprendront). Seule la suite du scénario nous dira si nous avons eu raison de faire confiance à Nokuto Koike ou pas.

Quoiqu’il en soit, force est de constater que ce 6000, brillamment édité par Komikku, nous entraîne très loin en termes de malaise, de claustrophobie et surtout de visions de terreur avec un cliffhanger final qui nous promet d’excellentes choses pour le tome suivant. Oubliez les zombies et les extraterrestres: l’horreur, la vraie, est psychologique… et 6000 va vous la faire vivre comme jamais!

Note Globale N-Gamz: 4,5/5



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!