Les dernières données de Circana, relayées par l’analyste Mat Piscatella, dressent un tableau sans appel pour le format physique sur PlayStation et le mouvement « No Disc, No Buy », créé pour tenter de contrer l’annonce de Sony de stopper toute production de disques physiques pour les jeux qui sortiront après le 1er janvier 2028 .
En effet, en cette année 2026, seulement sept titres PS5 ont réussi à franchir le cap symbolique des 100.000 unités vendues en version boîte aux États-Unis. Dans la seule semaine se terminant le 11 juillet, à peine deux jeux ont dépassé les 10.000 copies physiques. Ces chiffres, loin d’être anecdotiques, illustrent une tendance de fond : la grande majorité des consommateurs a déjà tourné le dos aux disques optiques au profit du numérique.
Ces statistiques corroborent des analyses antérieures indiquant que près de 85 % des ventes de jeux PlayStation s’effectuent désormais via le PS Store. Face à cette réalité de marché implacable, la décision de Sony de cesser complètement la production de disques physiques à partir du 1er janvier 2028 apparaît comme une évolution logique et pragmatique. Plutôt que de maintenir un format en déclin qui pèse sur les coûts logistiques, environnementaux et de stockage, le géant japonais s’aligne sur les habitudes d’achat de sa base installée. Le numérique offre une accessibilité immédiate, des mises à jour fluides et une empreinte écologique réduite — autant d’atouts que les données de Circana viennent objectiver.
Dans ce contexte, le fameux mouvement « No Disc, No Buy » qui agite les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines, apparaît comme une minorité vocale mais peu représentative. Sur X (anciennement Twitter) et autres plateformes gratuites, les appels au boycott des versions numériques font du bruit, mais ils peinent à se traduire en actes d’achat concrets. Acheter un jeu physique implique un effort (se déplacer en magasin, payer parfois plus cher, gérer le stockage), tandis que cliquer sur « acheter » en ligne reste instantané et indolore. Les chiffres de Circana démontrent que, malgré le tapage médiatique, la grande majorité des joueurs vote avec son portefeuille en faveur du digital. Ce décalage entre le volume des protestations en ligne et la réalité des ventes physiques souligne combien ce courant reste marginal et déconnecté des dynamiques économiques réelles du secteur.
Au-delà des statistiques pures, cette situation révèle une mutation profonde de l’industrie. Les éditeurs comme Sony n’investissent plus massivement dans la logistique des boîtiers, des manuels et des stocks physiques alors que la demande s’effondre. Les quelques titres qui continuent de bien se vendre en version boîte (souvent des blockbusters AAA ou des franchises établies) ne suffisent pas à justifier le maintien d’une infrastructure coûteuse pour l’ensemble du catalogue. La suppression progressive des disques n’est donc pas une décision arbitraire ou anti-consommateur, mais une réponse rationnelle à un marché qui a déjà tranché.
En définitive, les données Circana de mi-2026 constituent un signal clair : l’ère du physique touche à sa fin pour PlayStation, et Sony agit en conséquence. Les défenseurs les plus bruyants du format disque ont beau s’indigner sur les réseaux, ils restent une frange minoritaire incapable de renverser la tendance par leurs seuls achats. Le futur du jeu vidéo s’écrit sans plastique, et les chiffres le confirment jour après jour.

















