Les chiffres publiés cette nuit par Microsoft pour son troisième trimestre fiscal 2026 (période close le 31 mars) confirment ce que beaucoup redoutaient : la branche Xbox est en chute libre alors que le reste du groupe affiche une santé insolente. Avec un chiffre d’affaires global de 82,9 milliards de dollars (+18 % sur un an) et un bénéfice net en forte hausse, Microsoft continue de surfer sur la vague du cloud et de l’IA. Mais dans le même temps, la division gaming affiche des résultats désastreux qui interrogent sérieusement l’avenir de la marque Xbox.
Xbox Content & Services a reculé de 5 % (et 7 % à taux de change constant), tandis que les revenus hardware ont plongé de 33 % sur un an. Au total, le segment gaming a vu son chiffre d’affaires baisser de 7 %. Ces chiffres, issus du rapport officiel et commentés par The Verge, Windows Central, GamesIndustry.biz et Bloomberg, marquent le énième trimestre consécutif de déclin pour une division qui peine à trouver son souffle depuis des années.
Ces mauvais résultats interviennent seulement quelques semaines après le départ de Phil Spencer et de Sarah Bond, et sous la houlette d’Asha Sharma, arrivée il y a peu à la tête de Microsoft Gaming. Malgré le mémo interne dans lequel elle reconnaissait que le Game Pass était devenu « trop cher pour les joueurs » et la récente baisse de prix de l’abonnement Ultimate, les effets ne se font pas encore sentir. Au contraire, les observateurs y voient la confirmation que la stratégie ultra-agressive de Phil Spencer – multiplateforme à outrance, dilution des exclusivités, mise sur le Game Pass comme unique horizon – a fini par détruire la valeur même de la marque console.
Les analystes de Circana et Ampere Analysis, cités par Pure Xbox et Insider Gaming, soulignent que la chute brutale des ventes hardware reflète un manque cruel d’attractivité des Xbox Series X|S, tandis que le recul des revenus contenus et services montre que même le Game Pass, malgré son catalogue, ne parvient plus à compenser la stagnation. Asha Sharma elle-même a reconnu sur X que « la croissance des joueurs et des revenus n’a pas encore atteint nos ambitions », une déclaration rare de lucidité qui sonne comme un aveu d’échec à peine déguisé.
Cette situation contraste violemment avec la santé éclatante du reste de Microsoft. Le Cloud (Azure en tête) et les produits de productivité tirent l’entreprise vers le haut, permettant au groupe d’afficher des résultats records. La branche Xbox apparaît désormais comme un boulet financier et stratégique, un vrai cancer, d’autant plus que les erreurs accumulées sous Spencer (fermetures de studios, annulations de projets, dilution des exclusivités sur PS5 et PC, mensonges à outrance) ont durablement abîmé l’image de la marque auprès des consommateurs.
Face à ces chiffres alarmants, de nombreux observateurs estiment que la disparition progressive, voire totale, de la branche Xbox hardware n’est plus une hypothèse farfelue. Avec le Project Helix qui s’annonce comme une machine hybride potentiellement sous-traitée, et une stratégie qui semble de plus en plus tourner le dos à la console traditionnelle, Microsoft pourrait bien choisir de recentrer ses efforts sur le software et le Game Pass, au risque de sacrifier définitivement l’identité console qui a fait le succès historique de la marque.
Les prochains trimestres seront décisifs. Mais une chose est déjà claire : après plus de dix ans de promesses non tenues sous Phil Spencer, et malgré les efforts louables d’Asha Sharma, la division Xbox paie aujourd’hui au prix fort une stratégie qui a fini par la couper de ses racines. Microsoft prospère, Xbox souffre. Le divorce semble de plus en plus inéluctable.
Le plus drôle dans tout ça ? On avait prévenus les Ultra-Xbox depuis bientôt dix ans que Spencer allait droit dans le mur et… ils nous ont tous ri au nez ! Alors maintenant, qui rigole ? Comme quoi, pour analyser l’actualité vidéoludique, il vaut mieux avoir 40 ans d’expérience dans le domaine que de faire son Kevin illettré qui ne jure que par une marque, non ?
















