Il y a peu, l’Insider Billbil-kun, via Dealabs, levait le voile sur ce qui s’annonce comme le nouveau visage low-cost de l’écosystème Xbox : le Game Pass Starter Edition. Présentée comme une porte d’entrée abordable, cette formule – intégrée à l’abonnement Discord Nitro à 9,99 € par mois – promet un catalogue de plus de 50 jeux (près de 58 titres selon les fuites les plus précises), des avantages in-game, des points Rewards et une compatibilité Play Anywhere. Parmi les perles du lot : DOOM Eternal, Fallout 4, Gears 5, Hades, Stardew Valley, Deep Rock Galactic, The Elder Scrolls Online ou encore Chivalry 2. Un assortiment hétéroclite qui mêle blockbusters d’hier, indés cultes et expériences coopératives. Le tout accessible sur console, PC et appareils compatibles, avec un lancement estimé mi-mai 2026. Sur le papier, une aubaine pour les néophytes ou les budgets serrés.
Pourtant, derrière cette vitrine séduisante se cache une réalité bien plus amère. Le premier écueil saute aux yeux : une limite draconienne de 10 heures par mois en Xbox Cloud Gaming. Si le téléchargement local sur console ou PC reste illimité, le streaming – pilier de la flexibilité vantée par Microsoft – est étranglé dès le départ. Pour un service qui mise sur l’accessibilité nomade, c’est un coup de poignard dans le dos des joueurs occasionnels ou nomades. Mais le vrai coup de massue, celui qui fait hurler la communauté, réside ailleurs : l’absence totale de multijoueur en ligne sur console. Pour la première fois dans l’histoire du Game Pass, un palier console se voit privé de cette fonctionnalité cardinale. Même les titres phares du catalogue – Fallout 76, Deep Rock Galactic, Among Us, Gang Beasts, Overcooked! 2, DayZ ou Warhammer 40,000: Darktide – deviennent des expériences solo tronquées. Pire : selon les analyses d’Insider Gaming, cette restriction s’étendrait potentiellement aux jeux achetés séparément. Un comble pour une console pensée comme un hub social.
L’ironie est savoureuse, et surtout cruelle. Microsoft avait dépensé 69 milliards de dollars pour avaler Activision Blizzard, promettant que Call of Duty allait enfin propulser le Game Pass vers des sommets. Résultat ? Des ajustements chaotiques orchestrés par Asha Sharma : baisse de prix récente, report du day-one pour les futurs Call of Duty, et maintenant cette offre Starter qui ressemble à un aveu d’impuissance. Au lieu de consolider un service mature, Xbox bricole des formules hybrides, bundles Discord et restrictions alambiquées. Le Game Pass, autrefois synonyme d’abondance et de générosité, se mue en patchwork confus où chaque palier semble conçu pour décourager plutôt que pour fidéliser. On passe d’une promesse de « bibliothèque infinie » à un menu discount où le cœur battant du jeu vidéo moderne – le jeu en ligne – est purement et simplement amputé.
Sur Reddit, X et les forums, les réactions oscillent entre consternation et franche hilarité. Les mèmes fusent : « 58 jeux pour jouer tout seul comme en 2005 », « Xbox invente le Game Pass solo mode ». Les joueurs console, cible historique de la marque, se sentent floués. Pourquoi souscrire à un palier qui transforme des expériences coopératives en aventures solitaires, quand l’Essential ou l’Ultimate offrent le vrai package ? Cette Starter Edition n’est pas une porte d’entrée : c’est un cul-de-sac stratégique. Elle révèle une direction aux abois, incapable de stabiliser un modèle d’abonnement qui, malgré les milliards injectés, peine à décoller comme espéré.
Au final, ce lancement avorté avant même son officialisation en dit long sur le désarroi de Microsoft Gaming. Entre un logo dynamique, des prix rabotés et des restrictions absurdes, la marque verte accumule les couacs. Le Game Pass, autrefois fer de lance d’une révolution, devient le symbole d’une stratégie erratique, où l’on sacrifie la cohérence sur l’autel de la rentabilité à court terme. Xbox voulait reconquérir les gamers. Avec le Game Pass Starter Edition, elle risque surtout de les faire fuir en leur offrant… une version édulcorée de ce qu’ils possédaient déjà. Un échec annoncé, risible et, surtout, révélateur d’une maison mère qui ne sait plus très bien ce qu’elle veut faire de son joyau. Les abonnés, eux, attendent toujours la renaissance promise. Pour l’heure, ils n’ont droit qu’à un fond d’écran animé et à un multijoueur fantôme. Pathétique.
Ah oui, on a failli oublier, voici la liste des jeux histoire d’enfoncer le clou :
- Among Us
- ASTRONEER
- Batman™: Arkham Knight
- Celeste
- Chivalry 2
- Cities: Skylines – Remastered (y compris Cities: Skylines – Windows 10 Edition & Cities: Skylines – Xbox One Edition)
- Control (y compris Control Ultimate Edition)
- Crash™ Team Racing Nitro-Fueled
- DayZ
- Dead Cells
- Deep Rock Galactic
- Descenders
- Dishonored 2
- Disney Dreamlight Valley
- DOOM 64
- DOOM Eternal
- Fable Anniversary
- Fallout 4
- Fallout 76
- Firewatch
- Gang Beasts
- Gears 5 (y compris édition GOTY)
- Golf With Your Friends
- Grounded
- Hades
- Halo 5: Guardians
- Halo Wars 2
- Hellblade: Senua’s Sacrifice
- Human Fall Flat
- INSIDE
- LIMBO
- Medieval Dynasty
- Monster Sanctuary
- Ori and the Will of the Wisps
- Overcooked! 2
- PAYDAY 2: CRIMEWAVE EDITION
- PowerWash Simulator
- Psychonauts (Windows 10)
- Psychonauts 2
- Retro Classics
- Slay The Spire
- SnowRunner
- Spiritfarer®: Farewell Edition
- Stardew Valley
- State of Decay 2: Juggernaut Edition
- Stellaris
- SUPERHOT: MIND CONTROL DELETE
- Superliminal
- Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge
- The Elder Scrolls Online: Standard Edition
- Totally Reliable Delivery Service
- TUNIC
- Unpacking
- Vampire Survivors
- Warhammer 40,000: Darktide
- Warhammer: Vermintide 2
- World War Z (y compris World War Z: Aftermath)
- Wreckfest
















