Review

Qui ne connaît pas Monster Hunter ? Cette saga hack’n slash dont le but ultime est de chasser du gros gibier dans un univers typé héroic-fantasy est une véritable institution au pays du Soleil Levant, et bénéficie d’un bon succès en Europe également. Mais si beaucoup de gens ont découvert la série sur les consoles Nintendo, saviez-vous que Capcom avait initié les deux premiers titres sur PlayStation 2 et PSP ? Devant les faramineux chiffres de vente des jeux dont les bénéfices tombent désormais dans l’escarcelle de Papa Mario (royalties, quand tu nous tiens), Sony se devait de réagir, et c’est aujourd’hui chose faite grâce à Tecmo Koei et son Toukiden sur PS Vita, ou l’art de copier-coller une recette qui marche sans tomber dans le clonage éhonté !

Oni strikes back

Les Onis ont envahi notre monde!

Japon, 8 ans avant les événements jouables dans Toukiden. Des brèches spatio-temporelles s’ouvrent un peu partout sur l’archipel, faisant déferler avec elles une nuée d’Onis, des créatures démoniaques dont l’unique but est de dévorer les âmes humaines et de s’approprier l’entièreté du pays… puis du monde ! Heureusement, c’est sans compter sur la caste des Slayers, des guerriers formés depuis des temps ancestraux pour contrer les attaques isolées des êtres sataniques. Cependant, devant l’ampleur du phénomène, même les meilleurs défenseurs de l’humanité succombent, et le territoire sous le contrôle des Onis se retrouve altéré, entre passé et présent, perdu dans « L’Outerworld ». Désormais, seule une poignée de Slayers, dont les plus puissants sont réunis au village d’Utakata, tente d’endiguer le phénomène et de sauver ce qu’il reste de l’espère humaine. Mais tout pourrait bien changer avec vous, combattant aux rêves étranges qui lui permettent de converser et de s’attribuer les pouvoirs des plus grands héros tombés au combat…

Un scénario conté par de somptueuses cinématiques

Si Sony avait déjà tenté l’expérience du Monster Hunter-like nomade avec l’excellent Soul Sacrifice sur PS Vita, que vous pourrez d’ailleurs retrouver en test et en vidéo-test sur N-Gamz (cliquez ici), force est de constater que le titre n’avait fait que peu d’ombre au maître du genre malgré son ambiance sombre et soignée. Peut-être était-ce dû à un gameplay radicalement différent de son modèle ou à des combats un chouia trop lents. Résultat, un créneau s’est ouvert pour Tecmo Koei, qui s’est empressé de s’y engouffrer pour nous pondre un Toukiden : The Age of Demons bien plus proche de la saga de Capcom… Et vous savez quoi, il parvient même à détrôner son modèle sur certains points, dont le scénario et la mise en scène! Explications.

Mais Tékitoi ? Toukiden !

Utakata, dernier bastion humain, propose des dizaines de choses à faire

En pur Monster Hunter-like qui se respecte, Toukiden démarre par une intro qui en jette, vous présentant un héros plus puissant que jamais face à un Oni démesuré. De quoi mettre dans l’ambiance avant l’éternel passage par la personnalisation de votre avatar. Assez complète, cette dernière offre deux sexes, et une vingtaine de visages/coupes de cheveux/voix et signes distinctifs comme des cicatrices ou des tatouages. Il manque les principes de corpulence, c’est un fait, mais vous devriez pouvoir sans trop de mal vous créer un perso différent des autres. Ensuite, tout s’enchaîne rapidement puisque vous arrivez à Utakata, qui se retrouve de suite attaquée, mais nous reviendrons sur le système de combat ultérieurement. L’occasion de faire connaissance avec la fine équipe qui deviendra la vôtre au fur et à mesure du scénario, et avec votre capacité à absorber l’esprit des guerriers dévorés par les Onis pour les incruster dans vos armes… les fameux Mitama.

Car ce sont bien eux, au nombre de 200 (« Absorbez-les TOUS ! ») qui sont au cœur du gameplay de ce Toukiden. Véritables « matérias » aux multiples pouvoirs actifs et passifs, ils sont upgradables sur 3 niveaux en fonction de vos affinités, et vous octroieront des sorts offensifs/défensifs/buffs répartis sur les quatre touches d’action de votre Vita. Vous pourrez également forger des armes de six types différents, à savoir l’épée à deux mains, les dagues, la faucille, les gants, la lance et l’arc, de même que vous équiper d’un heaume, d’un plastron, de poignets et de chevillières. En plus d’être « craftables » avec les nombreux éléments à recueillir en mission, ces items sont également en vente chez le marchand du coin, sans parler de leur niveau à augmenter au fur et à mesure de votre affinité avec telle ou telle pièce d’arme/armure.

Le choix des armes est primordial, tout comme les mitamas qui les équipent

Richesse est le maître-mot de tout ce que vous pourrez faire avec votre équipement, croyez-moi, d’autant que tout ce que vous porterez est lié à l’un des cinq éléments fondamentaux (céleste, vent, feu, eau, terre). Bref, vous allez passer pas mal d’heures rien que dans Utakata, ses boutiques, votre habitation principale (à chouchouter votre petit Tenko de compagnie qui vous le rendra bien puisqu’il ira vous chercher des objets rares durant les missions), l’arbre mystique, le forgeron, la maîtresse des Mitamas, et j’en passe… Un régal sans aucune redondance, il fallait le faire, sans compter que le tout est très bien pensé ergonomiquement parlant grâce notamment à la possibilité d’enregistrer vos sets d’armures/armes préférés pour les réutiliser à outrance sans devoir vous retaper l’intégralité des écrans de menus. Un sacré plus !

Monster Sacrifice

Maintenant que vous avez fait le tour des possibilités offertes par le village qui sert de hub central à vos escapades dans l’Outerworld, place au combat à proprement parler ! Direction le bureau des missions, donc, où vous trouverez aussi bien des quêtes faisant avancer le scénario principal que des demandes annexes vous octroyant, une fois complétées, des objets rares et des espèces sonnantes et trébuchantes. Ni une, ni deux, on opte pour une vraie quête de héros, et là le jeu vous offre le choix entre une pléthore de compagnons d’armes aux pouvoirs et affinités diverses. A vous d’opter pour trois d’entre eux, au maximum, histoire d’être aidé durant vos missions. Ce choix est primordial car vous ne pourrez plus revenir en arrière une fois votre quête sélectionnée ! Il ne vous reste plus qu’à faire une petite offrande à l’autel des divinités du coin, histoire de bénéficier de buffs aléatoires (quand on vous disait que le jeu était riche) et hop, en route pour l’action!

L'absorption, l'une des pierres angulaires de ce Toukiden

D’emblée, ce qui frappe lorsqu’on entame la partie « chasse aux monstres » de Toukiden, c’est son côté dynamique totalement assumé. On sent la patte de la team Omega, responsable des nerveux Dynasty Warriors, derrière le gameplay. Ainsi, chaque type d’arme bénéficie de coups spéciaux propres, à réaliser via des manips de boutons ou tout simplement en paramétrant l’écran tactile de la Vita ou son pavé arrière. De la course effrénée au shoot d’énergie en passant par un slash fulgurant, vous allez en avoir pour votre argent niveau découpage d’Onis. Ajoutez à cela un coup spécial qui pourra se déclencher lorsque votre jauge de rage sera au maximum, et les pouvoirs des mitamas qui rendent le tout très tactiques, et vous comprendrez que Toukiden offre des combats qui, de prime abord peuvent paraître bourrins, mais se révèlent au final bien plus stratégiques. De plus, en lieu et place du dépeçage de carcasses issu de Monster Hunter pour récupérer des matières premières, cette fois on vous demandera d’absorber, moyennant un certain temps de concentration, les objets ou âmes retenues par les ennemis. En sachant que plus vous êtes nombreux sur la dépouille du même adversaire, plus cette assimilation est rapide, et qu’il est possible d’absorber des parties du corps d’un boss pour, par exemple, qu’il trébuche ou fasse moins de dégâts, vous en déduirez à juste titre que les rixes peuvent vite s’avérer longues et passionnantes. Sans parler de l’Eye of Truth, qui vous offre une dimension spectrale permettant de cibler les points faibles des monstres ou de découvrir des trésors cachés. Les parties vont s’enchaîner sans jamais lasser, c’est moi qui vous le dis !

Folklore japonais

Graphiquement, le soft est époustouflant!

Graphiquement, Toukiden est sans doute l’un des plus beaux jeux de la PS Vita. Puissance oblige, il enterre le Monster Hunter de la Nintendo 3DS en proposant un univers typé Japon médiéval, des effets de lumières à foison, une animation sans faille et des environnements travaillés. Les séquences cinématiques sont réalisées en images de synthèse et offrent une immersion saisissante, ainsi qu’une action parfois frénétique. Peut-être pourrait-on reprocher au soft la redondance des ennemis en début de jeu, avec juste l’un ou l’autre changement de couleur pour signaler leur degré de puissance, et les légers temps de chargement entre les zones de combat.

La bande-son du titre n’est pas en reste non plus, offrant des compositions au koto assez poétiques, tandis les taikos (tambours japonais) et les flutes caractéristiques du folklore nippon se déchaînent lors des affrontements contre les Onis, contrastant magistralement avec la sérénité qui règne à Utakata. Les bruitages, quant à eux, reflètent bien le fracas des armes et aucune fausse note ne vient entacher le tableau sonore. Une réussite, d’autant que les doubleurs anglais sont plutôt inspirés dans leur rôle.

Oni soit qui…

Toukiden : The Age of Demons est donc une franche réussite, et sans doute le début d’une nouvelle saga pour Tecmo Koei qui franchit le pas du Monster Hunter-like de fort belle façon. Beau, fluide, ultra complet et proposant un univers immersif, le soft tient la dragée haute aux ténors du genre, et notamment à Soul Sacrifice, jusqu’alors leader sur Vita. Certes, ce dernier a également de nombreuses qualités, à commencer par un scénario encore plus ténébreux que son rival de la team Omega, mais les combats bien plus nerveux de ce Toukiden font décidément pencher la balance en sa faveur. La nomade de Sony prouve, avec ce titre, qu’elle est décidément capable de grandes choses !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 19/20

Techniquement parlant, il n’y a pas grand-chose à redire sur Toukiden. Les graphismes sont superbes, l’animation est d’une fluidité constante, les effets spéciaux flattent la rétine. Du grand art, peut-être juste entaché par des micros temps de chargement entre les zones.

Gameplay/Scénario: 17/20

Le scénario est passionnant à suivre, mais bien moins sombre qu’un Soul Sacrifice qui boxe dans la même catégorie sur Vita. Le gameplay, lui, prend le meilleur des deux ténors du genre avec des Mitama totalement inspirés des offrandes du titre précité, et des customisations d’armes et d’armures issues en partie de Monster Hunter. Le tout est sublimé par des combats haletants et terriblement dynamiques. Mention spéciale aux sets enregistrables, une idée qui va vous éviter de fastidieuses manipulations dans les menus.

Bande-Son: 19/20

Des instruments traditionnels japonais mixés à des sonorités actuelles pour un résultat qui devrait honorer vos oreilles. Les bruitages et les doublages sont également de haute volée pour un voyage auditif inoubliable.

Durée de vie: 20/20

Le jeu est long, et la rejouabilité excessivement importante. Il y a une foule de choses à faire, de mitama à débloquer, d’Onis à occire et d’armes à créer. En termes de durée de vie, on a rarement fait mieux sur console portable.

Note Globale N-Gamz.com: 19,5/20

Soul Sacrifice avait déjà obtenu un magistral 19/20, mais force est de constater que Toukiden va encore plus loin dans le Monster Hunter-like grâce à la richesse de son système de jeu, à sa plastique superbe et à la nervosité de ses combats. Tecmo Koei a frôlé la perfection, et on ne peut que se jeter sur son titre qui va procurer des heures et des heures de plaisir aux gamers avides d’aventure que vous êtes !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!