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Ça y est, le voici ! Il est enfin disponible pour le plus grand bonheur des gamers qui l’attendent depuis un sacré bout de temps ! Je parle bien entendu de Tom Clancy’s The Division qui, depuis son annonce à l’E3 2013 où il avait impressionné tout le monde par ses graphismes quasi photo-réalistes, a fait couler beaucoup d’encre, souvent en mal hélas (retards, downgrade graphique, …). On peut donc dire qu’Ubisoft, menacé actuellement d’un rachat agressif par Vivendi, doit avoir des sueurs froides pour le lancement de ce titre sur lequel il a misé ses dernières billes afin de rester « libre ». Pari réussi pour le développeur mais aussi pour les joueurs?

New York, New Yoooooooork !

Parcourez les rues d'un New York dévasté par la maladie et le froid!

Parcourez les rues d’un New York dévasté par la maladie et le froid!

Bienvenue à New York ! La ville, autrefois grouillante de vie, n’est aujourd’hui plus aussi florissante et jolie, croyez-moi ! En effet, le Black Friday, connu de tous comme le grand jour des soldes aux Etats-Unis, a causé sa perte suite à la diffusion et la propagation d’un virus mortel à travers de simples billets de banque. Vous imaginez le dramatique résultat en ce jour où de multiples transactions financières ont lieu. A présent, d’innombrables cadavres jonchent les rues de la Cité, devenue un véritable paradis pour les petites frappes en tous genres.

Pour couronner le tout, un hiver rigoureux s’abat sur la population, aggravant encore le côté « apocalyptique » de la situation. Heureusement que ce cher gouvernement américain est bien décidé à reprendre les choses en mains et sauver ce qui peut l’être en envoyant un groupe d’intervention d’élite : La Division ! Ça tombe bien, vous en faîtes partie… et vous allez avoir du pain sur la planche.

La ville pour terrain de jeu

Si le scénario ingame peut sembler décousu, il prend tout son sens avec le livre "New York Collapse"

Si le scénario ingame peut sembler décousu, il prend tout son sens avec le livre « New York Collapse »

Tom Clancy’s The Division se présente à première vue comme un jeu de tir à la troisième personne aux allures de MMORPG histoire de toucher le public le plus large possible, la réponse de ce dernier à des titres comme Destiny ayant été plus qu’impressionnante. En tant que membre de la Division, vous aurez donc à faire la lumière sur les événements tragiques du Black Friday, au travers d’un scénario un peu décousu ingame mais qui se révèle plus intéressant qu’il n’y paraît grâce au livre « New York Collapse » (présenté en vidéo sur N-Gamz : http://n-gamz.com/tom-clancys-the-division-deballage-video-de-la-version-presse/) que l’on vous recommande vivement à l’achat.

Bien entendu, en plus de cette trame narrative à découvrir, vous aurez surtout à ramener l’ordre dans les rues malfamées de la ville et redonner l’espoir aux gens en reconstruisant petit à petit ce qui a été détruit pour remettre sur pied une Société viable. Pour ce faire, vous vous déplacerez à pied dans un New York ravagé, marchant avec la mort présente un peu partout autour de vous, dans un univers apocalyptique forcément très « rectiligne », architecture des grandes villes américaine oblige, ce qui pourrait rendre votre exploration un peu lassante. Heureusement que l’environnement est plutôt chargé en détails et NPC tels que des bandits, des rats, des chiens et autres corbeaux agglutinés près des cadavres, mais également des civils appelant à l’aide, voire même des membres de l’armée en patrouille.

La carte du jeu est plutôt imposante, sans parler de sa Dark Zone où rien ne vous sera épargné

La carte du jeu est plutôt imposante, sans parler de sa Dark Zone où rien ne vous sera épargné

En progressant, vous aurez accès à des abris qui vous permettront des déplacements un peu plus rapide entre les différents points de la carte, celle-ci étant découpée en plusieurs secteurs auxquels sont attribués des niveaux « conseillés ». On vous le dit tout de suite : ne vous amusez pas à rejoindre une zone pour laquelle vous n’avez pas le niveau requis… c’est la mort assurée.

TPS pure souche ?

De par sa nature, The Division mise principalement son gameplay sur l’utilisation d’armes à feu. On retrouve donc les mouvements classiques des TPS actuels comme les roulades, les couvertures ou les tirs au jugé. Par contre, impossible de sauter ou  de vous accroupir, ce qui limite forcément votre degré d’exploration et facilite le travail de level design des programmeurs… De plus, on note quelques couacs dans ce système pourtant bien rôdé : cafouillages dans le choix des grenades ou détection par l’ennemi de votre personnage, pourtant bien planqué derrière une jolie barricade. Par chance, cela fonctionne aussi dans l’autre sens et cette I.A. un peu écervelée pourra parfois vous faciliter grandement la tâche. En effet, malgré la présence de cinq gangs aux combattants radicalement différents ingame, il n’est pas rare de tomber sur des ennemis essayant vainement de profiter du décor pour vous déborder avant de se laisser aligner facilement à la mitraillette, sans parler des adversaires qui foncent vers vous tête baissée, sans forcément être adepte du corps à corps ! Bref, tout cela sent le scripté à plein nez et vous force à utiliser le même modus operandi pour chaque situation : on se cache, on tire droit devant soi pour annihiler le plus d’opposants, on se replanque… et on essaie de garder sa jauge de vie la plus intacte possible. Seuls les boss vous donneront véritablement du fil à retordre, et encore puisqu’ils ne proposent de réel challenge que par leur impressionnante capacité de feu ou leur barre de vie inusable.

Le titre se manie comme un TPS classique, avec système de couverture à l'appui

Le titre se manie comme un TPS classique, avec système de couverture à l’appui

Ces ennemis, vous les rencontrerez au cours de missions principales et secondaires classiques (abattre tel quidam, récupérer tel objet, …) qui vous seront données par les soldats dans l’un des nombreux abris que vous pourrez débloquer sur la map juste en le visitant, mais vous pourrez aussi tomber sur des objectifs à accomplir simplement en vous baladant dans ce New York délabré et parfois même encore contaminé par le virus, vous demandant donc de récupérer un précieux masque à gaz pour survivre. Bien entendu, au fur et à mesure de la réussite de ces quêtes, vous empocherez de l’expérience histoire de monter sur l’échelle de vos niveaux et obtenir l’accès à un arsenal de plus en plus puissant fourni par des NPC ou récupéré directement sur le cadavre de vos malheureuses victimes. Chaque arme est modulable à souhait, le jeu vous permettant d’y rajouter des mods de tous genres pour améliorer leur puissance de feu, leur stabilité, leur distance de tir, etc… Idem pour votre armure, qui comporte huit emplacements de modifications pour votre vie, votre défense, vos dégâts au corps à corps et j’en passe. Pour couronner le tout, vous pouvez tout à fait démanteler les items inutilisés pour en fabriquer d’autres plus convenables. Les adeptes de Destiny risquent fort de retrouver leurs marques, l’aspect loot et customisation étant clairement présent dans The Division.

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Le loot est très poussé, comme dans… Destiny, tiens, tiens…

Outre la possibilité d’upgrader votre équipement, vous pourrez également  faire évoluer votre base d’opération au moyen de trois zones à retaper afin d’acquérir diverses compétences: l’aile médicale, concentrera ainsi le pouvoir des premiers soins et le marquage des ennemis, l’aile Technique sera idéale pour améliorer vos gadgets comme les grenades ou les tourelles, et enfin l’aile Sécurité vous octroiera, par exemple, un bouclier balistique. Attention toutefois, vous serez limité à deux compétences utilisables simultanément, pas une de plus. Choisissez bien ! Mais l’amélioration de votre QG ne s’arrêtera pas là puisqu’elle vous permettra de gagner des « talents » pour booster vos caractéristiques pures mais aussi vos skills passives comme le fait de pouvoir transporter plus de kits de soins ou de récupérer plus d’éléments de fabrication. Le tout se révèle plutôt intéressant au final, avec une vraie stratégie à mettre en place pour savoir quelle aile vous allez privilégier au travers des missions qui vous seront confiées : offensives, défensives ou de soutien. Un élément plutôt fun à prendre en compte lors des parties en coopération, d’ailleurs, puisque les missions les plus ardues (et donc à faire en groupe), sont celles qui vous permettront d’améliorer au mieux votre « chez vous ». Mais comme on parle de multi, place à présent au nerf de la guerre de ce The Division : le Joueurs contre Joueurs !

Dis donc, il fait bien sombre chez toi!

La Dark Zone vous demandera de tenir 90 secondes face aux joueurs renégats pour exfiltrer vos items... stress garanti!

La Dark Zone vous demandera de tenir 90 secondes face aux joueurs renégats pour exfiltrer vos items… stress garanti!

Le JcJ se déroule dans une zone sobrement appelée « La Dark Zone », incluse dans la carte de New York et découpée en 5 sections classées suivant votre niveau. On ne va pas vous mentir, vous aurez du mal à vous en sortir vivant tant les lieux, bien plus malfamés et chaotiques que la ville classique, regorgent de joueurs de level Elite ! Votre but premier ici-bas ? Récupérer le meilleur des butins et parvenir à vous extraire de là via une des zones prévues à cet effet. Le hic, c’est que vous deviendrez ultra visible sur ces « extract points », vous laissant à la merci des autres joueurs, certains n’hésitant pas à voler votre « précieux » au dernier moment même si cela les cataloguera d’office au rang de renégat, avec une jolie icône au-dessus de la tête qui les fera connaître de tous… et octroiera à leur assassin éventuel un sacré boost d’expérience (encore faut-il que vous arriviez à en dessouder un, ahem…).

Véritable jeu dans le jeu, les surprises de cette Dark Zone n’en restent pas là puisque cette dernière dispose de son propre système d’expérience et de grade, mais également de sa monnaie unique. On vous le parie, ce mode JcJ est voué à s’étoffer au fil du temps par de nombreuses mises à jour, Ubisoft ayant compris l’intérêt qu’y portent les joueurs. D’ailleurs le développeur a déjà prévu de remanier un peu sa copie après avoir appris que des gamers étaient déjà parvenus au niveau maximum de la zone.

Un downgrade, oui… mais pas catastrophique, loin de là !

Techniquement et malgré le downgrade graphique et l effet de blur, ce The Division tient bien la route

Techniquement et malgré le downgrade graphique et l’effet de blur, ce The Division tient bien la route

Si nous savions que le gameplay de The Division serait travaillé, nous avions des doutes quant à la qualité de la réalisation, surtout après une Closed Beta peu aguichante. Rassurez-vous, même si le jeu a connu un gros downgrade au fil des versions présentées, il reste tout de même très joli à regarder et fourmille de détails pour rendre l’univers plus crédible. On note également un aliasing qui se fait vraiment discret, chose rare, même si l’on regrette du coup un léger effet de flou sur le contour des personnages lorsque l’on déplace la caméra. L’animation se montre fluide en général et le jeu n’incorpore que le minimum de chargements requis, qui sont d’ailleurs habilement planqués (exemple : lorsque vous pénétrez dans votre base d’opération, le chargement a été calé dans la « zone de décontamination »). Bref, le titre fait vraiment Next-Gen, avec de superbes effets de flamme, de lumière et une neige omniprésente tombant parfois à gros flocons sur la ville, ajoutant un petit côté « brouillard de guerre » pas déplaisant pour maximiser la tension. Malheureusement, le soft possède encore quelques soucis de jeunesse niveau bugs de collision, mais on ne doute pas qu’ils seront corrigés à l’avenir.

Ubisoft a finalement réussi à nous bluffer alors que tout semblait contre lui... chapeau!

Ubisoft a finalement réussi à nous bluffer alors que tout semblait contre lui… chapeau!

La partie sonore, quant à elle, se montre vraiment très propre, les voix étant claires en toutes circonstances et intégralement doublées en français, de fort belle façon d’ailleurs. Les bruitages et autres sons environnementaux sont du plus bel effet, que cela soit pour le sifflement des balles ou les cris de la faune locale (chiens, rats, corbeaux). La musique, enfin, bien que loin d’être épique joue bien son rôle en se montrant simple et non-envahissante. Idéale pour vous plonger au cœur de cet univers apocalyptique sans vous vriller les tympans, accompagnant le joueur le long de sa progression comme… une ode funèbre !

Ubisoft avait misé gros… et il a eu raison

Ubisoft nous a fait très peur, avec ce Tom Clancy’s The Division sans cesse retardé, downgroadé et décrié durant son développement. Et pourtant, le coup de poker est clairement réussi puisque nous avons entre les mains un titre soigné, fun à jouer, et dont l’avenir semble plus que prometteur, ce qui n’est pas sans rappeler le carton plein qu’avait engendré Destiny, squattant le même terrain MMO, à sa sortie. Espérons simplement que nous bénéficierons de DLC gratuits et pas seulement payants pour maximiser cette expérience de jeu. En attendant et vu les chiffres de ventes titanesques, Ubi peut largement bomber le torse face à Vivendi, et on ne peut qu’en être heureux !

New York Collapse par Neoanderson

La Bande-Annonce

Réalisation: 17/20

A force de parler de downgrade graphique, on avait peur avec la réalisation de ce The Division et pourtant : malgré quelques soucis mineurs comme des bugs de collision ou un effet de blur omniprésent, le titre se montre plutôt costaud techniquement. Il affiche des décors travaillés et bourrés de détails, une animation qui tient la route et des temps de chargement vraiment minimes. L’immersion est complète sur le plan visuel même si les rues de New York finiront, sur le long terme, par toutes se ressembler.

Gameplay/Scénario: 15/20

Si, au départ, le scénario du jeu accroche le joueur, il s’avère quelque peu décousu par la suite, ne retrouvant tout son intérêt que pour les gamers ayant fait l’acquisition de l’excellent bouquin « New York Collapse). Le gameplay, par contre, rattrape habilement la donne grâce à ses possibilités de coop maitrisées et l’accès à une zone PvP plutôt incroyable : la Dark Zone ! Ajoutez à cela un bon côté RPG, du loot à foison et une customisation poussée, et vous comprendrez que The Division va vous procurer beaucoup de plaisir, surtout à plusieurs.

Bande-Son: 15/20

Si les mélodies sont loin d’être inoubliables, elles ont au moins le mérite de plutôt bien coller à l’action sans jamais devenir envahissantes. Mention spéciale aux doublages, par contre, qui sont d’excellente facture et totalement en français !

Durée de vie: 18/20

Le nombre de chose à faire dans The Division est plutôt impressionnant. Des missions principales aux secondaires, en passant par l’obtention de collectibles pour comprendre un peu mieux l’histoire ou encore la recherche du meilleur équipement possible et l’obtention du niveau le plus élevé de la Dark Zone, vous aurez de quoi faire et ne vous sentirez jamais seul vu le monde actuellement sur le jeu. Autant dire que pour un début de parcours, le titre se montre très complet et l’on a hâte de voir ce qui sera disponible dans le futur pour les plus hauts levels.

Note Globale N-Gamz.com: 16,5/20

Bien que Tom Clancy’s The Division souffre de quelques lacunes comme des graphismes pas si beaux qu’escomptés et des bugs de collision qui font un peu tâche, on peut dire qu’il a réussi, dans sa version finale, à me réconcilier avec lui après une Closed Beta qui m’avait clairement déçu. Avec son univers immersif à souhait, ses nombreuses choses à faire en solo, en équipe ou en versus et son loot très vite chronophage, le MMO/TPS/RPG d’Ubisoft est parvenu à raviver, au bout de quelques heures de jeu, la flamme qu’il avait allumée en moi lors de ce fameux E3 2013. Un exploit et une nouvelle licence prometteuse pour Ubisoft!



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Arkamis
Arkamis
J'ai appris à connaître les jeux vidéo très tôt, grâce a mes frères, avec la NES, la Master System, et j'en passe. J'y ai découvert un univers de rêve qui, 15 ans plus tard, me réserve toujours autant de surprises et de plaisir, que ce soit rétro ou current gen