Review

Ah, Space Hulk ! J’ai un souvenir impérissable de nombreuses soirées passées à jouer au jeu de plateau dans une ambiance « Alien 2 », à devoir s’agiter les neurones pour réussir la mission. Autant vous dire que Krator et moi attendions avec impatience la sortie de ce titre respectant ledit jeu de plateau né en 1989 dans l’univers de Warhammer 40 000 (licence Games Workshop). Reprenant les règles de la troisième édition de Space Hulk en nous plongeant dans un combat angoissant entre les Genestealers (les vilains extra-terrestres) et les Space Marines, le soft développé par Full Control aurait mérité de meilleurs moyens, mais s’en sort avec quelques bonnes idées.

Ambiance, ambiance…

Une transposition vidéoludique du jeu de plateau

Les couloirs sombres d’un croiseur spatial abandonné faisant partie d’un Space Hulk, un amas de vaisseaux, de roches et de glace dérivant dans le Warp… Des raclements étranges dans les couloirs… Votre cœur qui bat à 200 à l’heure ! Un calme de mauvais augure. Une mission à accomplir, peu de chances d’en sortir vivant malgré votre armure de Terminator et le lance-flamme dans vos mains. Mais vous vous en fichez, vous êtes là pour faire du fricassé de Genestealers. Ces saloperies courent vite et sont puissantes au corps à corps. Votre seule chance : les abattre de loin !

Que ce soit le jeu de plateau ou le soft en lui-même, Space Hulk se joue au tour par tour. A chaque début de mission, vous devez placer vos troupes. Soyez très attentifs. Calculez vos prochains coups dès cette première étape. Jouer à Space Hulk, c’est comme une partie d’échec contre un adversaire qui a des pièces de rechange à l’infini. La moindre erreur et vous êtes cuits. De toute façon, même sans faire d’erreur, vous savez que vous ne pourrez pas tous en sortir indemnes. Oui, Space Hulk est un jeu de plateau difficile. Il l’a toujours été et c’est là sa grande force. Bon, dans l’opus vidéoludique qui nous intéresse, l’IA n’est pas non plus au top par rapport à un vrai joueur, mais c’est clairement un bon entraînement, surtout si vous comprenez l’anglais.

Clic clic clic

Le mur de flamme n'effraiera pas certains ennemis

Niveau gameplay, le soft se veut relativement abordable : on dirige une à deux escouades de Space Marines (2 à 10 unités) selon le scénario. Il faut absolument éviter le corps à corps : les Genestealers vous battent à plate couture sur ce point. Les ennemis arrivent à l’infini contrairement à vos troupes, qui ne recevront pas de renforts. Vous ne disposez que de quatre points d’action alors que les adversaires en ont six… Je sens que vous vous dîtes : là c’est mal barré. Heureusement, vous avez accès à des armes à feu qui permettent d’équilibrer les choses. En plaçant intelligemment les troupes et en utilisant ingénieusement le mode Overwatch, vos Space Marines déverseront un déluge d’acier sur tous les ennemis qui traverseront leur champ de vision. Il faut aussi penser à user des pouvoirs psychiques du Librarian, ainsi que du mur de feu du lance-flammes. Quand je vous disais qu’on allait faire du fricassé d’Aliens ! Par contre, simplicité d’accès oblige, vos troupes ne prennent pas d’xp et ne sont pas personnalisables. Vu la vitesse avec laquelle vos hommes meurent sur le champ de bataille, de toute façon, ce n’est pas plus mal. On fait tout simplement avec ce qui nous est donné en début de niveau, et on remplit la mission : nettoyer une salle à coup de « flammer » pour éviter la contamination, récupérer un objet et l’amener jusqu’à la sortie… Bref, de la variété.

Vous l’aurez compris, dans Space Hulk, on prend son temps, on calcule, on clique, on n’oublie pas de bien s’orienter et on prie pour que ça marche. Pourquoi ? Parce que parfois l’ennemi parvient à  traverser le mur de flamme derrière lequel on se croyait à l’abri, mais aussi parce qu’il arrive que… « clic, clic, clic » l’arme s’enraye… L’angoisse est là, dans le hasard du résultat des dés virtuels et l’aléatoire des réactions des Genestealers. Il existe aussi une autre sorte d’angoisse, beaucoup moins amusante : les bugs. Ça va du simple décalage son/mouvement, au Space Marine qui s’emballe carrément, crame tous vos points bonus de commandement (pour se déplacer, tirer, etc…) et part dans la mauvaise direction. Super frustrant. Quant au scénario de base, l’histoire est courte, on n’a aucun choix et les explications sont plus que brèves. Toutefois, il a été annoncé un futur créateur de scénario et des patchs correctifs. Si le multi est à la hauteur de la passion des anciens joueurs de plateau, alors, permettez-moi l’expression mais « Ca va être de la bombe ! ».

Non, ce n’est pas mon pc qui rame…

Graphiquement, on attendait bien mieux

Vous voyez la qualité graphique des jeux d’il y a dix ans ? Et bien là on s’y retrouve… Comment, avec les moyens technologiques actuels, on peut affubler un titre de graphismes aussi basiques ? Ce n’est pas moche, certes, c’est juste simpliste. Beaucoup trop. De plus, le tour par tour a déjà l’inconvénient de la lenteur mais là, c’est le pompon tant les unités ont l’impression de tourner au ralenti! Heureusement, il y a de petites choses fort sympathiques comme la caméra embarquée et la courte cinématique de combat. Hélas, cette dernière se révèle être systématiquement la même. Lassant. Au final, cela nous donne un ensemble de possibilité de mises en scène vraiment pas assez exploitées.

Niveau bande-son, on se demande : « Mais où est l’angoisse, le côté oppressant des nappes sonores, le cœur qui bondit, la surprise ?! ». J’attendais beaucoup de ce côté-là, justement. Il y a quelques bruitages (c’est minimaliste) et… pas de musique! Hallucinant. Vous pouvez repasser pour l’ambiance « Alien 2 », le bruit du radar, les bip-bip qui signalent l’approche des ennemis, les hurlements… Et ça, je peux vous dire que ça m’a sacrément mise en rogne. Ça dénature le titre, tout simplement.

À réserver aux fans du jeu de plateau… pour l’instant

Pour 30€, il faut avouer que le contenu de ce Space Hulk est léger. Graphiquement daté, comprenant des bugs irritants et une ambiance sonore inexistante, le soft pourrait néanmoins trouver une seconde vie lorsque l’éditeur de carte sera disponible et que les joueurs enrichiront le titre. On a les bases, on peut les améliorer, mais c’est tout. Par contre, tous mes sincères remerciements aux développeurs qui ont fait des efforts pour respecter le vrai jeu de plateau, et rien que ça, ça fait du bien.

La bande-annonce

Réalisation: 14/20

Avec la technologie actuelle, les graphismes sont vraiment trop limités et simplistes. Rassurez-vous, ce n’est pas « moche » et il y a quelques bonnes idées comme la caméra embarquée. Le respect du jeu de base fait largement peser la balance du bon côté et pardonner les errances de réalisation.

Gameplay/Scénario: 14/20 

Relativement facile à manier, mais avec des bugs qui sont énervants et qu’on espère voir corriger rapidement, le soft fait dans la stratégie avec des unités à placer et des aptitudes à utiliser. Le scénario est à la hauteur du jeu de plateau, ce qui remonte la note, même si l’on aurait aimé pouvoir le modifier selon nos choix.

Bande-Son: 9/20

Uniquement des bruitages très légers, aucune musique. C’est tout et ça c’est impardonnable pour un soft qui aurait du miser sur son ambiance claustrophobique et angoissante.

Durée de vie: 13/20

La campagne de base est courte, mais le multijoueur devrait vous tenir en haleine plus longtemps, d’autant qu’un éditeur de carte est en approche.

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

Space Hulk propose une base fiable et respecte le jeu de plateau, c’est un fait, mais la réalisation est datée, les bugs énervants, et la bande-son carrément ratée. Heureusement, l’éditeur de carte à venir devrait permettre aux joueurs d’enrichir et améliorer le soft pour lui donner ses lettres de noblesse sur la durée.

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux!



About the Author

Krator et Xeleniel
Couple de gamers passionnés par le jeu de rôle, il se sont rencontrés sur un grandeur nature et jouent ensemble depuis treize ans. Il teste, elle écrit. Il a la quarantaine et se régale sur les jeux pc. Elle a la trentaine, est romancière et adore le ciné. Ils se disputent pour jouer sur l'ordinateur mais sont toujours d'accord sur les jeux à acheter. Hack and slash, MMORPG, jeux de stratégie en temps réel... Vastes domaines, beaucoup de choix et encore beaucoup à découvrir !