Review

La Vita n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de softs indépendants résolument originaux et au design atypique. On se souvient tous en particulier d’Escape Plan, un titre entièrement tactile où deux être bizarroïdes avaient pour mission de s’échapper d’une prison, le tout dans des dégradés de noir et blanc du plus bel effet. Il y a de fortes chances que les petits gars de Ovosonico se soient largement inspirés du soft puisqu’on retrouve leur « bébé », alias Murasaki Baby, sur la même console et avec une maniabilité qui fait la part belle à vos petits doigts frémissants. Oui, mais cette fois, le géniteur de Silent Hill et le papa de l’Etrange Noël de Mister Jack se sont penchés sur le berceau de notre petite héroïne…

Mommyyyyyyyyy !!!

Dans Murasaki Baby, tout est une question… de coeur!

Si le nom d’Ovosonico ne vous dit rien, c’est tout à fait normal. En effet, ces développeurs italiens qui se définissent comme un studio vidéoludique d’avant-garde (rien que ça) n’ont, pour l’heure, sorti absolument AUCUN jeu avant Murasaki Baby. Autant dire que leur premier bébé porte en lui une lourde responsabilité. Heureusement, dès le premier trailer du soft présenté lors de la conférence Sony à la Gamescom 2013, ce Murasaki Baby avait conquis les cœurs par une patte artistique complètement inspirée de l’univers de Tim Burton. Et puis, derrière Ovosonico, il n’y a pas que des petits nouveaux, mais bel et bien Massimo Guarini, l’ancien Directeur de Grasshopper Manufacture, les papas de titres déjantés comme Killer 7, No More Heroes, Lollipop Chainsaw ou encore le mésestimé Killer is Dead. Bref, ça part plutôt bien !

Dans Murasaki Baby, soft uniquement disponible en téléchargement sur PlayStation Vita pour la modique somme de 9,99€ (la barre de la dizaine… THAT PSYCHOLOGICAL LIMIT OF HELL !), vous incarnez Baby, une petite fille à la recherche de sa mère dans un monde totalement étrange. Il faut dire que votre héroïne est déjà « spéciale » puisque sa bouche est située… au-dessus de ses yeux (c’est normaaaaaaaaal…..). La petite part donc explorer les quartiers de la ville qui l’entoure, en pleine nuit, et va devoir résoudre toute une série d’énigmes pour parvenir à une étonnante conclusion qu’on vous laisse le soin de découvrir.

Prendre un Murasaki Baby par le coeur….

Chaque décor a une utilité de gameplay. Ici: le souffle du vent

Murasaki Baby pourrait s’apparenter à un Limbo où la mort serait un peu moins présente. Il s’agit bien évidemment toujours d’un jeu d’énigmes (un puzzle game… attention, le premier qui pense à un Candy Crush Saga, je l’atomise !) dans la droite lignée d’un Escape Plan, en vue de profil, avec la particularité que vous dirigez Baby en… lui tenant la main ! Ico revient donc instantanément en tête, d’autant qui si vous tirez trop fort sur le membre plutôt élastique de la demoiselle, elle trébuchera… et mine de rien faire tomber un enfant, ça émeut toujours. Baby est également dans l’obligation de tenir en permanence son énergie vitale de son autre main, à savoir un ballon en forme de cœur. Die & Retry oblige, le moindre dégât subit par ledit ballon et c’est le retour au checkpoint assuré. Une « mort » bien moins glauque que dans Limbo par exemple, puisque jamais Baby ne pourra trépasser, elle fondra juste en larmes devant les résidus de son ballon, afin de ne pas choquer les âmes sensibles.

Le premier jeu d’Ovosonico va éveiller en vous de nombreux sentiments 

Le gameplay étant entièrement tactile, vous pourrez également gérer la trajectoire du ballon, taper sur les monstres environnants, actionner des mécanismes mais aussi et surtout… changer de plan ! En effet, la grosse particularité de Murasaki Baby, et ce qui fait le sel de toutes ses énigmes, provient du background ! Ainsi, vous allez amasser au fil de chaque niveau pas moins de quatre « décors » représentés par des couleurs distinctes (le reste du soft étant en noir et blanc). En faisant simplement glisser votre doigt sur le pavé arrière de la Vita, vous switcherez d’un décor à l’autre, chacun ayant un « pouvoir » spécial à actionner en tapotant ledit pavé tactile. On pense par exemple à cet énorme œil vert qui permet de rapetisser Baby et de la voir s’envoler avec son ballon, ou encore à ce background bourré d’écrans télé qui, une fois activés, créent une diversion pour une Nemesis vous poursuivant… en costume de lapin ! Les énigmes sont toutes logiques, mais certaines pourront vous donner un peu de fil à retordre, surtout vers la fin. On vous rassure, rien de frustrant, si ce n’est quelques soucis de maniabilité quand le pavé tactile ultra sensible décide de faire des siennes ou que votre doigt masque l’action.

Et lui chanter des horreurs…

Artistiquement, Murasaki Baby est incroyable!

Techniquement et visuellement, Murasaki Baby n’est ni plus ni moins qu’une franche réussite ! Arborant de très beaux graphismes 2D dans un style crayonné du plus bel effet, le soft se paie le luxe d’offrir une direction artistique de haute volée rappelant directement les meilleurs moments des œuvres noires made in Tim Burton. L’animation n’est pas en reste et se montre fluide en toutes circonstances afin de nous immerger complètement dans ce conte poético-glauque.

Alors que graphiquement le soft est bourré de trouvailles visuelles, il arrive encore à se sublimer grâce à sa bande-son absolument grandiose. Si Akira Yamaoka ne signe personnellement que le générique de fin, il a supervisé le travail général du studio, c’est un fait. Cela se ressent dans les compositions malsaines émaillées de sonorités discordantes, le tout embrayant directement sur des airs mélancoliques que les fans de Silent Hill ne pourront qu’adorer. Un voyage auditif inoubliable, auquel se rajoutent les intonations de voix toutes mimis de Baby, et celles plus horrifiantes des autres protagonistes.

Mais sans jamais avoir peur !

Murasaki Baby est un ovni vidéoludique comme on les aime. Véritable petite perle technique et artistique, le premier jeu d’Ovosonico va éveiller en vous de nombreux sentiments : compassion, joie, colère, questionnement et émerveillement permanent devant les trouvailles de gameplay. Rien que pour ça, le titre mérite amplement que l’on s’attarde dessus malgré une durée de vie de seulement 4 heures et une rejouabilité inexistante. Pour 9,99 € on vous conseille largement le dépaysement !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 18/20

Murasaki Baby est une petite perle artistique avec sa dualité entre noirs et blancs pour le premier plan et couleur unie pour le background interactif. Baby propose un design à la fois malsain et attendrissant, dans un univers offrant un style crayonné magnifié par une animation sans faille. Impossible de ne pas penser aux meilleurs films de Tim Burton !

Gameplay/Scénario: 15/20

Le scénario est simple : un enfant à la recherche de sa mère, on nous l’a déjà faite. Mais c’est dans le traitement de l’histoire au travers de dialogues inexistants, avec simplement les expressions des personnages, que le soft prend une dimension poétique assez incroyable. Niveau gameplay, la trouvaille des backgrounds offrant chacun un pouvoir particulier et le fait de tenir Baby par la main vont vous immerger d’emblée dans l’aventure. Seul bémol : un pavé tactile arrière un peu trop sensible et une action parfois masquée par votre doigt.

Bande-Son: 20/20

Parfaite, tout simplement. Une ôde auditive à la poésie gothique et sombre. On sent l’ombre de Yamaoka planer sur le destin du titre, et c’est un véritable bonheur d’arpenter le monde onirique et malsain de Baby. Un conseil : jouez avec des écouteurs ou un casque, vous n’en reviendrez pas !

Durée de vie: 11/20

Le point négatif du soft. Seulement quatre petites heures pour en voir le bout, et aucune replay value. Néanmoins, vu le petit prix et la qualité du voyage proposé, on se montre clément.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Murasaki Baby est un soft à essayer absolument si vous êtes curieux d’œuvres vidéoludiques originales et visuellement incroyables. Ovosonico nous livre, pour son premier projet, un grand jeu qui ne pêche que par sa durée de vie et une maniabilité légèrement perfectible. Un trip inoubliable et une fin totalement inattendue pour un titre qu’on vous recommande chaudement.



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!