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Que serait la réalité virtuelle sans un bon jeu d’aventure pour vous coller au fond de votre canapé et vous scotcher à un scénario palpitant qui vous immerge dans la peau d’un charismatique personnage ? Le PlayStation VR ne fait pas exception à la règle et accueille, pour une quarantaine d’Euros, le premier chapitre des trois que comptera Loading Human. Au programme: une histoire d’amour sur fond de voyage spatial qui, sans être exempte de défauts, n’en reste pas moins terriblement prenante et immersive !

Je t’aime en RV

"Une station polaire qui va jouer sur vos émotions"

« Une station polaire qui va jouer sur vos émotions »

Loading Human est un jeu d’aventure « fortement narratif » sur Playstation VR (mais aussi sur Oculus Rift) développé par Untold Games, les petits gars à qui l’on doit déjà Lost Human. Fondé en 2013 et situé en plein cœur de Londres, alias la capitale du Brexit, le studio n’a qu’un but dans la vie : offrir des récits « cinématiques » les plus immersifs possibles en réalité virtuelle. Pari gagné ?

L’action du jeu se déroule au 22ème siècle. Vous incarnez Prometheus, un jeune homme dont le richissime père, éminent scientifique, est malheureusement mourant. Dans le but de repousser l’inévitable, votre géniteur vous convoque dans sa station polaire en vous proposant une périlleuse mission : entreprendre un long voyage spatial pour retrouver la « Quintessence », la plus puissante source d’énergie de l’univers, histoire de le guérir. Alors certes, ce scénar’ fleure bon le déjà vu, mais immergé en pleine réalité virtuelle, il fonctionne plutôt bien, d’autant que très vite va venir se greffer à ce récit basique une histoire d’amour hautement dérangeante avec la belle Alice, l’assistante de votre père.

Une maniabilité sponsorisée par « Motion Sickness » ?

"L'aspect désarticulé de votre avatar est assez déstabilisant"

« L’aspect désarticulé de votre avatar est assez déstabilisant »

Autant le dire de suite, les deux types de maniabilité proposés par Loading Human ne seront pas adaptés à tous, notamment au vu des besoins inhérents à ce type de jeu. Explications : en effet, alors que dans un titre comme Batman Arkham, on se téléporte avec l’aide d’une cible contrôlée par le PS Move afin d’éviter tout Motion Sickness, ici le bâtonnet lumineux, s’il est ultra pratique pour prendre des objets et interagir avec eux, sert aussi à pointer la direction vers laquelle vous voulez vous diriger. Ensuite, vous devez appuyer sur la touche du haut pour avancer façon FPS. Certains trouveront ça convenable, mais d’autres clairement pas terrible et plutôt vomitif à la longue, d’autant que les changements de sens sont entrecoupés d’écrans noirs qui cassent totalement l’immersion.

Heureusement, on peut paramétrer cela dans les options et opter pour une maniabilité entièrement à la DualShock 4, plus précise et moins gerbante pour les plus sensibles, mais dans ce cas c’est tout l’aspect résolution d’énigmes avec l’usage de vos mains qui en prend un coup ! Bref, un gros problème pour chaque méthode, et on se voit mal alterner en permanence entre la manette et les PS Move en fonction des besoins…

Un gameplay mitigé pour des émotions maîtrisées

"Avouez qu'Alice est sublime, non? Et le must, c'est qu'on s'attache irrésistiblement à elle!"

« Avouez qu’Alice est sublime, non? Et le must, c’est qu’on s’attache irrésistiblement à elle! »

Niveau gameplay, vous allez progresser la plupart du temps au cœur d’une station polaire dont vous allez devoir réactiver les secteurs un par un en résolvant toutes sortes de puzzles, en entrant des combinaisons, ramassant des objets, démarrant des machines, ouvrant des portes et lisant tout ce qui peut vous tomber sous la main histoire de vous imprégner un peu plus du scénario.

Le souci, c’est que vos mouvements manquent clairement de naturel et cela dès les premiers instants de jeu. Ainsi, il suffit de vous regarder dans le miroir de la salle de bain pour admirer votre avatar… totalement désarticulé, essayant d’attraper les items qui se trouvent face à lui. Et bam, encore un peu d’immersion en moins !

Heureusement qu’en dehors du gameplay un chouïa répétitif et qui se paie le luxe de proposer certaines phases jouables carrément horribles à mener à terme (l’incendie ou la confection du thé!!!), il y a un récit qui parvient à nous tenir en haleine grâce à de subtils flashbacks et des changements d’ambiance très travaillés. Ainsi, après le passage tout en sécurité dans un laboratoire plutôt aménagé en chambre d’ado bordélique, vous allez vous retrouver au beau milieu de sombres couloirs, agrippé à votre lampe torche pour seule source de lumière, avant d’entamer une perturbante scène de baiser avec Alice. On passe donc du tuto confortable à un stress intense avant de vivre une expérience de flirt inédite en RV… avouez que c’est plutôt diversifié !

Immersion graphique au rdv ?

"Visuellement, Loading Human offre des décors crédibles et des effets de lumière plutôt bluffants"

« Visuellement, Loading Human offre des décors crédibles et des effets de lumière plutôt bluffants »

A côté de la maniabilité bancale de Loading Human et de son gameplay sympathique sans plus, on trouve ce qui fait le cœur de l’immersion : la réalisation graphique. Et sur ce plan-là, on doit bien avouer que l’équipe de développement a fait de l’excellent boulot. De fait, bien que le PlayStation VR ne puisse afficher que du 960p, on apprécie vraiment la beauté des environnements qui nous permet tantôt de contempler un coucher de soleil purement bluffant de poésie, tantôt les recoins ténébreux et malsains d’une station qui cache définitivement quelque chose en son sein. On y croit, et la superbe plastique d’Alice aura tôt fait d’émoustiller vos sens, le sentiment de sa présence physique à vos côtés étant une vraie réussite.

De même, l’ambiance sonore est plus que convaincante bien que la musique en elle-même soit très peu présente. On ne ressent pas vraiment cette absence, notamment grâce à la prédominance de la voix de l’ordinateur de bord ainsi que celle de votre personnage et des autres NPCs (ah, Alice !). Les bruits environnementaux sont crédibles à souhait et instaure une atmosphère parfois vraiment malsaine quand l’électricité a décidé de vous jouer des tours en plongeant votre habitat dans le noir absolu !

La suite, vite… mais moins chère !

Il faut l’avouer, au final l’aventure de ce premier chapitre de Loading Human propose un gameplay en demi-teinte et manque d’un gros côté épique, posant surtout les bases du récit et de cette histoire d’amour parfois terriblement dérangeante tant elle peut sembler réaliste une fois le casque de RV enfilé. Néanmoins et de façon assez incroyable grâce à une réalisation immersive à souhait, on accroche irrémédiablement à notre héros et à son idylle avec la sublime Alice, en se demandant sans cesse où les scénaristes vont bien pouvoir nous emmener dans le second volet de cette trilogie futuriste. Espérons quand même qu’il ne soit pas monnayé au même prix ! A suivre de près, donc !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

La Bande-Annonce

Réalisation: 16/20

Loading Human est beau, très beau même pour un jeu PlayStation VR. L’aliasing est présent, certes, et la résolution est bloquée en 960p, mais pourtant le jeu est visuellement bluffant et assister à un magnifique coucher de soleil venant caresser la peau si douce de votre tendre Alice a de quoi bouleverser le plus endurci des gamers.

Gameplay/Scénario: 15/20

Le scénario est basique mais décolle enfin sur la fin. On dénote quelques soucis au niveau de la manipulation et de la physique des objets et une détection de mouvement parfois mal interprétée mais cela passe grâce au manque « d’action » de cette aventure narrative. Par contre, les deux modes de contrôle proposés ont chacun un gros inconvénient, et le Motion Sickness pourrait méchamment s’inviter à la fête chez certains. A côté de ça, le titre offre un sentiment de présence impressionnant, que ce soit pour vous ou pour la sublime Alice, laquelle parvient réellement à vous donner de l’empathie pour elle. Ressentir de l’affection… et pourquoi pas de l’amour dans un jeu en réalité virtuelle ? Si les devs y parviennent avec les deux prochains volets, je leur tire mon chapeau !

Bande-Son: 15/20

Si l’absence de musiques pourra en dérouter certains, les bruits environnementaux sont une vraie réussite et contribuent pour beaucoup à l’ambiance du soft. De plus, les doublages français, s’ils sont loin de mériter un Oscar d’interprétation, font le nécessaire pour ne jamais briser votre immersion, à l’inverse d’un Batman Arkham qui obligeait les anglophobes à lire des sous-titres, par exemple.

Durée de vie: 13/20

Le premier chapitre de Loading Human devrait vous prendre au bas mot 3H. C’est plus qu’un Batman Arkham VR à 20€ et quasiment la moitié d’un Robinson the Journey à 60€. De fait, le tarif de 40€ semblerait logique, mais vu le peu de replay value et la peur que les autres segments soient proposés à ce prix (malgré un Kickstarter de 2014 mentionnant 70€ pour le chapitre 1 AVEC le season pass), ce qui reviendrait à 120€ le soft complet, on diminue la note.

Note Globale N-Gamz.com: 14,5/20

Si l’on prend ce premier chapitre de Loading Human pour ce qu’il est, à savoir l’introduction d’une histoire épique qui doit d’abord poser ses bases, définir ses personnages et surtout faire naître dans le cœur du joueur des sentiments pour la superbe Alice, alors le titre de Untold Games est une réussite qui propose en plus une réalisation graphique hautement immersive. Le souci, c’est qu’à 40€ la facture et au vu des soucis de gameplay et de la platitude du récit, certains risquent de trouver l’aventure plutôt amère. Il n’empêche, ici à la rédac, on a été plutôt conquis malgré les écueils précités, et on hâte de voir la suite… moins chère!



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Arkamis
Arkamis

J’ai appris à connaître les jeux vidéo très tôt, grâce a mes frères, avec la NES, la Master System, et j’en passe. J’y ai découvert un univers de rêve qui, 15 ans plus tard, me réserve toujours autant de surprises et de plaisir, que ce soit rétro ou current gen