Review

Sorti tout d’abord sur la Xbox première du nom en 2004, Fable eu l’effet d’une bombe atomique dans l’univers du RPG. Ses graphismes à la fois poétiques et « Badass », sa bande son enchanteresse, son scénario épique et son gameplay novateur lui ont valu alors toutes les louanges de la part des joueurs. Puis, les années passèrent, et après la sortie de Fable II, mais surtout de Fable III, qui fut très mal reçu par les critiques, les gamers implorèrent sans cesse au directeur créatif derrière la série, Peter Molyneux, de renouer avec ce qui avait de Fable un jeu si unique et inoubliable. Quoi de mieux dès lors, par souci de simplicité et de rapidité, que d’actualiser Fable premier du nom avec des graphismes « Next-Gen » par rapport à l’époque (Current Gen actuellement, en l’occurrence). Chose promise, chose due: nous voila face à face avec Fable Anniversary Edition sur XBox 360! Il est temps de rouvrir le livre et de se replonger dans la première des légendes de l’Albion. Il était une fois…

…Un jeune héros que l’on appelait « Chasse-Poulet »

Sauvé par Maze, vous allez intégrer la Guilde des Héros

Avant de parler de ce qui a changé dans Fable Anniversary par rapport à son modèle originel, parlons d’abord de ce qui n’a pas bougé d’un iota. Le scénario du jeu, tout d’abord, n’as subi aucune modification, si bien que vous retrouverez les mêmes cinématiques, absolument pas mises à jour au niveau des graphismes, des dialogues identiques et toujours aussi drôles pour certains, avec un doublage français plutôt réussi, mais aussi les mêmes quêtes, les mêmes personnages et les même dilemmes que ceux contenus dans la version Fable : The Lost Chapters, sortie en 2005 pour Xbox et PC.

Bien que l’on aurait sûrement souhaité un peu de nouveauté ou d’addition en termes de contenu, il est certain que la recette « Fable » fait toujours effet. Que l’on ait déjà sauvé l’Albion une trentaine de fois auparavant ou que l’on soit newbie, c’est toujours un grand plaisir que de retourner à la Guilde des Héros pour commencer par chasser des scarabées avant de devenir une véritable Légende au fil des heures. La replay-value dépendra donc surtout de votre envie intrinsèque de replonger dans un soft que vous connaissez par coeur si vous êtes adepte du Fable originel. Par contre, le jeu ne décevra sûrement pas en termes de dépaysement les nouveaux venus fans de RPG qui y trouveront un scénario bien fichu et des mécaniques de gameplay occidentalisées. Justement, parlons-en de ces mécaniques qui avaient fait fureur à l’époque.

« Moi, quand j’serai grand, j’veux être un guerrier maléfique, comme toi! »

Le gameplay des combats a été assoupli

Au niveau du gameplay, force est de constater que cette édition anniversaire n’apporte pas vraiment de changement fondamental. Le joueur progresse au fil de différentes quêtes et de combats au cour desquels le héros va gagner des points d’expérience dans les catégories « Générale », « Force », «Adresse », ou «Volonté » selon les armes et sorts qu’il choisit d’utiliser au combat. Cette expérience pourra alors être dépensée afin d’améliorer les compétences de son choix. Ces dernières, présentées de manière claires et diablement expliquées, sont de fait très simples à visualiser et à maîtriser. Ainsi, créer son propre personnage dans Fable est à la portée de tout le monde. Au combat, on retrouve le système de « Lock » de l’ennemi, qui permet de centrer la caméra, ses attaques et ses esquives sur votre adversaire. Celui-ci a cependant été remanié pour être un peu plus fluide, et permet une transition entre opposants plus facile au coeur de l’action. De plus, contrairement à la version Xbox originale, chaque touche a dorénavant été assignée à une attaque précise: X pour le corps à corps, Y pour les armes à distance, et B pour les sorts. Ce système, inspiré de Fable II et III, rend la prise en main plus facile qu’auparavant. Par contre, à l’opposé des deux opus précités, vous ne trouverez pas dans cette édition anniversaire de métiers disponibles pour faire grossir votre bourse. De fait, gagner de l’or se fait uniquement par le biais des quêtes, des combats et du commerce. Le jeu reste cependant très raisonnable et accessible pour ceux qui n’ont pas envie de passer tout leur temps à « farmer » pour s’offrir toutes les merveilles de l’Albion.

En plus de ces systèmes, on retrouve évidemment le mécanisme d’alignement qui permet à notre héros de choisir, par le biais de ses actes au cour des différentes quêtes mais aussi de son comportement lors des phases de jeu libres, sa propre voie morale. Devenir maléfique ou terriblement bon dépend donc uniquement de vous, et voir le monde réagir à votre évolution est toujours aussi agréable qu’auparavant. Bref, vous l’aurez compris, cette édition anniversaire ne nous propose pas grand chose de neuf jusqu’à présent… mais alors où se situe donc l’actualisation du jeu promise par Lionhead? Je vous le donne en mille : Les graphismes, et absolument rien d’autre!

« T’as vu mon champi ? Grâce à lui, j’peux voir les ondes sonores, mec ! »

Une refonte graphique fatale en termes de magie visuelle

Ce Fable Anniversary est donc totalement identique à la version de 2005 pour le scénario, la Bande son, et quasiment 90% du Gameplay (et donc, de fait, la durée de vie). Dès lors, qu’est-ce qui justifie la sortie d’une nouvelle version, surtout pour un prix de 30€ ? La campagne marketing de Lionhead et Microsoft vous le dira: « Les graphismes »! En optant pour l’Unreal Engine, Fable Anniversary Edition était censé nous présenter une réalisation qui déchire de la Balverine Blanche en tutu comparé à l’original. Mission réussie ? Oui… et non.

Si l’on remarque en effet un changement au niveau desdits graphismes dès les premières minutes de jeu, de par la taille des personnages qui semblent de fait plus petits, donnant la sensation d’un monde plus grand, les textures sont hélas plus « réalistes », et donc moins colorées et moins « flashy » que dans l’original. Du coup, il ressort de l’ensemble une impression d’un univers bien plus terne et morne que le Fable précédent… Peut-on alors vraiment parler d’une amélioration ?

Bien sûr, de l’amélioration réelle, il y en a en effet. Au niveau des effets de lumières, notamment, bien plus travaillés et plus jolis qu’en 2005. Le problème, cependant, c’est qu’ils s’accompagnent de chute de framerate durant les combats, posant alors la question à dix milles pièces d’or : Fable Anniversary est-il un jeu bâclé?

Développement bancal?

Manque de pot, le nouveau menu est ergonomiquement complètement raté

Pour répondre à cela, il suffit de voir le reste des changements apportés au jeu. Tout d’abord, on nous offre un menu pause redesigné pour gérer l’inventaire/les quêtes et la carte. Manque de pot, il est ergonomiquement complètement raté : naviguer à l’intérieur semble prendre une éternité tant le temps de réponse est long à la détente. De plus, la taille de la police d’écriture est tellement minuscule que vous avez clairement intérêt a n’avoir rien d’autre qu’un écran plasma 24 pouces pour jouer confortablement et sans jumelles depuis votre canapé. Sans parler que retrouver vos items favoris est à chaque fois si laborieux que le menu devient clairement votre ennemi numéro 1 dans ce jeu (Jack Of Blades peut aller se rhabiller).

A cela, il faut ajouter que les animations des différents PNJ n’ont absolument pas été mise à jour, donnant un étrange décalage entre la qualité de leur apparence retravaillée… et leur mouvements maladroits et carrés. On ne parlera même pas de la synchronisation voix/lèvres histoire de ne pas enfoncer le clou. Cerise sur la bouse de Balverine, les cinématiques qui n’ont aucunement été actualisées, et dans lesquelles il arrive souvent de croiser des extraits vidéos avec les graphismes de 2005. Honteux.

Remake raté

Vous l’aurez compris, les seules modifications réellement apportées par Lionhead à Fable premier du nom semblent donc terriblement inégales, et surtout pas très efficaces.  Après toutes ces péripéties, peut-être est-il maintenant temps de conclure notre histoire en Albion pour aujourd’hui, et là vôtre également…

Le vidéo-test par Neoanderson

Réalisation: 10/20

Devant l’inégalité des améliorations graphiques pourtant promises par l’éditeur, on n’a qu’un seul mot à la bouche : bâclé! La réalisation de Fable 2005 n’a pas grand-chose à envier à ce Fable Anniversary, et au final, c’est bien là qu’est tout le problème.

Gameplay/Scénario: 18/20

Ici, aucun soucis : on retrouve Fable, exactement comme on l’a laissé. L’histoire et les mécaniques du jeu, si bien maîtrisées, travaillent ensemble pour vous donner une expérience unique et totalement jouissive. Bref, c’est du Fable!

Bande-Son: 20/20

Là encore, aucun changement, et la bande-son de Russell Shaw est toujours aussi parfaite. Enchanteresse, poétique, épique, unique : que ce soit la musique d’Oakvale ou celle des Summer Fields, on est transporté dans Albion par cette quintessence auditive.

Durée de vie: 17/20

Le jeu offre une durée vie plutôt bonne, surtout pour son prix de 30€. Le tout sans parler de la replay value de Fable, qui a toujours été un des grands points fort du soft. Vous n’hésiterez pas à refaire une partie pour prendre un autre alignement!

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

Oui, on retrouve tout ce qui a fait de Fable un jeu de légende, cité comme une référence dans le style du RPG. Oui, on retrouve son univers enchanteur, son gameplay clair et jouissif, son Open World drôle et attachant. Mais la mise à jour promise par Lionhead n’est pas du tout à la hauteur de nos attentes, et un goût amer nous reste dans la bouche quant au prix du soft et le fait que rien n’ait été ajouté au contenu du jeu. On aurait aimé un mode Multijoueur, de nouvelles quêtes, de nouvelles armes, de nouvelles tenues, mais rien y fait. On attendra donc le prochain « Fable : Legends » promis par Molyneux, pour voir si cet univers peut encore nous surprendre, une dernière fois…



About the Author

Keyru

Jeune joueur conçu il y a 20 ans de cela qui remercie tout ce qui l’entoure à chaque occasion pour avoir eu l’opportunité de découvrir et d’expérimenter l’univers magique du jeu vidéo. Je vois le jeu comme un 8ème art, comme un moyen de nous faire ressentir de manière plus forte et plus colorée des expériences importantes pour notre évolution en tant qu’être. Je suis donc un grand amateur des jeux en open-world, des RPG et des softs qui se concentrent plus sur l’aventure et la sensation donnée au joueur plutôt que sur le scoring. En dehors de cela, je suis cosplayeur, airsofteur, rêveur, et j’aspire à devenir un agent secret avec une voix rauque et un bandana.