Review

Les amateurs de Visual Novel connaissent bien Fate, cette œuvre vidéoludique écrite par Gen Urobuchi pour le compte de Type Moon, reprenant une guerre du Saint Graal entre sept mages humains armés chacun d’un esprit de héros déchu. Si nous avions déjà pu, en Occident, approcher la saga grâce au manga Stay Night édité par Pika Edition et qui vous faisait partager le destin de Shirô Emiya et de Saber, cette fois Ototo reprend les choses en main pour nous faire revenir une génération en arrière, à la rencontre du père adoptif du héros: Kiritsugu. Et vous allez voir que noirceur et ténèbres sont décidément une affaire de famille !

Kiritsugu Emiya est le personnage principal de cette prequel

« Exterminer une minorité pour laisser la vie sauve à une majorité », c’est de cette règle éthique de départ que découle toute la personnalité de Kiritsugu Emiya, un tueur de mages qui n’a de cesse d’éradiquer le malheur de la condition terrestre. Malheureusement, l’homme est déchiré intérieurement, incapable qu’il a été de dénigrer jusqu’à la moindre parcelle d’humanité en lui. Rongé par la douleur, la souffrance, mais aussi par cette mission qu’il s’est jurée de mener à bien, le voilà béni par l’une des trois plus grande familles de sorciers au monde avec le pouvoir d’invoquer une héroïne mythique : Saber, dans le but de vaincre six autres mages et leur « servant ». Le tout sur fond de guerre ancestrale pour obtenir le Saint Graal, objet mythique recréé par les hommes et qui octroiera un vœu au vainqueur de cette lutte sacrée. Intrigues, trahisons, stratégies et âmes torturées seront au programme de ce seinen sombre au possible.

Trop de notions sont abordées dans ce premier tome

Si l’idée de faire une prequel à Fate Stay Night est excellente, le traitement qui lui est donné est bien plus ténébreux et malsain que le manga éponyme (ne parlons pas du visual novel, jamais sorti chez nous hélas). On constate que le père adoptif de Shirô Emiya, qui est ici le personnage central du récit, est à mille lieues de son petit protégé. Désabusé, froid et calculateur, il montre néanmoins ce petit morceau de chaleur humaine, par intermittence, qui fait que l’on s’attache immédiatement à cet écorché vif. Le découpage est de très bonne facture, l’intrigue est compréhensible, mais trop de notions sont abordées dans ce premier tome, ce qui risque d’obliger les novices de la franchise à relire le volume plus d’une fois. Pour les autres, on évolue en terrain connu avec une guerre du Saint Graal passionnante, et des servants complètement retravaillés pour certains (les adeptes de la belle Rider risquent de faire une syncope… je le sens). Le concept de base était bon en offrant un huis clos entre sept mages aux personnalités bien différentes, le remake version prequel en bénéficie également, c’est un fait.

Graphiquement, les visuels se veulent plus sombres et incisifs

Techniquement parlant, on peut dire que le style de Shinjiro est bien plus incisif que celui auquel nous avions été habitués dans l’œuvre éditée par Pika. Les personnages sont plus dynamiques, leur visage plus ciselé, et les rares séquences d’action que nous pouvons admirer donnent dans le vif et le gore ultra lisible. D’emblée, la noirceur semble être l’élément graphique caractéristique de ce seinen, ce qui en fait visuellement un titre plus mâture que son prédécesseur. Mention spéciale à une très bonne idée de mise en scène avec la présence d’un timer apparaissant à intervalles régulier et égrenant un compte rebours menant à… on n’en sait rien encore pour l’instant !

Vous l’aurez compris, ce Fate/Zero est une vraie bonne pioche pour Ototo qui édite ici une œuvre forte, tragique, et dont le scénario semble bien parti pour nous livrer toute la palette des émotions humaines, bonnes ou mauvaises, dans une lutte acharnée pour le pouvoir. Seul bémol, ce récit pose un peu trop longtemps les « bases » de cette ère antérieure, au détriment d’une action que l’on espère voir naître un peu plus dans le second volume, prévu pour avril prochain ! Mais ne boudons pas notre plaisir : retrouver Saber et les autres servants dans une vision totalement différente et avec des Mages qui développent déjà un fort potentiel charismatique ne peut que nous séduire !

Note Globale N-Gamz: 4/5



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!