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Quand l’auteur de l’excellent et aguicheur Freezing tente une nouvelle série, il cherche à renouveler son discours en proposant certes toujours des affrontements entre jolies nymphettes survitaminées, mais aussi une recherche désespérée de l’amour comme… source d’énergie magique ! C’est ainsi que Ark : Romancer a vu le jour, histoire qui tente de quantifier les pulsions sentimentales en pouvoir combatif, dans une société où les émotions ont été transformées en simple matière première pour « alimenter le progrès ». Le souci, c’est que notre cher Lim Dall Young a toujours eu du mal à boucler ses sagas au format court, les amoureux de Re : Birth, ou encore Sai : Taker le savent. Alors quand on a compris que cet Ark : Romancer ne serait qu’une trilogie de Shonens, on a commencé à avoir peur. A juste titre ?

« Une étrange demande pour un duo improbable! »

Sôji est ce que l’on pourrait appeler un asocial, préférant éviter les contacts avec les autres à la suite d’un terrible accident qui a fait de lui un orphelin. Mais la vie de notre jeune homme va être bouleversée par sa rencontre avec Ekaterina Brünwald, une sublime demoiselle venue d’une dimension parallèle et qui ne cherche qu’une chose : qu’on lui fasse connaître l’amour ! Une demande bizarre, certes, mais qui s’avère vitale à la survie du royaume de la belle, Landmia, lequel est parvenu à drainer tous les sentiments de ses concitoyens pour en retirer une énergie colossale connue sous le nom de Corona.

Hélas, les réserves de cette dernière s’épuisent, les révoltes grondent, et Ekaterina, autrefois chargée d’étouffer les sursauts émotionnels des habitants en tuant froidement tout « contrevenant », a déserté son poste dans l’espoir de trouver une Corona d’une pureté inégalée, l’Endlumil qui ne peut être générée que par… l’amour ! Bien entendu, elle va se retrouver coincée entre un Sôji qui voit naître en lui une sensibilité longtemps refoulée, une armée d’Ark Romancers prête à la tuer pour trahison et… sa propre méconnaissance de la passion ! Un récit initiatique amoureux sur fond de combats sexy vous tend les bras !

« Des combats rythmés à souhait et des héroïnes totalement fan service »

Visuellement, c’est Kim Sohee qui est aux commandes, lui qui avait déjà officié avec Lim Dall Young sur un spin-off de Freezing. On sent néanmoins que l’auteur souhaite conserver des traits similaires entre toutes ses œuvres, quel que soit le dessinateur, aussi ce Ark : Romancer suit la droite lignée graphique des Re: Birth et compagnie. D’un autre côté, on ne va pas s’en plaindre puisque les séquences d’action sont terriblement bien découpées, les personnages, quoique stéréotypés, se montrent vraiment charismatiques, les séquences sexy fan service sont au rendez-vous et les demoiselles sont justes sublimes à regarder. Du Lim Dall Young en fait. On notera également le travail plus que convaincant sur les décors, les armures et les superbes pentacles d’invocation de Corona. Bref, du bon boulot.

Sur le plan du récit, l’idée de placer l’amour comme source d’énergie au centre d’un conflit dimensionnel est plutôt intéressant, permettant de générer un improbable duo entre une héroïne au départ glaciale, dénuée de tout sentiment et obligée de jouer la comédie pour amadouer un Sôji totalement associal et bien moins lisse qu’il n’y paraît à première lecture. Un écorché vif et une ingénue manipulatrice prête à tout pour se faire embrasser, voilà qui promet, d’autant que les combats qui s’annoncent révèlent petit à petit une incroyable vérité sur la situation de Landmia.

« Un récit très plaisant à suivre mais dont le format court en trilogie nous fait peur pour la suite »

De fait, on regrette vraiment le format de la trilogie choisi par l’auteur pour boucler son histoire. En deux volumes, il reste encore énormément d’interrogations sur les Ark Romancers, la situation des habitants de Landmia aurait pu être plus explicitée (façon Fahrenheit 451 ou Equilibrium) et de nombreux protagonistes qui promettent pourtant énormément sont justes esquissés pour l’instant. De plus, la relation entre Sôji et Ekaterina commence tout juste à naître, et on a du mal à voir comment Lim Dall Young parviendrait à justifier, si ce n’est dans le rush, une passion torride entre nos deux jeunes gens dans le dernier volet qui doit paraître fin de ce mois-ci et dont on vous parlera en décembre.

Bref, ce Ark : Romancer part sur une idée originale, jouit de personnages intéressants et d’une gestion des sentiments plutôt inattendue dans un Shonen guerrier, mais risque bien de nous décevoir à cause de son format trop court pour réellement poser les bases de son récit, à moins d’un joli tour de force de l’auteur pour le troisième, et ultime, tome.

Note Globale N-Gamz: 3,5/5



About the Author

Neoanderson

Hardcore gamer dans l’âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j’apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N’hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!