Review
Sorti le 19 mars dernier sur PlayStation 5, Xbox Series et PC, Crimson Desert de Pearl Abyss était attendu comme l’un des Mondes Ouverts les plus ambitieux jamais créé. Cet Action-RPG en monde ouvert, développé avec le moteur BlackSpace Engine maison, veut nous proposer une aventure solo riche en combats, en exploration et en narration. Après avoir été assez conquis par le titre lors de ma longue session Gamescom malgré une maniabilité assez mal pensée, j’ai eu l’occasion de tester le soft en profondeur sur PS5 Pro et ai préféré attendre divers patches correctifs avant de vous livrer mon avis, sans langue de bois, sur ce qui pourrait bien devenir le « Skyrim » de cette génération de machines en termes de liberté, de scope et d’heures de jeu à investir. Alors, Crimson Desert mérite-t-il toute la hype générée avant son lancement ? La réponse dans mon test complet !
De la vengeance à… la rédemption
Dans Crimson Desert, vous incarnez un mercenaire nommé Kliff, ancien soldat d’élite marqué par la guerre, qui erre dans le vaste monde de Piwel, une terre hostile peuplée de factions rivales, de créatures mythiques et de secrets anciens. L’intrigue, assez sombre, vous demandera de restaurer la gloire de votre tribu anéantie par un clan rival, mais bifurquera par la suite vers les thèmes de la rédemption et de la corruption du pouvoir.
Au fil de vos voyages, vous serez confronté à des choix moraux complexes et à des personnages nuancés, dans une histoire qui se déploie sur des dizaines d’heures. Si le récit gagne en profondeur grâce à des cinématiques soignées, sans jamais tomber dans le cliché du héros sauveur, il met toutefois pas mal de temps à démarrer et ne se révèle pas aussi épique que la concurrence, la faute à une narration et des dialogues moins bien écrits que sur des titres comme Cyberpunk, par exemple.
Des affrontements qui envoient du lourd
Le système de combat est l’un des points forts du jeu : fluide, brutal et très technique, il mélange combos à l’arme blanche, magie élémentaire et capacités spéciales. Chaque arme (épée à deux mains, hache, arc, lance) dispose de son propre arbre de compétences, offrant une grande variété de builds. Les affrontements contre les boss sont d’ailleurs particulièrement mémorables, demandant une bonne lecture des patterns, une maîtrise parfaite du timing de parade et d’esquive mais aussi et surtout d’une excellente préparation en termes d’équipement et d’objets tant la courbe d’apprentissage peut s’avérer abrupte par moments. Cette dernière n’est d’ailleurs pas aidée par les combinaisons de boutons pas toujours très naturelle pour telle ou telle action vitale. L’exploration, quant à elle, se veut libre et toujours récompensée : grimper sur les falaises, chevaucher des montures variées ou utiliser un grappin pour atteindre des zones cachées procure un réel plaisir de découverte et c’est là l’une des grandes forces du soft.
Un monde d’une rare richesse
Le monde ouvert de Crimson Desert est vivant et réactif : les factions se font la guerre, les caravanes sont attaquées, et des événements dynamiques surgissent régulièrement. Le titre offre un contenu pléthorique avec un Open World facilement plus de deux fois plus vaste que celui de Skyrim et assurément bien rempli en quêtes annexes (parfois redondantes) et objets rares. Le crafting et la personnalisation se montrent profonds, permettant de modifier armes, armures et compétences selon votre style de jeu. Le mode photo, très complet, vous donne pour sa part le loisir d’immortaliser les paysages grandioses tandis que le retour haptique de la DualSense renforce considérablement la sensation de poids des armes et l’impact des coups, rendant chaque combat plus viscéral que le précédent.
Des patches rapides après un lancement chaotique
A son lancement, Crimson Desert souffrait de nombreux bugs, de textures à l’affichage tardif, et carrément de freezes lorsqu’on ouvrait parfois par la map. Fort heureusement, les devs ont été d’une rare réactivité pour écouter les retours des gamers et redresser la barre, ce qui a rendu le titre tout simplement magnifique sur PS5 Pro, l’affichant dans une rutilante 4K dynamique à 60 fps stables en mode Performance grâce au PSSR 2, avec un ray tracing diffus qui sublime les éclairages naturels et les ombres portées. Les textures sont à présent d’une belle finesse, les effets de particules (sable, poussière, feu) impressionnants, et la densité de PNJ à l’écran reste élevée même dans les grandes batailles.
De son côté, la bande-son orchestrale, signée par des compositeurs de talent, alterne entre thèmes épiques lors des combats et ambiances plus contemplatives, pour un résultat qui fait indubitablement voyager le gamer en terre de Piwel.
Crimson Desert : Trailer
Note N-Gamz : 18/20
Crimson Desert sur PS5 Pro est, à n’en pas douter, l’un des open-world les plus impressionnants de cette génération de machines, porté par un scénario mature mais pas aussi épique qu’escompté, des combats fluides et technique, une réalisation technique de très haut niveau depuis les divers patches sortis, des améliorations de gameplay qui répondent directement aux remarques des joueurs (grâce à des devs vraiment au taquet) et un sentiment de liberté et de grandeur pour un contenu d’une générosité absolue. Certes, la courbe d’apprentissage durant certaines rixes fait assez mal et les combinaisons de touches peu naturelles rendent parfois l’expérience frustrante, mais le bébé de Pearl Abyss est assurément un titre ambitieux fait pour durer, prouvant que le studio peut désormais rivaliser avec les plus grandes compagnies du genre. Un soft qui a toutes les cartes en main pour devenir le Skyrim de sa génération, tout simplement !
















