Dans un aveu aussi franc que pathétique, Craig Duncan, patron des Xbox Game Studios, a jeté un pavé dans la mare en concédant que la firme de Redmond filait un train « incohérent » sur sa politique multiplateforme. Interrogé par GamesRadar, l’exécutif a botté en touche face à l’absurdité flagrante : le reboot de Fable s’élancera en simultané sur PS5, Xbox et PC dès l’automne 2026, tandis que Forza Horizon 6, fer de lance des bolides open-world, boudera les possesseurs de PlayStation au lancement le 15 mai 2026, reléguant sa version Sony à un vague « plus tard ». « Sometimes we are inconsistent » (« parfois, nous sommes incohérents »), lâche Duncan, promettant mollement de « travailler là -dessus » pour plus de cohérence.
Cette girouette stratégique, pilotée par le grand ordonnateur Phil Spencer, ressemble à un naufrage en pleine tempête. Prêcheur autoproclamé du fameux (et fumeux) « Everywhere is Xbox », le boss gaming de Microsoft serine depuis des lustres que ses joyaux doivent « atteindre le maximum de joueurs » via le Game Pass et les portages chez les rivaux.
Pourtant, voilà que Fable, ce conte pixelisé ressuscité par Playground Games après des années de purgatoire, atterrit pile poil Day One sur PS5 – un caprice opportuniste pour gonfler les ventes d’un titre jugé « époustouflant » par Duncan lui-même. Mais Forza Horizon 6, successeur monstre de la série aux 40 millions d’unités écoulées, reste confiné à l’écosystème Xbox/PC initialement ! Ressources limitées, optimisation DualSense laborieuse, priorisation du Cloud… Les causes fusent comme des excuses foireuses, masquant un fiasco d’anticipation.
Ridicule ! Spencer, ce « visionnaire » bardé de promesses éthérées, a transformé Xbox en malle aux trésors à géométrie variable : Gears en Day One PS5, Sea of Thieves en différé, le Remaster de Halo en Day One tandis que le reste de la saga est encore au placard… « On veut nos jeux partout, mais pas trop vite, et seulement si ça brille », balbutie Duncan, évoquant des « conversations internes » pour jauger la « qualité par plateforme ».
Résultat ? Une doctrine erratique qui laisse les fans Xbox circonspects : pourquoi récompenser la fidélité avec des miettes, tandis que les possesseurs de PlayStation ramassent les pépites comme Fable ? Sur Reddit et ResetEra, l’indignation gronde : « Stratégie en mode yoyo », « Spencer vend la mèche pour un feu de paille ».
Ce cafouillage expose le talon d’Achille de l’empire Spencer : des acquisitions somptuaires (Activision, Bethesda) pour tenter de gonfler les abonnements Game Pass sans relancer les consoles Xbox, reléguées à un 11% de parts US en novembre 2025. Tandis que Sony cartonne avec ses exclus pur jus (God of War Ragnarök, Horizon Forbidden West, Ghost of Yotei) ou temporaires (Stellar Blade, Silent Hill 2, Final Fantasy Remake et Rebirth, …), Microsoft improvise un « multiplateforme optionnel » qui pue le désespoir. Duncan jure qu’il va « tirer les leçons de 2025 » pour plus d’uniformité, mais qui y croit encore ?
En somme, cette confession enterre le mirage spencérien : une Xbox « ouverte » qui claque la porte au nez de ses propres mastodontes. Forza Horizon 6 snobé sur PS5 ? Un suicide commercial déguisé en « ressources maîtrisées ». Les joueurs haussent les épaules, las de ce théâtre d’ombres. Phil, il est temps de redresser la barre… ou de la lâcher !
















