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Virtue’s Last Reward fait partie d’un style de jeu appelé le Visual Novel. Très populaire au Japon mais assez peu connu chez nous, il s’agit ni plus ni moins que d’une histoire interactive souvent à base d’écrans fixes. Parfois, il arrive que l’on ait à faire quelques choix, et ça s’arrête là. C’est justement sur ce point que repose l’énorme originalité de Virtue’s Last Reward sur Vita et 3DS, qui a déjà le mérite de sortir sur notre continent : vous devez y faire PLEIN de choix, en plus d’une bonne paire d’énigmes à résoudre ! Alors, le visual novel a-t-il trouvé un ambassadeur de choix pour s’imposer dans nos vertes contrées comme Final Fantasy VII l’a été en son temps pour le RPG ?

Tant de question sans réponse ! 

Enfermé dans un labyrinthe bourré d'énigmes, voilà le point de départ de l'intrigue

Début du jeu : quelques flashs vous surviennent. Un parking, une voiture, vous vous réveillez dans une petite salle qui semble bien être un ascenseur. Avec vous, une jolie jeune femme que vous ne connaissez absolument pas, mais qui elle, en revanche, connaît votre nom. Tandis que vous essayez de savoir où vous êtes, un lapin apparaît sur un écran de contrôle. Son annonce est pour le moins dramatique : pour sortir, il vous faut résoudre une énigme. Si vous ne le faites pas en 10 minutes, l’ascenseur tombera… avec vous à l’intérieur cela va sans dire ! Par la suite, vous retrouverez un groupe de personnes tout aussi perdues que vous, attroupées dans un entrepôt dont les sorties sont scellées.

Nouvelle apparition du facétieux rongeur qui vous en apprend enfin un peu plus. Vous faîtes tous partie d’un jeu…le NONARY GAME : AMBIDEX EDITION ! Les règles sont simples : en équipe de trois, vous devrez prendre une porte colorée qui correspond à l’addition des couleurs de vos bracelets respectifs, ces couleurs changeant à chaque résolution d’énigme. Trois portes se trouvent en face de vous. A vous de vous allier avec deux personnes pour ouvrir celle qui vous intéresse. Mais vos bracelets, en plus d’avoir une couleur particulière, comportent aussi la mention PAIR ou SOLO. PAIR signifie que vous êtes obligé de faire équipe avec l’individu qui a la même couleur que vous mais aussi la mention PAIR, ne vous laissant dès lors plus le choix que d’une personne pour former votre trio, et SOLO vous permet de choisir librement avec quelle PAIR vous entrerez dans la salle contenant la prochaine énigme.

Tout le principe du jeu consistera à résoudre l’énigme située derrière chacune des portes que vous franchirez pour sortir de la salle qui vous retient prisonnier. Mais le point fort du soft consiste surtout aux choix que vous allez être contraints de faire et qui vous amèneront vers l’une des vingt fins possible du soft, qui sont toutes liées entre elles ! Et oui, pour découvrir le responsable de ce jeu, la route directe vers la bonne conclusion ne suffira pas puisque de nombreux détails trouvés via des routes alternatives vous seront demandés dans d’autres configurations de choix pour pouvoir continuer. Ne vous inquiétez pas, vous allez vite comprendre comment le tout se tient.

Coopération et suspicions, le tout dans la même recette

La prise en main est simple, mais les énigmes redoutables

Niveau énigmes, elles sont assez variée dans leur degré de difficultés, voire même parfois inégales selon la progression. Rassurez-vous, certaines sont clairement corsées et vous donneront du sacré fil à retordre. Le but d’une énigme est toujours de vous offrir un mot de passe pour ouvrir un coffre présent dans chaque salle et qui contient deux cartes magnétiques indispensables pour sortir. Si vous résolvez une des énigmes donnée d’une autre façon, un deuxième mot de passe vous sera offert. Ce dernier vous permettra d’obtenir un dossier qui vous indiquera des détails supplémentaires sur l’univers du jeu et vous facilitera la tâche.

Si les énigmes sont parfois ardues à appréhender, le gameplay, lui, est simple et efficace. Avec les gâchettes de la Vita, vous pourrez voir la salle à 360° (à quelques exceptions près). Pour accéder à tout objet ou installation importants, placez le curseur avec le joystick ou appuyez sur l’item via l’écran tactile de la Vita ou de la 3DS, ce qui vous permettra de zoomer dessus pour une analyse plus poussée. Un conseil, récupérez tout ce que vous pouvez et n’hésitez pas à combiner les objets entre eux. Bref, l’enfance de l’art. Mais c’est une fois que vous aurez terminé votre première vraie énigme que se présente à vous tout le sel du jeu: en effet, le membre SOLO et la PAIR du groupe recevront chacun une carte magnétique qui leur permettra de quitter la salle et d’entrer dans une pièce de vote. Vous allierez-vous ou trahirez-vous la personne en SOLO ou l’équipe PAIR avec qui vous avez résolu le problème? Sachant que si tout le monde décide de s’allier, vous gagnez chacun deux points, alors que si vous vous trahissez mutuellement, personne ne gagne. Enfin, si vous trahissez mais que le SOLO (si vous êtes la PAIR) ou la PAIR (si vous êtes le solo) avaient choisi de s’allier à vous, vous remportez le jackpot avec trois points tandis que l’autre partie en perd deux.

Un scénario absolument passionnant où chaque élément a son importance

A quoi servent les points? C’est bien simple : dès le début du jeu, sur vos bracelets, vous avez tous trois points. Si vous arrivez à neuf ou plus, vous aurez la chance de prendre l’unique porte qui vous offre la sortie finale pendant neuf secondes avant de se refermer. Elle ne s’ouvre qu’une fois ! Une fois que c’est fait, tous les participants qui seront restés dans l’entrepôt par faute de points ou de temps pour atteindre la sortie seront enfermés… pour toujours. En revanche, si vous descendez à zéro points ou moins… c’est la mort qui vous attend. Un somnifère très puissant s’injectera dans vos veines via votre bracelet. Un peu plus tard viendra le poison, à moins qu’un terrible virus ait raison de vous bien avant.

Une réalisation soignée pour un huis clos haletant

Contrairement à son prédécesseur : « 999 nine hours nine persons nine doors » sorti sur DS, Virtue’s Last Reward est entièrement en 3D. Avec ses décors variés et soignés, le jeu se veut accrocheur grâce à son scénario incroyablement mieux ficelé que n’importe quel autre jeu occidental. Tous les personnages ont des personnalités différentes, ce qui se traduit également par leur style vestimentaire et leur passé ultra détaillé. Le titre est également extrêmement fluide et la finition sur le rendu 3D de chaque personnage est très bonne, malgré une petite déception au niveau des lèvres qui semblent n’être issue que d’une image prédéfinie.

Une réalisation en 3D parfaite pour ce type de soft

Au fil du scénario, les situations seront ponctuées par des musiques qui collent à 100% au contexte. Urgence et angoisse au programme, notamment. Alors certes, niveau banque sonore, ça ressemble à un copié-collé du titre DS, mais le remixage et le travail fourni derrière excusent le tout tant la qualité est au rendez-vous. Les doublages sont excellents avec parfois de sacrées pointes d’humour, ce qui induit que l’on ne se lasse pas malgré les 40 heures de jeu que propose le soft. Petit bémol, cependant, le jeu n’est pas localisé en France. De fait, si vous optez pour la version Européenne, vous aurez les voix Japonaises sous-titrées en anglais tandis que la version américaine propose le choix anglais-japonais dans les doublages.

Le messie du visual novel ? 

Virtue’s Last Reward est un jeu scénaristique très accrocheur, assez bien réalisé et dont le niveau de détail est incroyable. Une histoire de trahison et d’alliance qui cache bien des secrets sombres et palpitants, et surtout un jeu qui ne se joue pas, mais qui se vit, tout simplement ! Un bien bel ambassadeur pour un genre trop dénigré par les éditeurs chez nous.

Le test vidéo par Neoanderson

Réalisation: 20/20

Une réalisation parfaite pour un Visual Novel, avec une 3D fluide, lisible, et une ambiance graphique glauque à souhait. Une réussite qui change des sempiternels écrans fixes rébarbatifs, et qui offre des séquences en animé qui viennent ponctuer de fort belle façon les instants clés du soft.

Gameplay/Scénario: 20/20

Le titre, basé sur des énigmes à résoudre et des choix draconiens à faire, impose une idée de génie en permettant la trahison pour vous en sortir. Le scénario est incroyablement profond au travers des vingt fins différentes qui communiquent entre-elles et s’imbriquent toutes au final, dans leurs détails, pour vous permettre de connaître le fin mot de l’histoire. Du pur génie !

Bande-Son: 20/20

Une bande-son très dynamique en situation, accrocheuse et diversifiée. La musique s’adapte parfaitement aux événements et se mélange à merveille avec le doublage, ce qui nous offre une expérience audio parfaite pour l’histoire.

Durée de vie: 20/20

Avec vingt fins, 40 heures d’histoire et une profondeur de jeu énorme, comment donner un point négatif à ce soft qui nous scotche à l’écran grâce à sa gestion du suspense tout simplement maîtrisée à la perfection ? Un must à côté des jeux actuels qui proposent à peine 6 heures de jeu en moyenne.

Note Globale N-Gamz.com: 20/20

Virtue’s Last Reward est tout simplement un MUST dans la catégorie Visual Novel, et même bien plus que ça. Sa réalisation parfaitement adaptée pour le style de jeu, son scénario diabolique et son suspense à couper le souffle le hissent sans souci comme un jeu référence sur Vita, tant ses défauts paraissent ridiculement petits et insignifiants au vu des qualités exquises du titre. J’ai démarré ce soft sans trop y croire, et j’ai bien failli passer à côté d’une magnifique perle démontrant le talent de nos amis japonais. YATTA, ARIGATO !

PS: Petit conseil, commencez l’histoire par la porte cyan (bleu), puis la jaune ou la magenta (rouge). Le scénario sera d’autant plus rebondissant. Simple conseil, mais faites-moi confiance =p )



About the Author

Pliskin
Fan de Metal Gear Solid depuis le premier jour, je suis le premier a avoir réalisé des mods et des hacks sur la série. J'aime beaucoup cette saga, et encore plus le personnage d'Otacon qui renforce son esprit au fil des épisodes. En ce qui me concerne, je suis connu sous le nom de Pliskin Hunter (auparavant RushSnake), fondateur de l'équipe RedCode Interactive. J'aime beaucoup les jeux d'actions, d'aventure, avec un bon scénario. Je pense particulièrement à la trilogie S.T.A.L.K.E.R qui est juste magnifique. Sinon, je ne suis pas du tout axé cinéma et manga. Je suis un grand fan de MacGyver, Stargate et City Hunter. Hyperactif, j'ai du mal à regarder une série ou un film sans faire quelque chose d'autre à côté.