Review

Déjà plus de 20 ans que la saga des « Tales of » est née et est devenue une référence dans le monde du JRPG ! Et depuis, on a vu le meilleur comme le nettement moins bon (jamais le pire, quoique…). Malheureusement, ces derniers temps, force est de constater que les récents épisodes développés par Bandai Namco n’avaient pas réellement su trouver leur public. De fait, l’opus de cette année, alias Tales of Berseria, est attendu comme le messie par les fans en manque de renouveau, et nous promet une bonne dose d’action mais aussi un scénario plus sombre qu’à l’accoutumée! Saura-t-il redorer le blason d’une série en perte de vitesse ?

Une vie qui bascule

« L’équipe qui accompagne Velvet est loin d’être classique »

Velvet est une jeune fille à la vie relativement tranquille. Malgré la mort, des années auparavant, de sa soeur aînée et la présence de démons dans son monde, elle mène une existence paisible en plein cœur d’un charmant petit village, en compagnie de son petit frère Laphicet et de celui qui fut le compagnon de sa frangine : Artorius, dit Arthur. Entraînée aux arts du combat  par ce dernier, la demoiselle ne craint pas d’aller se promener hors des murs de la bourgade, là où les animaux sauvages rôdent. Toutefois, ne possédant aucun pouvoir d’exorciste, Velvet ne peut affronter les démons et seul Artorius peut lui venir en aide dans ces cas-là. Étrangement, Laphicet semble également développer un certain potentiel identique à celui de son beau-frère… Peut-être sera-t-il un grand exorciste une fois adulte !

Vous vous en doutez: un soir, tout bascule ! Lors de la nuit de la Lune Écarlate, Velvet retrouve Artorius sur le point de tuer son petit frère en le sacrifiant dans la bouche d’un démon gigantesque. Aveuglée par la rage, notre héroïne fonce au secours de Laphicet et se retrouve également engloutie par le monstre. Elle en ressort miraculeusement vivante, quelques instants plus tard, seule et emplie de haine. Devenue un thérion, un démon qui mange ses congénères, elle tue toutes les abominations alentours et tente par la même occasion d’occire Arthur par vengeance. Hélas, elle échoue et se fait capturer par celui qu’elle considérait comme un membre de sa famille. Velvet se retrouve ainsi prisonnière durant trois longues années, enfermée dans une cellule sombre et crasseuse. Régulièrement, on la nourrit d’autres démons et son pouvoir ne cesse de croître … Jusqu’au jour où, à l’aide d’un petit coup de pouce, elle s’évade. Commence alors sa quête de vengeance car Velvet ne souhaite qu’une chose : tuer Artorius !

La vengeance est nôtre …

« Artorus, le « Berger » à abattre! »

Le joueur se retrouve très vite plongé dans la vie de Velvet et suit de près sa quête de vengeance. Comme dans tout RPG classique, vous devrez la guider à travers le monde, allant d’objectif en objectif. Si votre quête principale est de retrouver Artorius, votre chemin sera parsemé d’autres aventures, et vous rencontrerez de nombreux autres personnages allant de Rokuro, le démon-samurai à la recherche de son ennemi juré, jusqu’à Magilou, l’extravagante sorcière aux mystérieuses intentions. Vos compagnons, tous jouables durant les combats, seront au nombre de cinq. Chacun possède sa propre histoire, très riche, qui se dévoile au fur et à mesure. A côté de cette équipe de six joyeux lurons, on retrouve un grand nombre de NPC récurrents dont vos ennemis, avec à leur tête le Berger Artorius, mais également des alliés qui rejoindront votre camp. « Berger », ça vous dit quelque chose ? Et oui, l’histoire de Tales of Berseria se déroule dans le même monde que celui de l’opus précédent, Zestiria, mais des centaines d’années auparavant !

« Côté RPG oblige, le système d’apprentissages d’artes est bien poussé »

D’ailleurs, en parlant de récit, sachez que ce Tales of mettra quelques heures avant de se lancer réellement. En cause, évidemment, le scénario un peu lent au début de l’aventure, mais aussi la pléthore de cinématiques qui vous donnera l’impression d’être plus spectateur qu’acteur. Toutefois, fidèle à la réputation de la saga, le jeu vous offre au fur et à mesure une narration plus dense et plus étoffée. De plus, l’ambiance est plus mature et plus sombre qu’à l’accoutumée, ce qui séduit indubitablement. Ainsi, contrairement à la perception qu’en a Velvet, le monde n’est pas tout noir ou tout blanc, et les intentions cachées des uns et des autres se révèlent peu à peu, un secret à la fois, pour le plus grand plaisir des fans. De cette façon, alors que vous penserez avoir atteint la fin de l’histoire, arrivant à ce qui semblait être votre objectif principal, une toute autre face de l’aventure se dévoilera et votre expérience de jeu ne fera que se rallonger. Il vous faudra de fait une bonne cinquantaine d’heures pour finir le jeu une première fois, et évidemment de nombreuses autres heures supplémentaires si vous souhaitez terminer le jeu à 100%.

Toujours une longueur technique… de retard

« Visuellement, on sent que le titre a eu un double développement PS3-PS4 »

Bien que riche de très nombreux épisodes, la série des Tales of possède une patte graphique souvent trop similaire entre les opus. Tales of Berseria n’y fait pas exception, mêlant 3D in game et 2D dans les cinématiques les plus importantes. Si le jeu est loin d’être laid, il devient vite évident qu’il n’est pas au même niveau que ses concurrents, Final Fantasy XV en tête. Il est vrai que le titre est sorti simultanément sur PS3 et PS4 au Japon, ce qui a dû encore une fois plomber la version Next-Gen. De plus, les animations sont toujours un peu robotiques et les décors manquent cruellement de vie. Lors des cinématiques utilisant le moteur du jeu, on voit qu’il y a un bel effort de la part des développeurs, mais le lipsync reste quand même très laborieux et casse l’immersion. Quant aux combats, le manque de fluidité qui pourrait choquer au départ passe rapidement au second plan grâce au dynamisme de celui-ci, ouf!

Ce qui chagrine également, ce sont les décors relativement pauvres et le manque d’exploration et de chemins de traverse. En effet, lorsque vous devrez vous rendre d’un point A à un point B, ne pensez même pas faire un crochet par un éventuel point C. En général, votre chemin est tout tracé et il est souvent tout simplement impossible d’emprunter une autre route. Cela pourra donc freiner les ardeurs des plus aventureux d’entre vous mais ce n’est néanmoins pas un véritable défaut, l’aventure principale étant déjà relativement riche. Bien entendu, outre l’exploration, le jeu fait la part belle aux affrontements. Et là, c’est une totale réussite !

« Les combats ne manquent pas de dynamisme ! »

Le système de combat de Tales of Berseria est plutôt simple à prendre en main et quelques tutoriels efficaces et bien pensés vous aideront à vous sentir à l’aise. Ainsi, chacun des quatre boutons d’action correspond à une attaque. A vous de créer des combos efficaces en les enchaînant au mieux. Toutes ces techniques s’appellent des « artes » et vous permettent de débloquer, une fois la jauge adéquate remplie, une attaque spéciale. Ceci est valable pour tous vos personnages. Vous pourrez en effet incarner, en affrontement, le membre d’équipe de votre choix, et passer d’un héros à l’autre en une seconde. Bien entendu, Velvet peut aussi se transformer en thérion si elle possède assez de cristaux, lesquels se récupèrent sur les ennemis durant la rixe. A partir de là, vous pourrez enchaîner les combos et transformations en démon, faisant de Velvet un être aux pouvoirs incroyables. Niveau difficulté, elle est ajustable à tous moments En règle générale, la plupart des ennemis sont à votre portée, et seuls quelques boss pourront se révéler quelque peu problématiques, vous obligeant à dégainer les sacro-saintes gelées curatives afin de soigner votre petite troupe.

Devenir encore plus fort

« Une héroïne charismatique pour une histoire plus sombre qu’à l’accoutumée »

Afin de devenir plus puissant ou plus résistant, vous pourrez évidemment compter sur un équipement de pointe, disponible à l’achat dans des boutiques ou éparpillés au sol. Vous pourrez également améliorer votre attirail chez l’armurier au moyen de matériaux et d’une modique somme de gald. Si vous manquez de stock, vous aurez également le loisir de dissocier un objet, comme par exemple une arme, afin d’en obtenir plusieurs matières premières de plus petite valeur.

En plus de l’équipement, il existe également des « vêtements » qui, eux, changent l’apparence physique de votre personnage. Vous pouvez ainsi personnaliser vos héros en leur faisant porter un chapeau de cow boy très à la mode ou un bandeau de pirate super sexy. Ces accessoires n’ont pas d’impact direct sur leurs statistiques mais permettent parfois un boost de votre drop de cristaux. Si certaines tenues se débloqueront automatiquement tout au long de l’aventure, d’autres s’obtiendront en réussissant des mini-jeux, alors gardez l’oeil ouvert pour étoffer votre garde-robe !

Comme au cinéma ?

« De trop nombreuses saynètes viendront casser le rythme de l’ aventure »

Un point qui plaira à certains mais qui fera sans doute s’arracher les cheveux à d’autres : Tales of Berseria est bourré de cinématiques. Comptez-en une toutes les dix à quinze minutes environ. Elles se classent en deux catégories : les in-games avec le moteur du jeu et les « anime ». Les premières sont les plus présentes (tous les quarts d’heures on vous dit !) et apportent dialogues et interactions entre les personnages, selon le scénario. S’il s’agira parfois d’informations cruciales, ces scènes décrivent aussi des moments triviaux pas toujours d’un grand intérêt. Bonne nouvelle : vous pourrez accélérer ces passages en appuyant sur X ! Mauvaise nouvelle : cela risque parfois de vous faire louper l’une ou l’autre phrase intéressante…

Les séquences animées, par contre, sont plus rares et bien plus travaillées. Vous aurez la sensation de regarder un anime, tranquillement assis dans votre canapé. Elles décrivent des passages plus importants et ne peuvent donc être passées. On peut hélas regretter quelque peu cette surabondance de cinématiques, parmi lesquelles il n’est pas toujours évident de distinguer celles qui sont essentielles et celles qui sont plus triviales. Ajoutez à cela les saynètes, courts passages non animés, qui, elles, ne sont absolument pas nécessaires à la compréhension du jeu et vous comprendrez que le rythme du soft est très fréquemment brisé…

« Les cinématiques « anime » nous immergent à merveille »

Aux commandes de l’ambiance musicale, on retrouve le compositeur Motoi Sakuraba. En collaboration avec Bandai Namco depuis un long moment, il a évidemment travaillé sur la plupart des titres de la saga mais également au cœur de registres totalement différents, comme par exemple pour le jeu Dark Souls. Bien entendu, les musiques sont fidèles à la licence : la plupart du temps douces et délicates, sachant habiller une scène discrètement, sans prendre le dessus tout en installant des sonorités agréables. Ajoutons à cela des doublages japonais et anglais réussis (STFR) et on obtient une aventure très agréable à écouter. Notons tout de même que certaines traductions, dans les sous-titres français, ne semblent pas toujours être les plus appropriées.

Enfin un NOUVEAU Tales of !

Bien que comprenant plusieurs défauts à commencer par son moteur technique en retard sur la concurrence et son nombre un peu trop important de cut-scenes, impossible de dire que Tales of Berseria n’offre pas une expérience de jeu plaisante. Son scénario est clairement son très gros point fort, comme cela devrait être le cas dans tous les bons RPG d’ailleurs. De ce fait, l’histoire et les personnages, attachants et intéressants, balaient d’un revers de main les éventuels points faibles du titre et l’on retrouve enfin un bon Tales of qui, bien que perfectible, vous apportera des heures d’aventures et de surprises en tous genre. On ne peut qu’encourager le studio à poursuivre dans cette voie pour les prochains opus, tout en précisant qu’un petit effort graphique ne serait pas de refus.

La bande-annonce

Réalisation: 14/20

Depuis le temps, la série Tales of a su trouver son style graphique, c’est un fait. Ce mélange entre la modélisation très typée japonaise et les scènes animées fonctionne très bien et apporte un bon dynamisme en temps voulu. Hélas, le titre souffre de quelques bugs d’affichage, d’une animation un peu robotique et surtout d’un moteur graphique en dessous de ce qui se fait actuellement. L’aventure reste néanmoins visuellement agréable, heureusement.

Gameplay/Scénario: 17/20

Après quelques minutes, vous aurez pris le jeu en main ; difficile de faire plus intuitif ! Et pour cause, les actions sont assez limitées puisque hors combat, vous ne pouvez que vous déplacer sans réelle notion d’exploration, la faute à un level design très dirigiste. En combat, par contre, les attaques et divers combos sont nombreux, le gameplay est nerveux et les rixes se montrent vraiment jouissives ! Niveau scénario, le début fait dans le classique, voire presque le cliché. Fort heureusement, le côté manichéen de Velvet va vite se confronter à un monde loin d’être aussi simple à cataloguer, et la teneur très sombre du récit aura tôt fait de vous envoûter !

Bande-Son: 15/20

Les dialogues, disponibles en japonais ou en anglais, sont de bonne facture. Le français n’étant pas disponible, vous devrez vous fier aux sous-titres si vous ne maîtrisez aucune des deux langues précitées. L’ambiance musicale, quant à elle, est vraiment réussie avec un Motoi Sakuraba très inspiré pour le coup.

Durée de vie: 13/20

Malgré l’absence de véritables quêtes annexes scénaristiquement recherchée et d’exploration libre, le déroulement du jeu est fluide et se laisse suivre facilement. La narration y est évidemment pour beaucoup dans la longévité de l’expérience. Certes, le titre est riche et nous promet en moyenne 30h de jeu, ce qui pourrait sembler peu mais elles sont particulièrement intenses puisque le contenu proposé nous donne envie d’en savoir toujours plus et nous empêche de reposer la manette jusqu’à avoir mené l’épique aventure de Velvet à son terme.

Note Globale N-Gamz.com: 14,5/20

Enfin ! Enfin, la série des Tales of prend un nouveau départ ! Peut-être est-ce dû à l’absence de Hideo Baba, le père des épisodes précédents, mais on ne peut nier que la saga reprend du poil de la bête avec cet opus beaucoup moins gentillet que ses aînés sur le plan scénaristique. Malgré un retard technique, une durée de vie moins grande qu’escomptée et un côté exploration un peu pauvre, on espère que les prochaines aventures des Tales of continueront sur cette lancée !



About the Author

Amy
Amy

Gamer girl et otaku dans l’âme, j’ai fait du fansub -aux postes de traductrice/checkeuse- pendant plusieurs années. A la fin de mon anime favori (R.I.P. Bleach), j’ai lentement décroché ; et depuis, j’ai erré sur le net … Jusqu’à ce que je trouve N-Gamz ! Un site qui me permettrait de partager ma passion non plus de la japanim, mais des jeux vidéos avec un public ; parfait ! Je vais donc mettre tout mon petit coeur dans mes articles et tests, en espérant qu’ils vous plairont !
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