Review

Quand on pense Need for Speed, généralement les premiers titres qui viennent en tête sont les excellents Underground, Carbone ou encore le Most Wanted de 2005, sans parler des anciens opus plus Old School. Mais depuis quelques temps, la licence peine à séduire son public, aussi attendait-on au tournant ce Payback pour savoir si le flambeau allait de nouveau briller pour la saga phare de la course arcade, ou si le nitro sacré est définitivement éteint. Mettez le contact, Lady passe la cinquième dans ce test à 200 à l’heure! 

Rifi, Fifi et Loulou font vroum vroum…

« Une histoire un peu bateau et des doublages surjoués »

De base, la licence Need for Speed était développée par EA même, mais la firme a décidé de faire appel à des sous-traitants et c’est donc tout naturellement que l’on retrouve les suédois de Ghost Games aux commandes de cet opus Payback, lesquels avaient déjà officié sur Rivals en 2013 et le reboot baptisé « Need for Speed » en 2015. On ne change pas la recette: ce Payback nous propose un jeu de bagnoles où les courses de rues sont légions, où le tuning a le vent en poupe et où les guerres de gangs se règlent sur le bitume, de jour comme de nuit, le tout dans un monde ouvert avec des contrastes géographiques assez présents.

Le soft nous plonge ainsi dans l’histoire de trois « pilotes » : Jesse, Morgan et Mac, chacun ayant sa spécialité de conduite allant de la destruction en passant par le drift, le drag et tous les classiques du genre. Nos trois joyeux drivers vont se retrouver au coeur d’un vol de voiture qui ne va pas vraiment tourner en leur faveur. Comprenez par là : le voleur est volé! Le proprio de la caisse veut donc se venger du « Clan », alias les gros méchants qui ont fait le coup, et va donc se mettre en poche nos trois protagonistes afin de récupérer sa belle à quatre roues en tentant de s’infiltrer dans le crew…

…et se tapent un platane !

« Un Open World assez vaste »

Si le scénario ne vole pas haut, il n’empêche qu’il y a un fond pas dégueu du tout qui relie les événements entre eux et permet de comprendre les liens entre les différents crews, la pièce angulaire du background de ce petit monde dans lequel on va évoluer afin de devenir le meilleur des racers. On ressent d’ailleurs, au lancement, une ambiance façon Fast & Furious un peu moins nerveuse, moins méchante, mais qui va hélas vite tomber à la flotte !

Les dialogues sont en effet stéréotypés, les doublages français d’une qualité plus que médiocre et la bande-son nous plombe rapidement le moral. S’il est certain que le genre film/jeu de courses de rues se veut peu raffiné, il y a tout un monde entre humour gras mais bien dosé à la Vin Diesel et la triple dose de lourdeur parsemée de malaise que l’on ressent ici. Du coup, il ne faudra pas attendre longtemps avant de saturer et de zapper tout bonnement les phases de parlotte. Dommage, car il y a un trame scénaristique intéressante en soi, mais on passe littéralement à côté tant la rédaction des dialogues et la voxo nous font saigner des oreilles.

De toute façon on est pas là pour causer ! 

« La personnalisation est plutôt poussée »

Oui, ne nous voilons pas la face, si l’on se lance dans un NfS, ce n’est pas pour son lore fabuleux mais bien pour ses courses de bagnole déchaînées ! On trouvera de fait deux façons de jouer dans cet opus: la première se fait par le biais des quêtes scénarisées qui laissent peu de place à la liberté et se résument bien souvent à suivre le chemin balisé tout en se faisant couper dans l’élan par l’apparition de cinématiques, en général toujours au mauvais moment.

Viennent ensuite les phases d’exploration où les missions que l’on connait tous sont légions : drag, drift, sprints, courses classiques, tout y est ! Pour les plus téméraires, le soft se dote également d’une nouveauté : le off-road, que les fanas de Forza maîtrisent désormais. Hélas, dans Payback ce mode de jeu souffre d’un manque de dynamisme flagrant comparé à ce que nous propose la concurrence. Vous pourrez néanmoins vous y lancer dans une chasse à l’épave qui permet de récupérer de la bonne grosse caisse classique et qui balance du rêve. Une vraie petite diversité en matière d’occupations, on ne va pas le nier!

Mais où sont les néons…wait…what…micro-transactions! WTF?! 

« Un loot aléatoire qui flingue toute la progression et pousse aux microtransactions »

Alors certes, on reconnait que le côté course est un pilier fondateur des NfS mais ce que l’on attend aussi dans tout bon jeu de caisse urbaine, c’est le côté personnalisation de nos caisses ! Donner dans le classe ultime ou tomber dans le grotesque que l’on croisait sur les parkings de centre commerciaux il y a plus de dix ans, tout était possible dans les meilleurs souvenirs de cette licence. Et bien dans cet opus, c’est un peu différent puisqu’il faut savoir que le look est associé à ce que le joueur veut faire de sa caisse. En effet, la spécialisation du véhicule le range tout de suite dans une case esthétique bien particulière.

Pour ce qui est des performances, c’est là que ça commence à sentir le mazout: on doit en effet se taper un système de carte que l’on gagne en fin d’épreuves. Il faut choisir d’en retourner une parmi trois et à partir de là, c’est au petit bonheur la chance ! Loot full aléatoire! Il faudra donc penser à mettre des pépettes ingame de côté pour pouvoir acheter celles dont on a besoin et qui ne tombent jamais ou… passer par la case carte bleue! Et oui, NfS Payback est doté de micro-transactions! Pire, même pour le côté esthétique, certaines fonctionnalités ne sont accessibles que par le loot des cargaisons que l’on obtient en passant des niveaux ou… en appelant notre banquierç! Le titre vous laisse donc le choix entre : va farmer comme si tu te la jouais MMO ou aboule le pognon! La rengaine vous dit quelque chose ? Tiens, on me chuchote Star Wars Battlefront II dans l’oreille…

Promenade de santé

« Une réalisation en demi-teinte et une impression de vitesse tremblotante »

NfS Payback profite d’une réalisation léchée si l’on parle des voitures et des jeux de lumières dont on profitera largement lors de nos promenades. Par contre si vous comptiez profiter de la vue… et bien c’est raté: l’arrière plan défile sans jamais vraiment nous convaincre réellement et la modélisation de nos jeunes têtes brûlées lors des cinématiques a de quoi nous questionner sur l’année de sortie réelle du jeu. On est bien en 2017 là? Vous l’aurez compris, même si visuellement , le jeu n’est pas vilain, le tout n’est clairement pas mémorable là où le Frostbite 3 nous mettait en général une belle claque esthétique. On se rattrape heureusement avec une carte de taille plus qu’honnête et une maniabilité agréable malgré une impression de vitesse tremblotante.

Niveau sonore, nous ne reviendrons pas sur la voxographie catastrophique évoquée au début de ce test, mais sachez également que la playlist lors des courses et des menus ne verse jamais dans l’excellence. Elle tombe souvent dans l’indifférence la plus totale, voire même parfois dans le mauvais. On aurait presque envie de couper bêtement le son pour esquiver les mauvais dialogues surjoués et les mélodies irritant notre audition.

Lady en rogne…

Need for Speed Payback perd totalement son identité, errant entre du Forza Horizon, du The Crew et les autres titres du genre course arcade, sans vraiment finir par se poser quelque part. Quand on voit ce qu’était la licence dans ses jeunes années, comment elle avait imposé son style, sa patte, sa marque pour le plus grand plaisirs des joueurs, cette perte en eaux troubles fait mal à notre nostalgie vidéoludique. A cela s’ajoute un système de loot aléatoire qui pousse au grinding bête et méchant ou pire, à l’utilisation de la Carte Bleue. De quoi foutre littéralement en l’air l’expérience ingame. Merci EA!

La bande-annonce

Réalisation: 13/20

Nous sommes bien en 2017… Pourtant, le soft souffre d’une réalisation qui n’est pas d’actualité. On pourrait tolérer et apprécier si cela venait d’un studio indépendant avec des petits gars qui démarrent, mais là on parle d’un soft financé par EA sur une licence qui était un des piliers de la course arcade il y a encore quelques années. Payback n’est pas moche, entendons-nous bien, mais il est n’est pas de la trempe de ce qui se fait aujourd’hui.

Gameplay/Scénario: 13/20

Le scénario reste dans les standards et les stéréotypes du genre mais les dialogues et les coupures dans les épreuves font que l’on fini par décrocher. Le gameplay est forgé sur les classiques du genre et se prend donc rapidement en main, le drift étant d’ailleurs bien plus lisse et agréable que dans les opus précédents tandis que la difficulté s’avère bien dosée… du moins au départ ! En effet, on sent très vite qu’EA pousse, avec ses loots aléatoires, le joueur peu patient à sortir le porte-monnaie pour se maintenir au niveau des courses sans aller grinder longuement avant.

Bande-Son: 10/20

La voxographie française est désastreuse…lourde, sombrant dans les tranchées de la beaufitude rapidement après un départ pourtant convaincant dans l’esprit Fast & Furious. L’ambiance sonore n’est pas dingue et les bruits de nos voitures se ressemblent, un comble pour un jeu de ce genre. Les musiques ne sont pas mémorables, parfois irritantes, rarement bonnes, on est loin des Riders on the Storm, Lean Back ou le mythique Get Low.

Durée de vie: 14/20

Tout dépendra ici de votre façon d’appréhender le soft, d’être ou non découragé par l’idée de devoir farmer les mêmes courses pour ne pas sombrer dans le système de micro-transactions. La map est énorme, les occupations sont nombreuses mais la qualité n’est pas omniprésente, ce qui fait que l’on n’aura peut être pas envie de faire saigner ce Payback jusqu’au bout.

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

Entendons-nous bien:  Need for Speed Payback n’est pas un mauvais jeu de course auto en monde ouvert, mais ce n’est clairement pas un bon Need for Speed! Le soft se perd dans ses idées et dans sa réalisation, frôlant les bons points sans jamais réellement les atteindre. On profite de l’ambiance, on se la donne dans la personnalisation avant de se lancer sur les routes avec plaisir, mais on se retrouve vite frustré par les loot boxes grevant toute la progression et le scénario bateau. La licence mythique de nos jeunes années de joueur est désormais loin et il va peut-être falloir en faire son deuil et profiter pleinement de softs beaucoup plus aboutis proposés par la concurrence dans le genre course arcade!



About the Author

LadyDisturbed

Jeune sœur de bataille, dévoreuse de romans à la vitesse de la lumière et fanatique de jeux vidéos depuis la plus tendre enfance… voilà ce qui pourrait résumer de façon rapide votre petite rédactrice. Les mangas ne me font pas peur, la couture et le cosplay sont mon lot quotidien, l’écriture de fan fiction m’occupe et je rêve et vis dans un monde fait de fantasy et science fiction où les princesses Disney ont leur place. Éclectique, je suis ouverte à tous types de jeux, allant du RPG au FPS en passant par le Visual Novel, les MMO ou encore les jeux de stratégie et voguant dans les eaux troubles des jeux indépendants que je me plais à vous faire découvrir. Je ferais tout ce qui est possible pour être juste dans mes jugements, et puisse le sort vous être favorable !