Review

Sept ans. Sept longues années, c’est le temps qu’il aura fallu à la redoutable chasseuse de primes Samus Aran pour revenir sur le devant de la scène, elle qui aura entre temps fait office de simple figurante dans l’anecdotique Metroid Prime: Federation Forces sur 3DS. Bien décidée à défendre son trône au sommet du royaume Metroidvania, genre aujourd’hui grouillant qu’elle a aidé à lancer il y a déjà fort longtemps, Samus est plus en boule que jamais et revisite au passage sa seconde aventure, sortie en 1991 sur Game Boy. Retour gagnant ?

Qu’est-ce qu’on Samus

« La contre-attaque est un des meilleurs ajouts de cet épisode »

Présenté comme un remake de Metroid II: Return of Samus, le soft en conserve les bases pour au final tracer sa propre route. Comme à l’époque, on suit toujours les aventures de la chasseuse de primes sur la planète SR388, le lieu de naissance des métroïdes, créatures mortelles convoitées par les pirates de l’espace pour assouvir leur soif de conquête de l’univers. Le but de Samus sera donc d’annihiler tous les spécimens présents sur la planète pour éradiquer l’espèce. Plus facile à dire qu’à faire…

Développé par le studio espagnol MercurySteam, à qui l’on doit les inégaux Castlevania: Lords of Shadow, Return of Samus est un retour aux sources pour la franchise après un Other M ultra-scénarisé ayant divisé les fans. Le scénario, simpliste, est tout de même joliment mis en scène via d’excellents artworks en guise d’introduction et quelques cut scenes efficaces réalisées avec le moteur du jeu. Mais au-delà de son histoire calquée sur celle de son modèle, le soft joue la carte de la modernité et affiche de sacrés arguments aptes à attirer les fans; voyons donc tout ça en détail.

L’art de faire du neuf avec du vieux

« La réalisation, sans être impressionnante, est de qualité »

En plus de la traditionnelle boule Morphing permettant de se faufiler un peu partout et des fameux missiles pour faire efficacement le ménage, Samus hérite d’une belle panoplie d’outils et de capacités dans ce remake qu’on qualifiera plutôt de relecture. Un rayon grappin pour se hisser et déplacer des obstacles, un saut multiple destructeur et, surtout, une contre-attaque de mêlée permettront à l’héroïne d’arriver à ses fins. Ce dernier ajout, en particulier, permet de dynamiser de bien belle façon les affrontements: contrez juste au bon moment, et vous aurez l’occasion de vous venger en multipliant les dégâts. Jouissive à utiliser, cette manœuvre se combine à merveille avec un autre atout de cet opus: la visée libre. Pour la première fois dans un épisode 2D, Samus peut viser avec précision dans n’importe quelle direction, ce qui achève de rendre les combats réellement prenants. Au rayon des nouveautés, mentionnons également la présence de quatre pouvoirs Aeon, capacités inédites permettant notamment de visualiser les blocs pouvant être détruits ou de bénéficier d’un bouclier bloquant les dégâts et améliorant la contre-attaque; capacités utilisant de l’énergie à récolter sur les ennemis et à utiliser avec parcimonie pour ne pas tomber à court au pire moment.

Mais qui dit Metroid, dit évidemment exploration, et celle-ci prendra cette fois encore une majeure partie de votre temps de jeu. La formule est connue: vous partez à la découverte d’une nouvelle zone quand, soudain, vous vous retrouvez devant une impasse. Seule solution: vous détourner de ce chemin pour le moment et revenir plus tard avec l’amélioration adéquate (fort heureusement, de nombreux téléporteurs sont présents pour éviter de transformer le jeu en simulateur de randonnée). Quiconque ayant joué à n’importe quel Metroidvania sera en terrain connu ici, et on n’attendait de toute façon pas du soft qu’il révolutionne le genre.

« Les combats contre les métroïdes sont bien pensés mais trop nombreux »

On sera en revanche beaucoup plus critique vis-à-vis du déroulement très routinier du soft: en débloquant une nouvelle zone, vous devrez vous rendre auprès d’une statue, qui vous indiquera combien de metroïdes devront être abattus; une fois chose faite, retournez à la statue et la zone suivante s’ouvrira à vous. Cela ne serait pas un problème si le jeu ne vous forçait pas à revivre encore et toujours les mêmes affrontements. Pendant plus de la moitié de l’aventure, les seuls boss que vous aurez à affronter seront ces fameux métroïdes, et vous devrez vous coltiner ces affrontements ad nauseam, certains étirant leur durée au-delà du raisonnable. Amateurs de combats de boss épiques, il faudra vous accrocher jusqu’au dernier tiers du soft, qui réserve enfin son lot de duels valant leur pesant d’or. En effet, si le rythme a parfois tendance à traîner la patte, le soft finit par monter en puissance jusqu’à un final d’une intensité incroyable, aussi bien au niveau du gameplay que de la mise en scène. Les fans seront aux anges.

Beauté fatale

« Un gros best of de la série »

Graphiquement, les gros pixels de la version Game Boy ont laissé place à un moteur 3D plutôt honnête; sans être impressionnant, le résultat est efficace et affiche de jolis détails en arrière-plan. On pointera tout de même du doigt de flagrants problèmes de fluidité, des saccades survenant de temps à autres (pour information, le soft a été testé sur une 3DS ancien modèle, nous ignorons si le constat technique est le même sur New 2DS/3DS). Pas de quoi gâcher le plaisir sur la durée, mais le problème est suffisamment présent pour être déploré. Aucune surprise sur le plan sonore en revanche, certains thèmes classiques se mêlant à des mélodies inédites de qualité mais peu mémorables.

Finalement, en lieu et place du simple remake auquel on pouvait s’attendre, Metroid: Samus Returns est une sorte de gros best of de la série, qui compense son manque d’audace et une trop grande répétitivité par un gameplay rapide et dynamique dont les futurs épisodes seraient fort avisés de s’inspirer.

La bande-annonce

Réalisation: 15/20

Le moteur 3D n’impressionnera personne, mais affiche néanmoins des décors riches en détails et des modélisations convaincantes, à défaut d’être fluide à tout instant. Les cut scenes réalisées avec le moteur du jeu valent également le coup d’œil et participent au dynamisme de l’ensemble.

Gameplay/Scénario: 16/20

Prenant pour base le second opus de la saga, Samus Returns en réinvente le gameplay à grand coup d’ajouts bienvenus. On déplorera cependant une certaine routine s’installant trop rapidement, la faute aux trop nombreux affrontements contre les métroïdes et à l’absence de vrais combats de boss durant une majeure partie de l’aventure. Le scénario, quasi identique à celui de l’opus originel, est simpliste mais très efficacement mis en valeur par une mise en scène travaillée.

Bande-Son: 15/20

Les thèmes traditionnels de la saga sont présents aux côtés d’une bande originale inédite efficace, à défaut de rester dans les mémoires.

Durée de vie: 16/20

Comptez une petite dizaine d’heures pour détruire le dernier métroïde, et bien entendu un paquet d’autres pour dégoter les innombrables items disséminés un peu partout, comme le veut la tradition.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Sans jamais révolutionner le gameplay attendu d’un épisode traditionnel de Metroid, MercurySteam est tout de même parvenu à insuffler dans leur relecture d’un classique suffisamment de dynamisme et de plaisir de la découverte pour convaincre les fans et les néophytes de (re)partir à l’assaut de la planète SR388. Si le studio est partant pour se mettre à la tâche sur un opus totalement inédit, on ne pourra que vivement les encourager.

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About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !