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Il fut un temps où on inventait des nouveaux concepts de jeu à la pelle, un temps où tout était à créer, un temps où, au sortir d’une soirée bien arrosée, on pouvait imaginer le futur jeu d’arcade qui ferait fureur rien qu’en apercevant une grenouille écrasée sur la route. Et oui, ce temps béni où Frogger est né, c’était il y a plus de trente ans déjà…et force est de constater que les grenouilles vieillissent plutôt mal…

Tu connais la blague de Paf le Chien ? Et Sprotch la Grenouille ? 

Frogger revient avec un habillage graphique relooké!

Frogger, c’est un concept totalement halluciné qui a débarqué en salles d’arcade en 1981. A la base, vous preniez le contrôle d’une grenouille qui avait pour mission d’atteindre l’autre bout de l’écran en traversant une autoroute en pleine heure de pointe et une rivière remplie de rondins et de crocodiles. Le soft adoptait un écran fixe en vue de dessus et vous partiez du bas pour arriver en haut. Simple d’accès, fun et addictif, le titre a connu de beaux jours vidéoludiques aux côtés des Pacman et autres Space Invaders. On ne compte d’ailleurs plus le nombre d’itérations, plus ou moins réussies, sur toutes les consoles de salon qui ont suivi.

C’est donc tout naturellement que, pour fêter les trente ans passés de notre chère grenouille, Konami a décidé de lui dédier un énième soft qui prend cette fois le doux sobriquet de « Frogger Hyper Arcade Edition ». Autrement dit, on va se rapprocher de l’arcade, mais en lui ajoutant un petit côté « Hyper » qui équivaut à une pléthore de modes de jeu, certains plus intéressants que d’autres, et un relooking graphique optionnel histoire de ne pas choquer les fans de la première heure tout en permettant aux novices de ne pas avoir les yeux qui brûlent au bout de 30 minutes à mater du vieux pixel. Mais profusion des styles entraîne-t-elle forcément un bon jeu…pas si sûr.

Des modes de jeu à la pelle 

Un mode vous oblige à repeindre chaque case de votre couleur

On peut dire que les développeurs de Zombie Studios n’ont pas chômé quand ils ont décidé de porter Frogger sur nos chères PS3 et Xbox 360. Hors de question d’adapter bêtement le mode classique ! Non, ils ont créé divers modes de jeu, adjoint une option multi et des filtres graphiques à profusion pour que tout un chacun puisse trouver son compte dans ce remake. En les passant en revue, on peut citer le Frogger Fripper, sorte de survival où les épreuves s’enchaînent à un rythme toujours plus effréné, le mode peinture qui vous demande de remplir de votre couleur des dessins sur le sol et un mode Bataille Royale qui s’apparente à un versus à 4 dans lequel divers bonus vous permettent d’annihiler vos opposants. D’autres types de jeu sont également de la partie comme « Sauver Dame Frog », où les points sont fonction du nombre de jeune rainettes sauvées, et aussi le « Twin Frog », sans doute le plus complexe…et bizarrement jouissif, à appréhender. Vous y diriger deux grenouilles aux déplacements identiques, séparées par un espace horizontal prédéfini. De quoi vous rendre rapidement schizophrène^^. Enfin, le mode défi vous propose d’accomplir une vingtaine d’épreuves chronométrées en utilisant les bases des autres type de gameplay.

Afin de vous donner envie de progresser dans chacun de ces types d’épreuves, les développeurs ont eu la bonne idée d’inclure un mode online jusque quatre joueurs mais aussi et surtout des bonus à débloquer au fur et à mesure des points récoltés en défi, comme un décor inspiré des grands jeux de chez Konami : Dance Dance Revolution, Contra ou encore le mythique Castlevania : Symphony of The Night. Rien que pour obtenir ce dernier tableau, le jeu peut en valoir la chandelle ! Bien sûr, il faudra tenir le coup face à la difficulté parfois hallucinante du titre dans les derniers niveaux, et à la musique de base qui est juste horripilante… mais que ne ferait-on pas pour balader sa grenouille dans le château de Dracula ?

Une évolution graphique… « particulière » 

Certaines règles sont pour le moins floues

A force de vouloir respecter le matériau de base lorsqu’on fait une adaptation, on a parfois du mal à se souvenir que trente ans ont passé depuis et que, bien que le pixel art aie son charme, les joueurs actuels ont besoin d’un tant soit peu de prouesses graphiques pour se sentir à l’aise. A ce niveau, Frogger dispose de différents styles visuels que vous sélectionnez avant le niveau ou qui vous sont imposés. Cela va d’un lifting 2D classique à un mode « Tron » typé réalité virtuelle, en passant par du pur pixel art. Le hic, c’est que techniquement, c’est vraiment limité même si certains niveaux sont parfois jolis. Le tout est donc clairement en deçà de ce qu’on peut attendre d’un titre next gen, même en téléchargement.

Bien sûr, si Frogger était terriblement fun, le niveau moyen de réalisation passerait comme une lettre à la poste (regardez Bomberman), mais hélas aucun mode de jeu hormis le Frogger Fripper ne vient tirer son épingle du jeu. On s’amuse quelques heures au travers des différentes épreuves, on teste les styles de jeu, mais le tout est bien trop cloisonné pour qu’on puisse y passer des journées. Et c’est justement là que le bât blesse : proposer autant d’alternatives au soft de base et ne pas parvenir à en trouver une qui soit addictive, c’est terriblement dommage.

Pourquoi la grenouille de Frogger meurt en tombant dans l’eau ? 

Le niveau Castlevania SOTN…un ajout de taille!

Non, vous ne trouverez pas la réponse à cette question existentielle dans Frogger Hyper Arcade Edition. Par contre, vous pourrez éventuellement en discuter avec vos amis autour d’un mode Bataille Royale ou Peinture, pour quelques petits rires, certes, mais oubliez la grosse dose de fun promise, elle se retrouve aux abonnées absentes et ce n’est pas la technique très sommaire qui vous aidera à faire passer la pilule. Frogger délivre un léger plaisir vidéoludique, certes, mais est loin de nous faire passer des nuits blanches autour de ses mini-jeux. Limité, bien que pavé de bonnes intentions.

 

Le Video-Test

Réalisation: 10/20

L’habillage du soft a été remis au goût du jour grâce à divers modes graphiques. Vous trouverez forcément celui qui vout plaît, certes, mais au vu de la puissance des consoles next gen, on a clairement un goût de trop peu, d’autant que certains affichages nuisent à la visibilité du soft. Par contre, mention spéciale aux thèmes visuels de Castlevania et Contra, clairement au-dessus du lot.

Gameplay/Scénario: 12/20

Le scénario est totalement inexistant, alors qu’on aurait aimé un éventuel mode story bien déjanté. Le gameplay est fidèle à l’original, surtout à la croix de direction (le stick est trop sensible) et les différents modes de jeu rajoutent de la diversité. Le fun, hélas, est de trop courte durée.

Bande-Son: 11/20

Les thèmes musicaux de DDR, Contra et surtout Castlevania sont mythiques, mais le reste est trop générique pour marquer les esprits. Les bruitages, quant à eux, sont tout juste moyens.

Durée de vie: 07/20

Le jeu se plie ultra rapidement et la rejouabilité n’existe que si vous jouez à plusieurs. Néanmoins, le manque d’innovation sur le long terme et son aspect trop limité condamnent le soft à rester au fond d’un tiroir vidéoludique.

Note Globale N-Gamz.com: 10/20

Frogger me laisse perplexe. D’un côté, on sent que les développeurs ont voulu donner un coup de jeune à la franchise en y adjoignant de nouveaux modes de jeux, mais aucun ne parvient à scotcher réellement le joueur sur une longue période. Au final, on se rend compte  que le concept du soft ne permettait pas énormément de marge si on voulait le respecter, mais à l’heure actuelle, Frogger laisse un goût de trop peu, de fausses bonnes idées, et d’un aspect technique trop limité. Restent quelques petites tranches de rire à plusieurs, mais on est bien loin des Mario Kart et autres Bomberman.



About the Author

Neoanderson

Hardcore gamer dans l’âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j’apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N’hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!